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La Grèce face à la doctrine du FMI |
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Gérard Jean Pierre - mercredi 06 juillet 2011
dette
Je me souviendrai toujours de la crise asiatique, dont nous avons eu à connaître lors de mon passage au Conseil de la Politique Monétaire. Le plan de soutien du FMI était, comme il est normal, subordonné à un certain nombre de conditions.
Ce n’est pas le principe d’une aide subordonnée à une remise en ordre de son économie que je remets en cause, mais la nature même de la remise en ordre.
La Malaisie, en 1997, a eu la sagesse de ne pas écouter les conseils du FMI, et s’en est bien tirée. Mais l’Argentine, la Thaïlande, et tous les autres pays qui ont eu affaire au FMI sur cette période, n’ont pas eu la capacité de s’opposer aux diktats de la « Firme ».
Je reproche fondamentalement aux experts du FMI et de la Banque centrale européenne de ne pas s’intéresser à la vitalité de l’économie et de ne s’appuyer que sur un ensemble de recettes plus ou moins éprouvées, mais en tout cas éprouvantes, si ce n’est mortelles, pour le corps social.
Ils appliquent systématiquement la même doctrine, que l’on soit à Bagdad, Katmandou, ou Questembert. Cette doctrine se définit comme suit :
– Règle 1 : Le libéralisme est supérieur à tout et peut seul assurer le bien-être des populations.
– Règle 2 : On réduit les dépenses publiques à tout va.
– Règle 3 : On privatise tout ce qui peut l’être.
Chaque fois que je vois l’un de ces plans, j’ai un haut-le-cœur. Comment des prix Nobel d’économie peuvent-ils à ce point méconnaître les fondements de l’action humaine ?
J’ai souvent rencontré cette même attitude, chez des chefs d’entreprise dont l’entreprise avait quelques difficultés. Leur première réaction était de dire : Il me suffit de 2 ou 3 millions d’euros et tout sera résolu. À prendre le problème de cette manière, rien n’était résolu et, 5 ou 6 mois plus tard, il fallait recommencer.
Avant de mettre de l’argent, il faut savoir ce que l’on veut et ce que l’on peut faire.
Il n’y a aucune raison de procéder différemment avec les pays et, si l’on veut que la Grèce renoue avec une situation vertueuse, il est indispensable d’analyser plus en détail la situation.
Dès lors, le chemin à suivre peut se définir de manière simple, même si l’exécution peut en être difficile :
1) Réduire les dépenses qui sont des gaspillages. Cela élimine la mesure macroéconomique globale de gel du salaire des fonctionnaires, ainsi que la suppression sans discernement du nombre de fonctionnaires. Au contraire, il convient de préciser quelles sont les actions de l’État à préserver et à organiser plus efficacement.
2) Augmenter les recettes en libérant les énergies productives.
3) Privatiser les foyers de pertes récurrentes.
4) Développer et investir dans des infrastructures de nouvelle génération.
Mais libérer les énergies est sans doute l’acte politique majeur par lequel on devrait commencer. Cela commence par la suppression du plus grand stérilisateur de l’activité humaine, à savoir l’assistanat généralisé que nos pays européens ont systématiquement mis en place, et tout particulièrement en Grèce.
Comment voulez-vous, en 3 ans, récupérer tout ce qui a été perdu au cours d’une lente dégradation de la situation économique, si ce n’est par un programme collectif, sérieux et accepté ?
Enfin, pour que cette politique ait quelques chances d’aboutir, permettre l’établissement temporaire d’un certain protectionnisme pour favoriser l’émergence de nouvelles activités.
Je n’ai jamais compris pourquoi les prêteurs n’exigeaient pas avant tout la mise en place d’un programme économique, avec l’engagement de la totalité de la nation.
Plutôt que de dire à la Grèce ce qu’il faut faire, demandons-lui de s’engager sur ce qu’elle compte faire et qu’elle veut réellement faire. Cela m’étonnerait beaucoup que la fierté nationale ne donne pas à nos amis Grecs la volonté et le courage nécessaires.
Alors, peut-être, n’investirons-nous pas dans une cause perdue d’avance !
Au lieu de miser des milliards que nous n’avons pas, sur une économie qui doit se réformer en profondeur, misons sur les hommes et leur capacité à vouloir maîtriser leur avenir !
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Système
«Tout le monde voit que le système est à bout de souffle !»
Jean-Luc Mélenchon
SIC
Primaires «Chaque maire socialiste pourra savoir qui, des fonctionnaires territoriaux sous son autorité, a voté aux primaires socialistes et donc adhère aux valeurs de gauche.»
Fr. Louvrier, sec. nat. de l’UMP
Volonté «Dans la traque de Ben Laden, les États-Unis ont su poursuivre une action déterminée pendant 10 ans, malgré les changements de majorité, sans se laisser distraire de leur but. C’est toute la différence entre volonté et velléité. C’est une leçon qui vaut aussi pour nous…»
François Bayrou
erreur «Ce n’est pas la classe politique, qui a commis ces erreurs politiques et économiques très lourdes, qui pourra les rectifier !»
Marine Le Pen
Justice «Parce que le monde est injuste, il n’y a parfois que la force pour que justice soit rétablie…»
Alexis Brézet, éditorialiste
mondialisation (1) «La démondialisation, c’est la préférence à la production sur place plutôt qu’importée, la préférence pour les salaires plutôt que les dividendes et pour l’environnement plutôt que la destruction des ressources naturelles. C’est un protectionnisme vert, social et de progrès.»
Arnaud Montebourg, député PS
mondialisation (2) «La démondialisation est une mauvaise réponse à une bonne question. C’est un concept réactionnaire !»
Pascal Lamy, dir. gal de l’OMC
établissement «Je dérange avec un bonheur infini cet establishment qui commence à me fatiguer.»
Gilbert Collard, avocat |
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