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La Sogerma et l’État français


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Trémeau Bernard - mercredi 31 mai 2006


La Sogerma est une entreprise qui fait partie du groupe d’aviation franco-allemand EADS. L’État français possède 15 % de ses actions. La Sogerma assure l’entretien, la maintenance des avions. Elle assurait en particulier la maintenance des avions de transport de l’armée française.

Depuis des années, la Sogerma va mal. Elle subit la concurrence d’entreprises étrangères. En 2002, elle a déjà licencié 250 salariés, puis 190 nouveaux en 2005. La Sogerma va très mal, du fait que l’armée de l’air française lui a retiré la maintenance de ses avions de transport, les C 130. L’armée a confié ce travail à une entreprise portugaise Ogma. Pour une raison toute simple : les salaires portugais permettent à Ogma de fournir le même travail à moitié prix.

La Sogerma n’est plus compétitive du fait de toutes les contraintes qui pèsent sur les entreprises en France. La maintenance des avions ne peut que quitter la France et c’est l’armée française qui donne l’exemple. EADS a donc décidé de fermer le site de Merignac qui perd beaucoup d’argent et d’en licencier les 1 100 salariés. Les salariés se mettent en grève le 12 mai, ce qui n’arrangera pas les finances de l’entreprise. Elle n’honore plus les derniers contrats qu’elle avait passés. Le 23 mai, un conseil d’administration d’EADS se réunit et annonce aux salariés qu’il est prêt à étudier une solution permettant de ne pas fermer l’usine et de maintenir sur le site un noyau de 300 salariés.

Notre Premier ministre Dominique de Villepin n’a d’abord pas réagi aux décisions de l’entreprise franco-allemande. En tant qu’actionnaire, il ne pouvait qu’être au courant, et des difficultés rencontrées depuis des années, et de la fermeture finale du site. Il savait certainement aussi que la fermeture était déclenchée par la décision du ministère de la Défense. Tous les Français s’intéressant aux problèmes économiques suivent l’affaire depuis les premiers licenciements. Puis, devant l’impact médiatique de la fermeture, Dominique de Villepin décide de réagir.

Il se rend le 23 mai à Merignac pour rencontrer les ouvriers en grève. Pour leur montrer sa sympathie et sa détermination. Tout sera fait pour conserver l’activité industrielle de la Sogerma à Merignac. Il convoque ensuite à Matignon, le 24 mai, deux des responsables d’EADS et leur demande de revoir leur copie. Conserver seulement 300 emplois n’est pas suffisant. Cela donnerait encore 200 chômeurs. En effet, seulement 600 personnes licenciées ont une possibilité de reclassement.
Mais le maintien de 600 emplois à Merignac a un coût. Il maintient d’abord dans le chômage 600 salariés portugais. Il réduit ainsi le pouvoir d’achat du Portugal qui n’aura pas les moyens financiers d’acheter un Airbus fabriqué par EADS. Il crée donc aussi des chômeurs en France dans un secteur de haute technologie où nous sommes encore compétitifs.
Dominique de Villepin a ensuite très probablement proposé d’aider financièrement d’une façon ou d’une autre la Sogerma. Il ne peut pas le faire en puisant directement dans les caisses de l’État. Bruxelles veille au grain. Mais il peut demander à sa ministre de la Défense ou à Air France de faire assurer la maintenance de leurs avions à Merignac. Et il est très difficile en France de refuser d’entendre la prière d’un Premier ministre…

Les impôts des Français augmenteront nécessairement, ce qui créera automatiquement un peu plus de chômage dans le pays. Le trop lourd poids de l’État est le responsable du chômage. L’intervention économique du Premier ministre ne peut qu’évoquer la grève de la faim du député Lasalle qui s’est battu victorieusement pour maintenir des emplois dans sa circonscription.

La France a choisi l’Europe, ce qui a donné aux Français la paix et une très forte augmentation de leur pouvoir d’achat. Mais les hommes politiques français refusent d’accepter les restructurations qu’impose le passage d’un marché national à un marché européen.

Le futur électeur ne voit que l’effet immédiat d’une mesure : 600 emplois « sauvés » par le politique. Il ne voit pas les dégâts collatéraux, bien plus importants finalement. C’est très regrettable !


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En bref
CRÉDIT
57,8 % des jeunes de moins de trente ans ont un crédit, soit deux points de plus qu’en 2004. La durée moyenne de ces crédits était de 16,6 ans en 2005, contre 11,1 en 1992… Actualité Française

Chiffres significatifs

CANCER á 11 000 femmes meurent chaque année d’un cancer du sein.

RETRAITE á Le Fonds de réserve des retraites cumulait 28,1 milliards d’euros d’actifs au 31 mars, dont 57,6 % investis en actions et 18,6 % en obligations. Son objectif est de parvenir à 150 milliards d’euros en 2020, notamment grâce à un prélèvement de 2 % sur les revenus du patrimoine (soit environ 1,1 milliard d’euros par an). La performance du fond entre le 1er janvier et le 31 mars a été de 4,3 %.

VOITURES á La moyenne d’âge des quelque trente millions de voitures qui circulent en France est de huit ans environ, contre 5,6 ans voici vingt ans…

FRAUDE á On estime à 70 milliards d’euros le coût de la fraude fiscale en Allemagne…

BIODIVERSITÉ á L’Union mondiale pour la nature estime que 16 119 espèces animales sont menacées d’extinction, sur les quelque quinze millions que compte la planète…

TUTELLE á Environ 800 000 personnes sont actuellement placées sous tutelle ou sous curatelle. C’est deux fois plus qu’il y a dix ans !

TERRES á Le prix des terres agricoles a augmenté de 20 % en 2005 !

BARRAGE á Le barrage des Trois-Gorges, que la Chine vient d’achever, retiendra à terme 39,3 milliards de m3 d’eau et produira 85 milliards de kilowattheures !




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