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La Turquie n'a pas sa place dans l'Otan


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Lance Pierre - mardi 07 avril 2009

turquie, otan, etats-unis
Il y a quelque temps, sur le forum Internet de notre journal (www.les4verites.com), j'ai parié 1000 euros que la Turquie n'entrerait jamais dans l'Union européenne. Curieusement, alors que la plupart de nos lecteurs semblent convaincus, la mort dans l'âme, que cela se fera, personne n'a relevé ce pari. On me dit que certains Chefs d'État européens font tout ce qu'ils peuvent pour avancer discrètement les négociations afin que la Turquie adhère à l'Union. Et moi je vous dis qu'ils auront beau faire tout ce qu'ils peuvent, ils n'y parviendront pas, et pour trois raisons essentielles.

La première, c'est que l'immense majorité des Européens, y compris de nombreux élus, ne veut pas entendre parler de cette absurdité géographique, ethnique, historique, culturelle et religieuse. La seconde, c'est que l'immense majorité des Turcs eux-mêmes n'y tient pas davantage. La troisième, c'est que les politiciens turcs multiplient les provocations, les bourdes et les impairs qui empêcheront ce projet d'aboutir.

D'abord, les Turcs n'accepteront jamais de reconnaître le génocide arménien, entêtement rédhibitoire, puisque les Européens ont fait de cette reconnaissance une condition absolue. Sur quantité d'autres sujets, ils refusent les règles européennes ou bien trichent avec elles et ils ne cessent d'attirer l'attention sur leur mauvaise volonté. Ils viennent encore d'en donner un exemple en prétendant écarter le Premier ministre danois Rasmussen du poste de Secrétaire Général de l'OTAN, sous prétexte qu'il ne s'était pas conduit à leur convenance lors de la ridicule affaire des caricatures de Mahomet.
En cette occasion, les Turcs s'étaient clairement rangés du côté des musulmans radicaux et avaient bien montré que la liberté d'opinion et d'expression, valeur fondamentale en Occident, leur était incompréhensible. La liberté de la critique, de la moquerie, de la caricature leur est complètement étrangère. Pourrait-on imaginer les Guignols de l'Info à la télévision d'Ankara ?

Cependant, les Européens n'ont pas cédé, Barak Obama non plus. Et il a bien fallu que les Turcs s'accommodent de Rasmussen. Ils ne peuvent plus compter sur une complicité américaine comme celle de "Deubleiou" Bush. Et d'ailleurs, quel peut bien être le rôle de la Turquie dans le Traité d'Alliance de l'Atlantique Nord ? Ce traité fut signé à l'époque de la guerre froide pour établir une défense commune contre la menace soviétique. Celle-ci n'existe plus. Et si nous avons certainement intérêt à ce que l'OTAN se maintienne, c'est pour faire face à d'autres menaces, notamment islamistes. Et dans ce contexte, la Turquie musulmane n'est pas précisément l'allié idéal.

Mais ce n'est pas tout. Je suis en train de lire un ouvrage très instructif de Daniele Ganser intitulé "Les Armées secrètes de l'OTAN" (Ed. Demi-Lune). On y apprend que, durant la guerre froide, la CIA avait utilisé l'OTAN pour organiser des unités militaires secrètes dans tous les pays de l'Alliance. Leur mission était de préparer des structures de résistance pour le cas où l'Armée rouge aurait envahi l'Europe occidentale. C'était une très bonne idée. Mais il se produisit une dérive scandaleuse : Ces unités, qui devaient rester "dormantes", furent utilisées, notamment en Italie, pour intervenir dans la vie politique contre les partis communistes, considérés comme des "cinquièmes colonnes" de l'URSS. Mais elles furent utilisées aussi en Turquie contre les indépendantistes kurdes, ce qui n'avait vraiment plus rien à voir avec la vocation de l'OTAN. Ces commandos secrets employés à des actions criminelles furent en principe dissous après la chute du mur de Berlin.

Certains disent que si la Turquie n'est pas avec nous, nous risquerions qu'elle soit un jour contre nous. C'est bien possible. Mais la Turquie avec nous pourrait être aussi un gigantesque cheval de Troie. Et Nicolas Sarkozy a réaffirmé ce 5 avril qu'il était résolument opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Dont acte. Les Etats-Unis ont avec la Turquie une très forte alliance militaire. Cela doit suffire. Mais la Turquie n'a aucun besoin d'être dans l'OTAN, et nous n'avons aucun besoin qu'elle soit en Europe.

N.B de la rédaction : cet article sera publié dans la version papier de la semaine prochaine, un incident technique ayant empêché sa reception dans les délais de publication.

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