Rouxel Jean - mardi 19 août 2008
russie
Enfin, les regards de la presse française se tournent vers l’ancien empire soviétique. La crise géorgienne aura donc eu du bon ! Car il était étrange que, depuis 1991, à quelques exceptions près, la presse française se soit aussi délibérément détournée de l’un des secteurs les plus déterminants pour l’équilibre de la planète… ou le déclenchement de la troisième guerre mondiale. Que se passe-t-il donc dans cette partie du monde ? Deux types de tensions, plus ou moins contradictoires, s’y dessinent.
Tout d’abord, l’opposition entre l’administration Poutine (aujourd’hui Medvedev, mais cela paraît revenir au même) et l’ensemble des séparatismes des provinces de l’empire (Tchétchènes, Ukrainiens ou, aujourd’hui, Géorgiens…).
Certes, ces anciennes provinces sont juridiquement souveraines, mais la politique de Moscou reste favorable à ce que Brejnev appelait joliment la « souveraineté limitée ».
En cela, l’administration Poutine est fidèle à la politique soviétique, mais aussi, plus lointainement, à la politique des tsars. Et elle s’oppose à l’administration américaine qui a encouragé la plupart de ces séparatismes – et encourage encore (notamment avec la couverture de fondations comme celle de Soros) certains d’entre eux.
Deuxième source de tensions : la question de l’islam radical. Ici, une bonne partie des puissances occidentales approuve plus ou moins discrètement la politique énergique de Moscou.
Washington se trouve ainsi tantôt allié, tantôt adversaire de Moscou depuis plus de 10 ans. Cela ne contribue pas à simplifier l’analyse que l’on peut faire de la situation en Géorgie.
Il n’est cependant pas besoin d’être grand clerc pour comprendre l’intérêt stratégique de l’Asie centrale.
La plupart de ces pays regorgent de ressources minières ou énergétiques. Et presque tous sont traversés par des oléoducs indispensables pour Moscou, comme pour l’Occcident.
Personne ne peut donc céder dans cette affaire.
En outre, se pose la question de l’adhésion possible de la Géorgie à l’OTAN (qui n’est plus essentiellement une organisation nord-atlantique, ni surtout une organisation de défense mutuelle). Adhésion que Moscou ne peut accepter.
Une alliance entre la Chine, l’Iran et la Russie se dessine déjà en maints endroits. Si l’OTAN est, par ailleurs, impliqué en Asie centrale, le risque d’expansion du conflit n’est pas négligeable. La question des Ossètes jouerait ainsi le rôle de celle des Sudètes dans la deuxième guerre mondiale…
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