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La Russie, la Turquie et l’Europe


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Gautier Yves - lundi 20 décembre 2004


La Russie est un grand pays européen, meurtri par 70 ans de communisme, par la deuxième guerre mondiale et ses dix millions de tués, et par un changement de régime brutal qui a provoqué beaucoup de misère. Au lieu d’ouvrir ses bras à la Russie pour la soutenir dans sa révolution démocratique, l’Europe affiche sa froideur.
Les Russes regardent, décontenancés, les gouvernements européens mettre en place des réglementations qui les ignorent ou qui les briment. Un Russe, depuis l’Union européenne, ne peut plus aller à Chypre sans visa ; il lui en faut un pour aller sur l’île au large de l’Estonie qui abrite l’école navale de son pays.
Les États-Unis ont toujours craint un rapprochement de la Russie vers l’Europe. Or, cette dernière semble tout faire pour l’éviter. Il est donc facile à l’Amérique d’attirer la Russie en la soutenant en Tchétchénie, en lorgnant sur son pétrole et en attirant ses brillants cerveaux. La Russie fait partie de l’Europe par nature car elle partage la même civilisation, et parce qu’elle devient laïque et tolérante.
Pour les Russes, le choix a été fait entre la liberté et ses misères et le communisme et sa dictature. Ce choix est conforté par un espoir justifié d’amélioration, source de la popularité de Poutine, malgré une corruption et une misère en régression mais persistantes.
Un changement de régime économique ne produit pas instantanément plus de richesses. La Russie avait sa confortable et discrète nomenklatura avec beaucoup de pauvres mais peu de misère.
Gorbatchev entreprit de grandes réformes : l’économie de marché contrôlée, la dénationalisation de la propriété d’État…, mais il reste rejeté par les Russes à cause de mesures inopportunes ou maladroites : des cartes de ravitaillement qui n’ont pas supprimé les queues devant les magasins, l’interdiction de la vodka dans les restaurants, l’arrachage de vignes pour réduire la production de vin…
Puis, ce fut la venue d’Eltsine qui fit éclater l’URSS pour prendre le pouvoir, et libéra brutalement l’économie de toute contrainte, sans même disposer d’un droit commercial.
Les responsables de la nomenklatura soviétique se sont alors réparti les sociétés russes, tout en payant leurs impôts avec réticence et transférant souvent des montants considérables à l’étranger. Ce sont les nouveaux boyards.
Ensuite, Poutine est arrivé. Cet homme est apprécié des Russes. Il a fait de son mieux pour payer, chichement, retraités, fonctionnaires… et faire repartir l’économie russe (dont la croissance atteint maintenant 7 % l’an).
Poutine se sent européen, comme tous les Russes. Hélas, lorsqu’en tant que  tel, il fit un discours, à Berlin, en septembre 2002, les politiques européens étaient trop préoccupés par leur réélection pour l’entendre !
Malgré la désapprobation de leurs peuples, certains gouvernements européens font des acrobaties pour faire entrer la Turquie dans l’Europe. Ce ne serait évidemment plus une Europe géographique, mais une union commerciale eurasiatique. Pourquoi pas, demain, un élargissement à d’autres pays ? De plus, la dénatalité en Europe, le taux de fécondité des musulmans et l’immigration permanente la transformeront en union musulmane. C’est un choix !
Les gouvernements européens ont des décisions clefs à prendre :
- Renoncer à une intégration de la Turquie ;
- Mettre en place une Europe politique forte, libérale, et souveraine.
Tout le reste n’est qu’une conséquence de ces choix.
Si, par malheur, la constitution de l’Union européenne n’était pas ratifiée, il faudrait construire une Europe souveraine, avec ceux qui la veulent et ouverte à tous.
L‘Europe reste très reconnaissante aux États-Unis de leurs interventions décisives en 1917 et en 1941. Elle reste leur alliée dans la défense de la liberté. Hélas ! l’Amérique est devenue impérieuse et ploutocrate ; elle rejette toute institution ou règle internationale qui dérangerait sa politique de domination du monde.
L‘Europe peut en être un contre-poids nécessaire et positif.
La Turquie, si elle ne retombe pas dans un islam intolérant, pourrait de son côté rassembler des pays musulmans, comme la Tunisie, qui ont détaché le politique de la religion.
Le choix est simple et conditionne l’avenir de nos enfants : une Europe libre et souveraine de l’Atlantique à l’Oural, ou une union commerciale de Londres à Ankara, contrôlée par Washington…

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En bref
ÉLECTIONS
À ce jour, le décompte des voix de la 43e élection présidentielle américaine n’est pas terminé. Derrière George Bush et John Kerry, arrivent Ralph Nader, indépendant, avec, le 5 décembre, 468 344 voix ; Michael Badnarik, libertarien, 397 027 voix ; puis, Michael Perouchka, parti de la Constitution, 142 435 voix ; et David Cobb, candidat du parti des Verts, 118 575 voix…

Divers faits

ACTIFS á D’ici 2050, la population active de la France devrait diminuer de 7 %. Dans le même temps, elle devrait diminuer de 2 % en Grande-Bretagne, 23 % en Allemagne, 32 % en Espagne et même 40 % en Italie. Les États-Unis, quant à eux, devraient voir leur population active augmenter de 30 %…

BREVETS á On estime qu’un brevet français coûte deux euros par jour pendant vingt ans…

BUREAUX á La superficie occupée par des bureaux du secteur public ou para-public en Ile-de-France a augmenté de plus de 660 000 m2 entre mai 2000 et octobre 2003 !

OBÉSITÉ á Des chercheurs européens affirment que le manque de sommeil augmente les risques d’obésité. Ainsi, parmi les personnes qui dorment moins de quatre heures par nuit, le risque d’obésité augmente de 73 % par rapport aux personnes qui dorment entre sept et neuf heures. Cette augmentation n’est plus que de 50 % pour les personnes qui dorment cinq heures et de 23 % pour celles qui dorment six heures…

JUPPÉ á Selon une rumeur insistante, Alain Juppé aurait vendu son appartement à Bordeaux et pris ses quartiers à Paris, à l’Hôtel de Lassay !




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