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La Sécu, cancer de la nation


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Lance Pierre - samedi 05 juin 2004


On a beau savoir de longue date que nos politiciens de tous bords sont des incompétents absolus, ignares, incultes, prétentieux, en outre psychologues autant que des palourdes, on se prend encore, parfois, à espérer d'eux quelque vague lueur de lucidité et un pâle éclair de courage. Hélas ! C'est à chaque fois la consternation de la déception et l'abomination de la désolation ! Ils sont tellement nuls dans leur globalité qu'un Sarkozy passe presque pour un petit génie simplement parce qu'il a pris quelques mesures de bon sens que ma boulangère lui eut aisément soufflées entre deux baguettes. Dans la République des aveugles, les borgnes sont de brillants ministres !
Ainsi avais-je eu la faiblesse de croire un instant - je le confesse, amis lecteurs, j'en ai honte et je bats ma coulpe ! - que le gouvernement Raffarin allait réellement essayer, ne fut-ce que timidement et partiellement, de réformer la Sécurité sociale.
Mais où avais-je donc la tête ? ! Comment ces gens, qui n'ont aucune connaissance des lois les plus élémentaires de la biologie, de la sociologie, de la psychologie seraient-ils capables de comprendre que le principe même de la Sécurité sociale est totalement contre-nature et qu'elle n'est rien d'autre qu'une bombe à retardement amorcée il y a soixante ans, et qui doit inexorablement faire exploser un jour prochain l'économie française, sans parler de ses conséquences épouvantables sur la santé physique et morale de nos descendants.
On assiste donc, sous la férule de l'ineffable Douste-Blazy, à peine plus finaud que le Mattéi qui le précédait, à un énième replâtrage et rafistolage de cette machine infernale qui réduit à néant tous les efforts de l'un des peuples les plus industrieux et les plus astucieux de la planète. C'est à pleurer de rage ! Et l'on nous parle d'économies utopiques, ratatinées à l'avance par la constante propagande télévisuelle faite à toutes les techniques médicales avancées, aussi ruineuses que superfétatoires.


Ouste Blazy !

Et l'on essaie, par exemple, sous prétexte de prévention, de persuader nos compagnes de subir après cinquante ans une mammographie tous les deux ans, ce qui est le plus sûr moyen de leur causer un cancer du sein par excès de rayons X. Et l'on va augmenter encore le racket de la CSG et prolonger celui de la CRDS pour alimenter en pure perte le tonneau des Danaïdes de la superstition médicaliste moderne, aussi pernicieuse que les anciennes.
On sait que 20 % des maladies sont contractées à l'hôpital (mais c'est sûrement davantage). On sait que d'autre part 20 % des maladies sont causées par des abus de médicaments ou des erreurs de prescription (mais c'est sûrement davantage).
Ce qui fait déjà au moins 40 % des maladies qui sont créées par le système de soins lui-même, et quant à moi, je parie que c'est plutôt 60 %. Mais personne ne veut voir que notre nation a été mise en coupe réglée par la mafia médicalo-pharmaceutique qui a gangrené toutes les allées du pouvoir et qui nous conduit à la ruine absolue. Au fait, une simple question : Avez-vous déjà vu confier le Ministère de la Défense nationale à un général ? Non, n'est-ce pas ? Alors expliquez-moi pourquoi le Ministre de la Maladie est toujours un médecin.
Le monopole de la Sécurité sociale a été aboli en principe, comme Claude Reichman ne cesse de le répéter. Mais pour que cela entre dans les faits, il faudrait que le salarié ait le courage de se prendre en main et de demander à son patron son « salaire total » (toutes cotisations incluses) pour aller s'assurer lui-même où il veut et pour ce qu'il veut. Et il faudrait encore que son patron soit réceptif à cette demande et qu'il ait lui-même le courage de déclarer à l'URSSAF que tel ou tel de ses salariés a décidé de cotiser ailleurs. Ce n'est pas demain la veille, car l'État a infantilisé tous les Français. Or, si l'on ne restaure pas le principe de responsabilité individuelle, le collectivisme pseudo-sécuritaire nous fera couler corps et biens !
Je me suis appliqué voici quelques années à résumer dans une formule concise ce que j'appelle « la quintessence de la décadence ». Je la livre ci-après aux méditations de nos lecteurs : « Notre système dit de “protection sociale“ consiste à taxer le travail, l'invention, l'initiative, la prévoyance, le courage, la vigilance et la sobriété, afin de subventionner l'insouciance, l'imprudence, l'irresponsabilité, l'intempérance et la gloutonnerie.
Un biologiste vous dira qu'un tel système de sélection négative maintenu au sein d'une population durant plusieurs générations ne peut aboutir qu'à la dégénérescence de cette population, et à sa disparition du monde vivant, à plus ou moins brève échéance ».


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