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La TVA sociale n’augmentera pas les prix


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Trémeau Bernard - mardi 26 juin 2007

economie
Les responsables UMP ont parlé de la TVA sociale dès le lendemain du premier tour des élections législatives. Immédiatement, les socialistes se sont emparés du sujet, accusant l’UMP de vouloir favoriser les riches, tout en faisant payer les pauvres.

Pratiquement, le seul argument avancé par les responsables UMP pour défendre leur TVA sociale a ensuite été sa réussite en Allemagne. La veille du deuxième tour, un responsable UMP a même avancé qu’une augmentation de 5 % de la TVA était envisagée. Immédiatement, les socialistes ont annoncé que cette augmentation de 5 % diminuerait de 5 % le pouvoir d’achat des chômeurs. Jean-Pierre Raffarin pense que le fait d’avoir parlé de la TVA sociale pendant la deuxième semaine de la campagne législative a donné aux socialistes 60 sièges à l’Assemblée Nationale…

Depuis 7 ans, la France a choisi d’abandonner le franc pour l’euro. Depuis 7 ans, la France alourdit sans arrêt les charges pesant sur ses entreprises, tandis que l’Allemagne les diminue au contraire systématiquement. Les prix français augmentent alors que les prix allemands diminuent. Le monde entier, et les Français les premiers, préfèrent maintenant acheter des produits allemands moins chers. L’économie allemande redémarre, et l’Allemagne devient championne toutes catégories des exportations. L’économie française stagne et la part des entreprises françaises dans les exportations mondiales se réduit chaque jour un peu plus. La TVA sociale, ça marche.

Si l’euro n’existait pas, la dévaluation serait le remède idéal au mal français actuel. Mais l’euro existe. Il faudrait sortir de l’Euroland, rétablir le franc, rester dans le Marché commun et dévaluer. Une autre façon de rendre nos entreprises compétitives existe heureusement. Il faut remplacer les charges sociales payées par les entreprises par une TVA sociale payée par les consommateurs.

Donnons un exemple schématique de cette astucieuse manipulation fiscale. Actuellement, une entreprise française faisant des bénéfices est en concurrence avec une entreprise allemande. Elle vend son produit 100 euros. Elle doit donner à l’État 10 euros de charges sociales. Si on supprime les charges sociales et qu’on les remplace par une TVA sociale, une TVA de 5 euros suffira largement, car la TVA impose tous les produits, les produits français et les produits étrangers. Les Français paieront immédiatement 105 euros le produit. Et les socialistes ont en apparence raison.

Mais la Banque Centrale Européenne (la BCE) veille au grain. Elle s’oppose à l’inflation et ne met pas un centime d’euro supplémentaire sur le Marché. Les consommateurs français n’ont toujours que 100 euros en poche : ils ne peuvent plus acheter le produit qu’ils achetaient avant. (Ils ne peuvent pas non plus emprunter à leur banque pour le payer : les banques n’accordent pas des prêts pour la consommation courante). Pour conserver sa clientèle, l’entreprise française est obligée de réagir et elle a les moyens de le faire : on lui a réduit ses charges de 10 euros. Elle abaisse son prix de vente de 5 euros. Finalement, les Français continueront à payer 100 euros pour le produit et le chômeur ne financera pas la politique sociale. L’entreprise aura en plus 5 euros, qu’elle pourra utiliser pour investir, c’est-à-dire augmenter sa productivité, sa compétitivité et pour nous enrichir tous un peu plus.
Par contre l’entreprise allemande concurrente ne pourra abaisser de 5 euros son prix de vente qu’en réduisant ses bénéfices de 5 euros : elle risque de ne plus être compétitive. Ainsi, la TVA sociale française exportera en Allemagne une partie du chômage français, comme la TVA sociale allemande a exporté une partie du chômage allemand en France…

Les socialistes français ont volontairement oublié la réalité monétaire. Ils ont ainsi pu nous faire croire que l’UMP allait faire financer les dépenses sociales par les chômeurs. Ils ont même lancé le slogan de la « TVA Antisociale ». Ils ont parfaitement réussi et il est probable que Jean-Pierre Raffarin a raison.

Mais finalement, Nicolas Sarkozy a une large majorité qui lui permettra de mettre en place la TVA sociale. Bien expliquée, une telle manipulation fiscale n’augmentant pas les prix, tout en réduisant le chômage en France, ne mobilisera pas les foules contre elle. Mais, il faut l’expliquer…

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En bref
Référendum
Selon un sondage publié par le « Financial Times », 75 % des Espagnols, 71 % des Allemands, 69 % des Britanniques, 68 % des Italiens et 64 % des Français pensent que le Traité européen simplifié doit être soumis au vote populaire.

Chiffres significatifs
Dégringolade > L’UDF était forte de 113 députés quand, en 1998, Bayrou en a pris la direction. En 2002, après la création de l’UMP, elle n’en comptait plus que 29. Le MoDem de 2007 en a 4.

Dopage > Plus d’un collégien français de onze ans sur cent se dope pour augmenter ses performances sportives.

Embauches > Avec près de 10 000 nouvelles embauches dans le secteur de l’aéronautique française, l’année 2006 a constitué un record historique.

AvionS > Les Américains occupent 70 % du marché des avions d’affaire.

Fusées > Arianespace a signé la commande de
35 fusées Ariane 5 ECA, la plus puissante de la gamme, à EADS, au salon aéronautique du Bourget.

Remilitarisation > Le général d’armée Nikolaï Pankov, vice-ministre russe de la Défense, annonce que d’ici le 1er janvier 2008, la solde des officiers russes aura augmenté de 50 %.

Dépotoir > La France a 65 000 étudiants en psychologie et délivre 5 500 diplômes par an : 5 fois plus qu’en Allemagne et 7 fois plus qu’en Grande-Bretagne.

Corée > Les importations pèsent 35 % du PIB de la Corée du Sud, qui est le cinquième marché mondial pour les marques de luxe.




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