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La caste médiatique et le déclin français


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Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 30 juin 2010

medias
Les médias sont, sans conteste, l’une des principales causes de la décadence française. Pour deux raisons simples et convergentes : ils sont, à une écrasante majorité, écrits par des journalistes de gauche et d’extrême-gauche et ils sont financés par des groupes (comme Dassault, Bouygues ou Lagardère) dépendants étroitement de la commande publique et donc fort peu enclins à critiquer le pouvoir.

Or, les médias continuent à donner le « la » de la bienséance intellectuelle. Au plan idéologique, entre une Éducation nationale militante active de l’anti-France et la « grosse presse », il faudrait aux Français des facultés rares de clairvoyance et de volonté pour résister à la décérébration. Et, naturellement, les médias ont en outre une « fonction » bien connue de prêt-à-penser pour la classe politique.
Tout ceci explique pourquoi, aux 4 Vérités, nous sommes particulièrement attentifs à l’évolution de cette « classe parlante ».
Trois signaux indiquent que la renaissance de ce point de vue n’est pas pour demain.

Tout d’abord, un « événement » qu’il est difficile d’ignorer : la recapitalisation du « Monde ». Depuis plusieurs jours, tous les médias nous en rebattent les oreilles en insistant lourdement sur « l’indépendance de la presse ».
Mais cette indépendance est battue en brèche depuis longtemps et même probablement depuis la fondation du quotidien. Chacun sait que le « Mon­de », comme la plupart des gros médias, dépend financièrement de la publicité. La presse est le seul secteur économique dans lequel il soit « normal » de vendre à perte… les pertes étant compensées par la vente d’espaces publicitaires. Même si le « Monde » et consorts stigmatisent volontiers la presse gratuite, celle-ci est l’aboutissement logique de ce modèle économique. N’échap­pent à cette loi absurde que les journaux qui vivent de leurs lecteurs, et qui sont le plus souvent soit des journaux professionnels, soit des journaux militants comme le nôtre.
Or, ici comme ailleurs, la loi reste « Qui paie commande ». Par conséquent, le vrai patron d’un journal n’est pas son rédacteur en chef, mais son directeur marketing, qui sait ce que veulent les annonceurs et l’impose aux journalistes.

Or, prenez un numéro du « Monde » et regardez les publicités. Point n’est besoin d’être un génie pour comprendre qu’il serait bien extraordinaire que ce quotidien critique sévèrement les grands groupes financiers et industriels ou les principaux politiques…
En d’autres termes, peu importe la structure capitalistique, et le nom des actionnaires, la presse a déjà cessé d’être indépendante depuis longtemps. Au demeurant, cette recapitalisation est loin d’être la première subie par le « Monde ».

Deuxième signal, un entretien entendu lundi matin sur France Info avec Dalil Boubakeur, à propos de la mosquée d’Argenteuil. Le journaliste voulait à toute force lui faire dire que les pouvoirs publics « devaient » cette mosquée pour se « racheter » (sic !) des débats sur l’identité nationale et sur la burqa qui avaient « stigmatisé » la communauté musulmane.

Grand seigneur, Boubakeur a daigné dire que le gouvernement n’avait pas à se racheter et que ces débats – naturellement absurdes et « populistes » (je ne crois pas qu’il ait dit le mot, mais le sens y était) – passeraient, tandis que la saine coopération entre les autorités islamiques et républicaines continuerait son petit bonhomme de chemin.

Le numéro était prévisible, mais il est extravagant qu’un journaliste de la radio d’État provoque son interlocuteur à réclamer que le gouvernement vienne à résipiscence. La formation idéologique des journalistes reste plus qu’inquiétante !


Enfin, dernier signal, et non le moindre : l’affaire Woerth.
Avez-vous remarqué comme les « révélations » se sont enchaînées méthodiquement, avec chaque jour son petit lot d’informations ?

Or, une chose est certaine : j’avais pour ma part entendu parler pour la première fois du métier de Mme Woerth voici trois mois environ. N’étant pas exactement un journaliste dans le vent, j’en déduis que tous mes confrères étaient dans le même cas. « On » a donc gardé sous le coude le dossier. De toute évidence pour déstabiliser le ministre en charge du dossier des retraites. Peu importe le fond du dossier (Woerth a-t-il été simplement imprudent ou est-il compromis dans une affaire de fraude fiscale ?), ce qui compte, c’est que la caste médiatique dicte l’agenda politique du gouvernement. Et cela ne contribue pas à me rassurer sur l’avenir de notre pays !

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