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Milliere Guy - mardi 22 novembre 2005


J’entends répondre ici aux critiques dont j’ai fait l’objet en ces pages voici quelques semaines :
1. Je ne sais pas ce que c’est qu’être américanophile. Ce mot fait partie du vocabulaire franco-français et n’est pas utilisé hors des frontières de l’hexagone. Je procède à des analyses. Lorsque je parle de la politique américaine, c’est en connaissance de cause, et sur la base de trente ans de présence aux Etats-Unis. Ceux qui me lisent d’une façon autre que hâtive, et qui ont lu les « Écrits » de Ronald Reagan, que j’ai traduit, présenté et annoté, ou mes propres livres, savent que je suis très critique vis-à-vis de Jimmy Carter, à qui nous devons le régime des mollah à Téhéran, ou vis-à-vis de Bill Clinton, à qui nous devons l’impasse d’Oslo au Proche-Orient. Les Etats-Unis ont eu de mauvais présidents, et cela a été grave pour le monde. Ils ont aussi de bons présidents. En France, on préfère souvent les Présidents américains médiocres. Comprenne qui peut.
2. Je me situe aussi sur le terrain des valeurs. Je suis essentiellement libéral. Je me réclame philosophiquement, juridiquement, économiquement, d’une tradition qui remonte à Hugo Grotius, Samuel Püfendorf et John Locke, qui passe par Thomas Jefferson, Frédéric Bastiat, et se prolonge chez Friedrich Hayek ou Thomas Sowell. Je pense que les êtres humains ont des droits naturels et sont égaux en droit, je pense que la forme optimale de gouvernement est la « rule of Law » lockéenne et, selon la formule de Turgot, « laissez faire, laissez passer », que l’économie fonctionne de manière optimale par la liberté d’entreprendre et d’échanger.
3. Je n’ai pas oublié mes leçons de géographie, pas davantage que mes leçons d’histoire. Depuis que j’ai quitté l’école primaire, je me suis simplement frotté à diverses disciplines dont l’analyse géopolitique et géostratégique. S’il y a de « nouveaux géographes », ils s’appellent (entre autres) Thomas Sowell, David Landes, L.E. Birdzell, Richard Pipes, Paul Johnson ou Michael Novak.
4. Pour qui veut comprendre correctement l’empire ottoman et la Turquie moderne, je conseille des lectures approfondies et des recherches. Le scrupule intellectuel apprend l’humilité et montre qu’on ne peut traiter de questions complexes avec des réflexes simplistes. Je conseille la lecture de Bernard Lewis, Daniel Pipes, Michael Rubin, Soner Cagaptay, Guenter Lewy, Andrew Mango, et c’est un minimum. Je n’ai strictement rien à dire à quiconque se situe sur le terrain de l’opinion. Je n’ai pas d’opinion sur quoi que ce soit depuis longtemps.
5. Je pense qu’il n’y aura jamais d’Europe puissance : je m’en explique de façon précise et argumentée dans « Le futur selon Bush ». Ce n’est, encore une fois, pas une opinion. La mondialisation fonctionne en réseaux et implique une réorganisation où l’optimalité se situe à l’échelle globale et à l’échelle locale : les constructions pyramidales telles l’UE sont vouées à l’obsolescence. Raisonner à l’échelle de l’Europe ne fait plus sens. Et ce sera toujours davantage le cas. J’explique dans mon dernier livre que le paradigme aujourd’hui est, comme l’ont montré Peter Drucker ou George Gilder, celui de la « société ouverte » et de la connexion.
6. Les manuels de stratégie les plus rudimentaires expliquent qu’il faut unir son camp et diviser l’adversaire. Raisonner en se déclarant en guerre contre tout l’islam ou dire que tout l’islam est en guerre avec l’Occident permet des succès oratoires faciles, mais conduit à l’imbécillité stratégique. On ne peut, de surcroît, utiliser des concepts gros et massifs comme des dents creuses : cela ne remplace pas la confrontation à la complexité du réel qui, certes, demande davantage de temps. Je tiens au respect de la connaissance. Rien ne remplace l’étude.
7. Je laisse les injures dont on m’a couvert de côté. Je jouais ce genre de jeu quand j’avais sept ans, depuis, je suis devenu adulte… Les émeutes récentes (et ce que j’appellerai le « désastre français » dans lequel nous sommes) permettent de voir où mènent le simplisme intellectuel, et l’absence de réflexion géopolitique, de réformes économiques et de pensée planétaire : on sème du vent, dirai-je, et on récolte la tempête. J’écris pour faire savoir et comprendre, et pour débattre avec quiconque ne considère pas que la connaissance est inutile : le reste ne m’intéresse pas.


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«Qu’on le veuille ou non, la France est au bord de la banqueroute !» François Bayrou

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LIBÉRALISME «L’ultralibéralisme n’a rien à voir avec le libéralisme politique. Pour lui, la démocratie est dangereuse, car elle permet à l’État d’intervenir dans l’économie et aux syndicats d’introduire des rigidité dans le marché du travail…» Jacques Valier, Professeur à Paris X-Nanterre

PRIMAIRES «Le vote des militants, c’est la meilleure façon de désigner le pire candidat !» François Goulard, ministre délégué à la Recherche

LOGEMENT «Un bien aussi nécessaire que le logement ne peut être dans les mains de spéculateurs. La solution, c’est la réquisition !» Albert Jacquard, président de Droit au Logement

ADOPTION «Je suis favorable à l’adoption par un couple de même sexe. Et ce pour la protection de l’enfant !» Nadine Morano, député UMP de Meurthe et Moselle

CONTRADICTION «Il faut être pragmatique et ne pas réduire la politique à deux concepts prétendument antinomiques : la rupture et la continuité…» Jean-Louis Borloo

INTÉGRATION «On parle beaucoup de la faillite du modèle républicain d’intégration. C’est absurde ! Il est mort depuis longtemps. C’est le modèle post-républicain de la communauté éducative super sympa et immergée dans le social, qui prend l’eau. Modèle hélas indestructible, car il se nourrit de ses fiascos…» Alain Finkielkraut, essayiste

SILENCE «Pour nous faire taire, il faudra nous fusiller !» Bruno Gollnisch, délégué général du Front national




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