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La France, un pays en chute libre |
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Milliere Guy - mardi 26 octobre 2010
france
La France a offert, ces derniers jours, au reste du monde un spectacle grotesque et pitoyable – résultat d’un processus enclenché depuis très longtemps.
Il y a, d’abord, une prééminence du socialisme qui tend à l’hégémonie grâce à des infiltrations qui n’ont cessé de se ramifier.
L’un des premiers secteurs pris a été l’Éducation nationale. Il y a – cela va de pair – les désastreux manuels scolaires : ceux narrant l’histoire, puis ceux expliquant l’économie et l’éducation civique.
Il y a le pouvoir accordé aux syndicats, les effets de l’instauration d’un système socialiste de santé nommé la Sécurité sociale, les effets, aussi, d’un système socialiste de retraites, sous la forme du système par répartition, aujourd’hui agonisant.
Il y a un système politique asphyxié avec, d’un côté, une gauche longtemps sous l’ombre portée du Parti communiste et, de l’autre, une droite longtemps sous l’ombre portée du gaullisme.
Il y a l’absence de références précises en matière de droit, l’idée que ce qu’une loi fait, une autre loi peut le défaire dans les instants qui suivent.
Il y a cette instabilité des institutions qui a commencé en 1789 et qui n’a cessé jusqu’à ce jour. En un peu plus de deux siècles, cinq républiques, deux empires, un retour à la monarchie absolue, une monarchie constitutionnelle et un régime autoritaire au temps de Pétain.
Il y a les émeutes comme une tradition venant ourler et interrompre le cours des choses.
Il y a l’appel à une main-d’œuvre venue d’anciennes colonies et payée à vil prix, qu’on a parquée en périphérie des grandes villes.
Il suffit, ensuite, de mélanger tous ces ingrédients, d’y ajouter quelques doses d’immobilisme, de ressentiment et d’envie, et cela donne le résultat qu’on voit.
Des diplômes dévalués et qui, pour la moitié d’entre eux, mènent au chômage. Une jeunesse sans espoir et sans horizon qui avance vers le futur la tête vide et la bouche débordant de slogans débiles. Un chômage qui, depuis trente ans, est très rarement descendu en dessous de la barre des 10 %. Sept ou huit millions de gens vivant dans l’indigence sur soixante millions d’habitants.
Un million et demi de gens subsistant sans autre revenu que de maigres allocations. Des entreprises qui ferment et que ne remplacent pas d’autres entreprises.
Environ sept cents zones de non-droit où la police, les pompiers et les services de secours n’entrent plus et où ce qui reste d’ordre est assuré par des bandes et des imams. Une montée de l’islam radical qui fait aisément son lit dans le désordre et le désespoir. Une population musulmane qui se replie, s’aigrit et répète que l’Occident est coupable, puisque c’est ce qu’on lui répète tous les jours, et une population de souche qui vieillit, essaie de garder ses menus avantages et développe des aigreurs xénophobes.
À chaque fois que je sors du pays et que j’y reviens, je sens les tensions. Je discerne les absurdités qui rendent une vie déjà morne un peu plus morne encore. Je vois l’écart entre l’existence telle qu’elle se mène encore à Paris seizième et le quotidien tel qu’il s’endure en Seine Saint-Denis. Je sais qu’il suffit d’un rien pour que des explosions surviennent.
La moindre tentative de bouger quoi que ce soit, et ce sont des mécanismes en cascade imprévisible. La faillite approche. Réformer les retraites de manière minimale était vraiment le moins qu’un gouvernement puisse faire : cette réforme minuscule débouche sur ce qu’on voit.
Le gouvernement en place fait, il est vrai, n’importe quoi depuis trois ans. La gauche offre un festival de débilité démagogique et a pourtant toutes les chances de revenir au pouvoir. Vers quoi allons-nous ? Une situation à la grecque ? Quelque chose ressemblant à ce qu’a connu l’Argentine au moment du dépôt de bilan ?
Le pays me semble en tout cas en chute libre. Il heurtera le sol tôt ou tard.
Certains ne veulent pas voir. D’autres pensent que le pays a tous les atouts requis pour un redressement après la chute. Les uns et les autres me font penser à la vieille plaisanterie. Un homme tombe du haut d’un immeuble. À la hauteur du 50e étage, il dit : jusqu’ici, tout va bien. À la hauteur du 20e étage, il répète : jusqu’ici, ça va. Ensuite ?…
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Bruxelles
D’après les révélations du « Financial Times Deutschland », 17 anciens commissaires européens continuent à toucher des indemnités d’au moins 96 000 euros par an… alors qu’ils ont depuis longtemps retrouvé un emploi de lobbyiste ou de politique !
Chiffres significatifs
Immigration > Un électeur de la CDU sur quatre pense que l’immigration de musulmans « comporte plus d’inconvénients que d’avantages pour l’Allemagne ». Ce chiffre monte même à 45 % pour les électeurs du parti libéral (FDP)…
Incivisme > 65 % des Français estiment que « l’incivisme » a progressé depuis 10 ans. Ils ne sont que 13 % à penser qu’il a, au contraire, diminué !
Étudiant > Un étudiant d’université coûtait à la collectivité française 10 219 euros en 2009, soit 19 % de plus qu’en 2006, mais près d’un tiers de moins qu’un étudiant de classe préparatoire (14 853 euros en 2009).
Afghanistan > La commission de l’ONU chargée de superviser les élections afghanes du 18 septembre a reçu 2 064 plaintes pour fraudes commises le jour du vote et 1 700 pour fraudes commises lors de la campagne…
Staline > Evgueni Djougachvili, petit-fils de Staline, vient d’être débouté par la justice russe : il accusait les Archives nationales d’avoir falsifié des documents sur l’implication du « Petit père des peuples » dans le massacre de Katyn et réclamait le retrait de ces documents, ainsi que 10 millions de roubles (un peu plus de 240 000 euros) de dommages pour « préjudice moral ». Il est vrai que la famille Staline a une certaine expérience en matière de « préjudice moral » ! |
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