Rouxel Jean - jeudi 21 janvier 2010
sncf
Le quotidien « Les Échos » a déclenché une petite révolution dans le Landerneau politico-médiatique en révélant lundi 18 janvier que la SNCF étudiait actuellement la possibilité de réduire son offre sur les lignes les moins rentables (on a parlé notamment de plusieurs connexions entre Strasbourg et diverses métropoles provinciales, comme Bordeaux ou Lille).
Curieusement, la SNCF s’est empressée de démentir la révélation des « Échos ».
Comme s’il était infamant pour une société de chercher à améliorer sa marge ou d’étudier ses taux de rentabilité !
Mais c’est aussi que la SNCF n’est pas une entreprise comme les autres. Comme la plupart des entreprises nationalisées, elle obéit au complexe de la chauve-souris du vieux La Fontaine : « Je suis oiseau : voyez mes ailes. Je suis souris : vivent les rats ! »
En l’occurrence : je suis entreprise, vive la rentabilité ; je suis service public : vivent les impôts !
Je ne suis personnellement pas certain que l’État ait une quelconque compétence en matière de transport ferroviaire et je suis assez peu convaincu par les discours de mauvaise foi sur les déraillements et les horaires qui se seraient multipliés en Grande-Bretagne après la privatisation. Il suffit de regarder nos grèves pour avoir des doutes !
Mais, en admettant que la SNCF doive rester une entreprise publique, cela implique-t-il qu’elle n’ait pas à se préoccuper de rentabilité ? Évidemment non !
Voici quelques années, le député UMP François Goulard disait à qui voulait l’entendre que, d’après ses calculs, un assez grand nombre de lignes de TER de Bretagne (mais je crois que l’information valait bien au-delà !) feraient des économies en proposant des taxis aux usagers.
On brouille à plaisir, dans les médias, les questions de finances publics et de choix politiques : la question du statut d’une entreprise n’est pas celle de son caractère privé ou public. Une entreprise privée peut offrir un service public et une entreprise publique un service privé. À qui fera-t-on croire que Renault ait changé de nature avec sa privatisation ? Avant comme après, la firme produisait des voitures et sa faillite aurait de graves répercussions sur l’économie nationale. Mais ni plus ni moins que celle de Peugeot…
En tout cas, je supporte de moins en moins d’entendre les syndicats de ces entreprises publiques, qui jouent aux privées quand elles s’adressent aux investisseurs ou aux banquiers, déclamer la main sur le cœur que, avec leur succès financier, c’est l’avenir de la patrie qui est en jeu !…
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