Courrier - mardi 18 janvier 2011
tunisie
L’année 2011 a commencé, au plan international, par la révolte tunisienne contre Ben Ali qui a conduit au départ précipité de ce dernier.
Je n’avais aucune tendresse pour le bonhomme, mais ce n’est pas sans crainte que je regarde cette situation. Certes, à la différence du cas irakien, ce sont les Tunisiens qui ont pris les choses en main. Et, à moyen et long terme, ce sera sûrement plus efficace que la « démocratisation » irakienne apportée par les bombes américaines. Au moins, dans le cas tunisien, l’éventuelle démocratie à naître ne sera pas un produit d’importation étrangère.
Il reste que ce pays, qui était naguère un havre de paix et de stabilité dans un monde arabe en ébullition permanente, vient de sombrer dans le pillage et le chaos. À l’heure où j’écris (lundi 17 janvier au matin), nul ne peut dire si les différents partis en présence vont parvenir à se mettre d’accord pour constituer un gouvernement d’union nationale, capable d’abord de stopper les pillages et, ensuite, de donner espoir aux Tunisiens, et spécialement à la jeunesse tunisienne.
En revanche, on a vu instantanément un dénommé Rached Ghannouchi, chef plus ou moins désigné des islamistes tunisiens en exil, annoncer qu’il était disposé à intégrer un gouvernement national. Comme s’il allait de soi qu’un homme qui a quitté la Tunisie depuis plus de 20 ans était légitime à la gouverner, dès l’instant qu’il était islamiste !
Dans la foulée, des émeutes viennent d’éclater en Jordanie et les médias disent craindre la contagion à l’Égypte et à la Libye.
Une nouvelle fois, on constate que la « démocratie » dans les pays arabes, ce n’est pas l’occidentalisation ; c’est l’islam radical (comme en Irak, en Algérie, ou dans la bande de Gaza).
Est-il besoin de dire que, si l’ensemble de la rive sud de la Méditerranée passe à l’islamisme, la France a du souci à se faire : pour le terrorisme d’abord, mais aussi pour la recrudescence de l’immigration ?
Il est possible que mon scénario-catastrophe ne voie pas le jour. Je me réjouirais volontiers de me tromper. En attendant, si la chute de Ben Ali est sans doute une bonne nouvelle pour les Tunisiens, je doute qu’elle le soit pour les Français !
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