L'actualité Française
vue de droite libérale
Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

La Grèce doit rester dans l’euro


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
8 VOTES
679 LECTURES

Choisel Francis - jeudi 08 avril 2010

euro
De nombreux commentateurs attribuent à l’euro la responsabilité de la crise financière de la Grèce. Ils parlent à son sujet de « carcan monétaire ». Ils soulignent l’inadaptation de la politique de la Banque centrale européenne à la situation de l’économie grecque ou, à l’inverse, évoquent l’impossibilité pour la Grèce de se soumettre à la rude discipline d’une monnaie unique.

Parmi les solutions évoquées, et qui n’ont finalement pas été retenues, les experts ont imaginé un fonds monétaire européen, ou des aides bilatérales, dont le point commun se résume à la formule fameuse : « L’Al lemagne paiera ! ».

Or l’Allemagne rechigne à payer, comme à l’époque de Poincaré et de l’occupation de la Ruhr. On la comprend d’ailleurs, car ce serait tenter d’emplir un tonneau percé. Les Danaïdes ne sont-elles pas grecques ? Le FMI sera donc mis à contribution. Il a la bourse plus facile. Mais, de l’avis des économistes, le problème n’en sera pas durablement réglé pour autant.

Faute de pouvoir dévaluer et, malgré les efforts qui lui sont imposés en matière salariale et budgétaire, la Grèce est condamnée à se retrouver dans quelque temps dans la même situation qu’aujourd’hui.

Aussi, l’idée que la Grèce devrait sortir de la zone euro, et peut-être aussi l’Espagne, est-elle en train de faire son chemin, notamment outre-Rhin.
Les souverainistes français applaudissent à cette perspective. Mais, si cette sortie de l’euro est évidemment dans l’intérêt de l’Allemagne, est-ce dans celui de la France ? Non, à coup sûr !

La politique monétaire de la BCE est, pour simplifier, la moyenne de ce que devraient être les politiques monétaires de chacune des économies très disparates de la zone. Avec un petit coup de pouce en faveur des économies qui ont besoin d’un euro fort. La politique nécessaire à l’économie française a cette chance de ne pas se trouver trop éloignée de cette politique moyenne. Notre pays n’est donc pas, malgré ses difficultés, celui qui pâtit le plus de la monnaie unique.

Or, si la Grèce abandonne l’euro, immédiatement son cours reprendra sa folle ascension et la politique « moyenne » de la BCE sera déportée vers les besoins de l’économie allemande, s’éloignant par conséquent de ceux de la nôtre.

L’effet de domino sera alors enclenché. Ce sera au tour de l’Espagne, ou de tel autre, de se trouver en crise majeure et d’être contraint de quitter la zone en catastrophe. En attendant le tour de la France.

Certes, nous aurons alors, nous aussi, abandonné l’euro, ce qui est souhaitable. Mais dans quel état ? Voulons-nous attendre d’être Grecs pour nous en sortir ? De plus, l’euro, dans ce scénario catastrophe, ne disparaîtra pas : il restera l’Allemagne et autour d’elle une zone qu’il suffira de rebaptiser « mark ». Estce cela que l’on veut ?

Gardons donc la Grèce qui tire le cours de l’euro vers le bas sur les marchés. Et pour régler durablement la question aussi bien pour elle que pour nous tous, organisons l’abandon collectif de cette monnaie suicidaire, en bon ordre, en commençant par la transformer en monnaie commune.

Autrement dit, rétablissons les monnaies nationales et ne conservons l’euro que comme monnaie internationale. Il nous sera alors utile pour continuer à faire contrepoids au dollar, en attendant de pouvoir construire enfin une vraie monnaie internationale, plus moderne que l’or mais qui ne soit ni le dollar, ni l’euro, ni quelque autre sterling géré unilatéralement

8 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site