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La Sécu, ses trous et l’archaïsme économique |
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Trémeau Bernard - mardi 06 octobre 2009
securite-sociale
La Sécurité sociale a été créée le 22 mai 1946 par l’État, uniquement pour les salariés. Elle est issue de la nationalisation de trois assurances : assurances maladie, assurances retraite et assurances chômage.
Son idéal était d’offrir à tous les salariés français des soins médicaux « gratuits », une retraite correcte et une indemnité de chômage satisfaisante.
Pour financer toutes ces dépenses, l’État a créé les charges sociales, impôt payé par les employeurs. Les salariés ont ainsi cru qu’ils n’avaient rien à payer. Comme on leur a aussi offert en 1946 une augmentation de 60 % de leurs salaires, 1947 a été marqué par une hyperinflation de 58,7 %. Les non-salariés (70 % de la population) ont ainsi payé pour les salariés… Et, progressivement, se sont mis en place les fameux « trous de la Sécu ».
1. Le gouffre de la caisse d’assurance maladie :
En 1946, les dépenses de santé représentaient moins de 3 % du PIB. Elles atteignent 11,1 % en 2009. Cette rapide augmentation est évidemment très bénéfique, mais il faut augmenter tous les ans les charges sociales. Ce qui ne plaît pas à ceux qui sont obligés de les payer.
Par ailleurs, les charges sociales rendent nos entreprises moins compétitives, donc aggravent le chômage et donc le trou de l’assurance-chômage. Les gouvernements n’augmentent donc pas comme ils le devraient les charges sociales : le trou de l’assurance-maladie se creuse chaque année un peu plus. Les Français se soignent sans compter : la Sécu paye. Pour boucher le trou, on a créé un nouvel impôt en 1990, la CSG. Malgré cela, le gouffre continue à se creuser.
2. Le gouffre de la caisse d’assurance retraite :
La médecine coûte plus cher, c’est évident. Mais les médecins sont aussi de plus en plus efficaces. En 1946, la durée moyenne de vie des Français était de 65 ans. Elle est aujourd’hui de 81 ans. Et elle augmente de 3 mois tous les ans. Oui, trois mois !
Les personnes de plus de 65 ans dépensent bien plus pour leur santé que les autres. Des maladies comme le cancer ou la dépendance coûtent très cher. Un mois d’une personne dépendante dans une maison de retraite coûte actuellement en moyenne 2 880 euros.
Augmenter les charges sociales rend nos entreprises non-compétitives, donc creuse automatiquement la caisse d’assurance-chômage.
Augmenter l’âge de la retraite aurait été l’autre solution logique : en effet, l’état de santé d’un Français âgé de plus de 65 ans est aujourd’hui de plus en plus satisfaisant, bien meilleur qu’en 1946. Mais pour de nombreux Français, pour certains syndicalistes surtout, partir plus tôt à la retraite est un des objectifs principaux de leur action. C’est devenu un « acquis social » intouchable.
Finalement, les gouvernements augmentent les charges sociales. Mais de façon insuffisante, ce qui aggrave le gouffre de l’assurance-retraite !… En soignant trop bien, les médecins sont finalement très méchants vis-à-vis de la Sécu.
3. Le gouffre de la caisse chômage :
De 1946 à 1969, la France vivait en autarcie économique. Des droits de douane protégeaient au besoin ses entreprises. Toutes les entreprises travaillant en France subissaient les mêmes contraintes.
Par ailleurs, les gouvernements s’opposaient à l’inflation par le « contrôle des prix ». Employeurs et administration négociaient secteur par secteur le prix de vente d’un produit. Ce système permettait aux entreprises de disposer des capitaux dont elles avaient besoin pour investir et innover. Il n’y avait pas un seul chômeur. On embauchait au contraire massivement de la main-d’œuvre étrangère.
Puis, en 1969, le Marché commun a été décidé. La France a ouvert ses frontières aux produits étrangers et le système utilisant le contrôle des prix a été abandonné.
Les banques centrales sont devenues responsables de la lutte contre l’inflation. Malgré cela, la France a conservé les charges sociales. Les entreprises françaises manquent d’argent pour investir et pour innover. Le PIB stagne, voire régresse. Moins d’argent rentre dans les caisses, et la caisse d’assurance-chômage se vide.
Depuis 1946, la science économique a énormément progressé. Pour boucher ces trois gouffres, il faut abandonner les idées qui étaient valables en 1946 !
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Sécu
Les dépenses maladie du régime général de la Sécurité sociale ont augmenté de 3,9 % de septembre 2008 à août 2009 !
Chiffres significatifs
Pertes > Depuis le début de la crise, les quatre fonds souverains les plus importants du Golfe (Arabie Saoudite, Koweit, Qatar et Abou Dhabi) ont perdu quelque 240 milliards d’euros !
Femmes > 3 % des 500 plus grands chefs d’entreprise de la planète sont des femmes.
Logement > En moyenne, les logements français ont une superficie de 40 m2. C’est 30 % de plus qu’au début des années 1980.
Paysage > 20 100 entreprises du paysage étaient en activité fin 2008 (en hausse de 20 % sur deux ans). 15 % d’entre elles emploient plus de 5 salariés et 53 % n’en emploient aucun. Au total, ces 20 100 entreprises ont réalisé en 2008 un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros (en hausse régulière de 6 % par an depuis cinq ans) et emploient 80 100 personnes (en hausse régulière de 5 % par an depuis cinq ans). Soit un chiffre d’affaires moyen de plus de 62 000 euros par actif et par an.
Foot > Le salaire moyen des joueurs de la Ligue 1 de football est de 34 880 euros nets par mois !
Europe > Le budget 2008 de l’Union européenne comportait 116,5 milliards d’euros de ressources, dont 10 % (plus de 11 milliards) ont été utilisés en dehors de l’Union européenne. Les 4 principaux bénéficiaires sont la France, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie, qui ensemble ont mobilisé 45 % des dépenses de l’UE (47,3 milliards). Les 12 pays les plus récemment entrés ont reçu 19,7 milliards (dont 7,6 pour la Pologne). |
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