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La chute du mur et l’erreur monétaire d’Helmut Kohl


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Trémeau Bernard - mercredi 18 novembre 2009

allemagne
Le mur de Berlin est tombé le 9 novembre 1989 sans qu’un coup de feu n’ait été tiré. Bravo Helmut Kohl et surtout bravo Mikhaïl Gorbatchev ! La réunification de l’Allemagne est ainsi devenue possible.

Le 18 mai 1990, au chapitre II, article 5, du traité instituant une union monétaire, économique et sociale entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est, il était prévu : « Les salaires, traitements, bourses, retraites, loyers et redevances de baux ainsi que d’autres paiements périodiques sont convertis au taux de un pour un. Toutes les autres créances et dettes libellées en marks de la République démocratique allemande sont, en principe, converties en deutsche marks au taux de deux pour un. »

Or, les marchés indiquaient clairement que le mark de l’Ouest valait trois fois plus que le mark de l’Est. Helmut Kohl a donc décidé, le 18 mai 1990, de multiplier par trois les salaires ou les retraites de tous les Allemands de l’Est. Certains disent qu’il l’aurait fait pour obtenir ensuite leurs suffrages.
Imaginez que, demain, Nicolas Sarkozy annonce que dorénavant les salaires et les retraites de tous les habitants de Paris et du nord de la France devront être multipliés par trois… C’est strictement impensable.

Même les employés du métro qui se mettent en grève pour être mieux payés ou Martine Aubry, qui est maire de Lille, diraient alors qu’une telle décision est absurde. Et ils auraient raison de le dire.

Et pourtant l’erreur que commettrait ainsi Nicolas Sarkozy en 2009 serait bien moins importante que celle qu’a commise Helmut Kohl en 1989. Car, en 1989, le niveau de développement de toutes les entreprises de l’Allemagne de l’Est avait été pratiquement stoppé par 40 ans d’économie marxiste.

Cette grave erreur a été source d’une importante inflation en Allemagne de l’Est. Quand la demande est brutalement multipliée par 3, et que l’offre ne peut pas suivre, l’inflation corrige le déséquilibre ainsi créé entre l’offre et la demande. Quand on oblige une entreprise à tripler les salaires de ses employés, on contraint l’entreprise à augmenter ses prix. Le Zimbabwe nous en donne le parfait exemple, encore aujourd’hui.

Réunification ratée

Pour tripler leur production, les entreprises ont besoin d’argent afin d’augmenter et améliorer leurs capacités de production et afin d’investir
. Elles ont aussi besoin de temps. Il faut des mois pour construire une usine nouvelle et des mois pour apprendre aux salariés à s’en servir.
Par contre, les entreprises de l’Allemagne de l’Ouest ont vendu immédiatement et massivement leurs produits à l’Est. Elles ont liquidé leurs stocks et elles ont embauché, des Allemands de l’Est en particulier. L’Allemagne réunifiée a ainsi subi une forte inflation. Mais l’Allemagne de l’Est a subi une bien plus forte inflation que l’Allemagne de l’Ouest.

Cette grave erreur a surtout introduit un chômage massif en Allemagne de l’Est. Quand on multiplie par trois les salaires payés par une entreprise, on oblige cette entreprise à vendre bien plus cher ses produits pour rééquilibrer sa trésorerie. Les prix de pratiquement tout ce qui était produit en Allemagne de l’Est sont devenus bien supérieurs aux prix de l’Ouest. La concurrence des entreprises allemandes de l’Ouest est rapidement devenue insupportable. Dépôts de bilan, faillites et chômage ont suivi à l’Est.

Pour s’opposer à ce chômage, il faut introduire la technologie moderne en Allemagne de l’Est, il faut « délocaliser ». Mais une délocalisation coûte cher et nécessite du temps.

Il faut aussi surmonter un deuxième obstacle. Pendant 40 ans, les salariés Est-Allemands ont profité du statut de fonctionnaire non soumis à la concurrence. Brutalement, ils sont devenus les salariés d’entreprises soumises à la concurrence. Ils sont passés de la stabilité à la précarité.
Cette grave erreur d’Helmut Kohl, introduisant l’inflation et le chômage, a donné à la réunification allemande un aspect très négatif qui aurait facilement pu être évité. Il suffisait d’arriver progressivement à la parité entre les marks de l’Est et de l’Ouest.

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En bref
Chiffres significatifs
alimentaire > L’excédent commercial de l’industrie agroalimentaire française a atteint 9,7 milliards d’euros en 2008.

Arabie > Le produit national brut de l’Arabie Saoudite était de 15 440 dollars par habitant.

Résidence > La France compte environ 31 millions de locaux résidentiels, représentant une surface de 2,7 milliards de mètres carrés.

Cliniques > En 2007, le chiffre d’affaires des cliniques privées françaises a augmenté de 4,4 % pour atteindre 9,95 milliards d’euros. Dans le même temps, la rentabilité a un peu baissé, passant de 3,2 % du chiffre d’affaires à 3,1 %.

Dérivés > On estime que le marché des produits dérivés est 12,5 fois plus élevé que le PIB mondial !

Électricité > En 2007, la France a consommé 485 milliards de kilowatt-heures d’électricité !

Tamiflu > Les ventes de Tamiflu, le médicament censé protéger de la grippe A produit par les laboratoires suisses Roche, devraient représenter 2,7 milliards d’euros en 2009 !

Cartes > Le contrat liant le spécialiste des sondages Pierre Giacometti avec l’Élysée s’élève à 43 500 euros par mois. À quoi il faut ajouter 10 000 euros mensuels pour le politologue Patrick Buisson. Au total, le budget « sondages » de la présidence de la république pour 2010 s’élève à 1,4 million d’euros !




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