Lance Pierre - mercredi 28 juin 2006
Décidément, Dominique de Villepin m’enchante, et plus je le vois isolé, plus je tends à le soutenir. Serait-ce mon côté Don Quichotte qui m’inciterait ainsi à me porter auprès d’un capitaine attaqué de toutes parts ? Je crois plutôt que c’est de voir un homme de caractère faire front avec panache à la meute enragée acharnée à sa perte.
Car enfin, voici un Premier ministre qui travaille dur pour tenter de sortir la France de l’ornière et qui utilise avec obstination tous les moyens du bord, traitant chaque jour dix urgences et cent dossiers. Et au lieu de le laisser œuvrer en paix au service de la nation, le consortium des cloportes de toutes obédiences n’a de cesse de lui jeter sous les pieds les peaux de banane qui traînent dans les poubelles de la République. Peut-on s’étonner après cela qu’il se mette en colère ?
Le 20 juin, à l’Assemblée nationale, Dominique de Villepin a perdu son sang-froid. Oui, et alors ? Quant à moi, j’aime assez qu’un homme d’État perde son sang-froid devant la bassesse des démagogues et préfère tout à coup la langue de fer à la langue de bois, révélant qu’il n’est pas un pantin mais un homme de passion, de chair et de sang.
Et le petit Hollande, qui se croyait malin d’agiter le spectre du délit d’initiés de l’EADS, dans lequel Villepin n’a aucune part, s’est pris un soufflet sur le nez qu’il n’avait pas volé. « Je dénonce la facilité, et je dirai même, en vous regardant, la lâcheté, la lâcheté qu’il y a dans votre attitude ! » s’est écrié Villepin hors de lui. Fureur dans l’hémicycle ! Tempête dans un verre de bave ! Les socialistes, drapés dans leur dignité pleine de trous, sortent comme un seul homme et le président de l’Assemblée est contraint de lever la séance. Le lendemain, le Premier ministre viendra exprimer ses regrets (mais non ses excuses) et retirer ses propos, sans doute parce que de fortes pressions se sont exercées sur lui. C’est dommage. Oui, c’est dommage, parce que ce n’est pas tous les jours qu’on ose dire aux socialistes leurs quatre vérités.
Aussi ne me priverai-je pas de leur en asséner ici une cinquième, à savoir que la lâcheté est consubstantielle au socialisme. Au point qu’en associant les deux termes, on frise le pléonasme. Relisez l’histoire de notre pays depuis le début du xxe siècle jusqu’à nos jours, et vous constaterez que la politique socialiste n’a jamais rien été d’autre qu’une longue litanie de lâchetés en tous genres.
La place me manque pour en dresser la liste, mais vous la trouverez dans les manuels les moins falsifiés. Lâcheté devant les dangers extérieurs, lâcheté à l’intérieur devant les revendications les plus irréalistes, lâcheté devant les nécessités de réforme, lâcheté devant l’immigration sauvage et la chienlit des banlieues, lâcheté devant le déficit budgétaire, lâcheté devant les privilèges des fonctionnaires, j’en passe et des pires. Bref, le socialisme, c’est la lâcheté institutionnalisée. Et c’est aussi, bien sûr, la lâcheté politicienne, qui consiste à profiter de toute difficulté du gouvernement pour se mettre à hurler hystériquement : « Démission ! Démission ! »
La lâcheté, hélas, est contagieuse, et force est de reconnaître que trop souvent la droite a épousé la lâcheté socialiste. Mais cette dernière a tellement gangrené le tissu national que montrer du courage politique est devenu un exploit périlleux. La pugnacité de Villepin n’en est que plus admirable. Et certains élus de la droite ne se sont pas fait honneur en lui tirant dans le dos. Ainsi, quand François Bayrou, dont j’approuve parfois les analyses, a déclaré après l’incident « les commandes de l’État ne répondent plus », ce qui était une pure sottise, il a grandement baissé dans mon estime. « Je le redis, la lâcheté », avait martelé Villepin, accusant les socialistes de n’avoir « jamais été au rendez-vous de la politique de la nation ». La nation, kéksékça ?, ont dû penser les socialistes éberlués. Pour eux, la nation doit être une sorte de monstre antédiluvien qu’il convient de noyer au plus vite dans le potage velouté d’une humanité passée au mixer. Le paradis socialiste, c’est le chaos culturel où se rassemble la masse informe des sans patrie, des sans racines, des sans papiers.
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