de Beaufort Hubert - samedi 03 décembre 2011
dette
Les mots et les slogans politiques font souvent la une des médias, alors que ce sont les données économiques de base qui expliquent notre présent et conditionnent notre avenir. Dans un article récent du Figaro, Xavier Fontanet, président d’Essilor, rappelle à juste titre les chiffres essentiels et nous allons les analyser, car ils ne sont, par essence, ni de droite, ni de gauche. Les chiffres sont neutres et ils s’imposent à tous.
Regardons les.
En 1974, l’Etat réclamait 27 % de la richesse nationale, (notre PIB), avec un budget en équilibre, une absence de dette, un commerce équilibré et un Français en septième rang pour la richesse par habitant.
Quelle est notre situation économique aujourd’hui ?
L’Etat ponctionne, en 2011, 56 % de notre PIB, le double de 1974, alors que notre dette qui était nulle, représente maintenant 1 800 milliards d’euro, que notre balance commerciale est gravement déficitaire, que notre industrie a perdu la moitié de son industrie face à l’Allemagne, que le chômage frise les 10 %.
Un rappel est nécessaire : ce n’est pas la crise qui crée la dette, mais la dette des Etats qui est la cause première de la crise. L’endettement croissant avec des dépenses excessives entraîne en outre un passage au rouge, de la croissance, du déficit, de la fiscalité, du chômage.
Les chiffres actuels sont les suivants :
La France dépense 450 milliards d’euro pour la fonction publique, 350 milliards pour la santé et les retraites, 200 milliards pour les régions. Le total des dépenses de l’Etat atteint les 1 000 milliards d’euro !
Pour avoir des budgets viables, il faut revenir à 800 milliards de dépenses étatiques : 20 % de moins qu’aujourd’hui, afin de reconstituer un système productif apte à garantir la croissance et le retour au plein emploi.
Ce serait jouable si l’on se réfère à l’exemple du Canada, qui a mis six ans à revenir à l’équilibre sans drame social.
La commission bipartisane présidée par Jacques Attali estime d’ailleurs possible de réduire nos dépenses publiques sans augmentation d’impôts.
Les expédients, en cours depuis 25 ans, consistant à augmenter sans cesse les dépenses, les prélèvements et les taxes, ont eu comme conséquence des délocalisations continues, l’appauvrissement de nos concitoyens, les exils fiscaux et le départ des jeunes élites vers des cieux plus cléments.
A juste titre, on condamne les paradis fiscaux, mais les écritures saintes ne séparent jamais le paradis de l’enfer et nous ne construirons pas un avenir de croissance et d’emploi à partir d’un enfer fiscal ou du bouc émissaire facile qu’est le système bancaire et les grandes fortunes.
Les agences de notation, tant redoutées, servent en effet d’audit à nos créanciers et nous sommes placés sous surveillance pour les six mois à venir. Il est clair que cette menace s’ajoute au risque grecque, au risque italien… sans parler des autres.
L’euro, l’Europe et la France sont en danger et devant ce risque, l’union nationale, que nous avons déjà préconisé, s’avère chaque jour plus nécessaire.
Elle deviendra une évidence si se conjugue à la crise financière le séisme méditerranéen naïvement expliqué comme démocratique, alors que sa démographie explosive lui fait chercher comme espérance économique un islamisme militant !
Les vérités objectives pour lesquelles nous militons, faites les connaître, faites les partager, chers lecteurs : elles se voulaient informations, elles deviennent des exigences.
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