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La crise. Qu’en penser ? |
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Lambert Christian - mercredi 25 février 2009
Plus on parle de la crise, moins on y voit clair, pour cette raison que l’on cache une réalité d’une extrême complexité. En fait, la cause fondamentale de cette descente aux enfers est simple. C’est, consciemment ou non, l’application de l’idéal marxiste : « A chacun selon ses besoins. »
« Pourquoi n’aurais-je pas une belle maison, une belle voiture, une belle guitare ? J’y ai droit. Mais je n’ai pas un sou pour les acheter… » Qu’à cela ne tienne, les banques prêteront ce que vous voulez. Vous rembourserez plus tard et si, finalement, vous n’êtes pas en mesure de rembourser, la commission de surendettement, pour ce qui est de la France, remboursera à votre place avec l’épargne du contribuable travailleur et économe. Pas de souci.
C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, notamment, furent distribués aux classes défavorisées, en majorité des noirs et des latinos, des milliards et des milliards de dollars. Le social était respecté, oui, mais ni le bon sens, ni la prudence. On connaît la suite.
En France comme aux Etats-Unis, l’omniprésence de la publicité médiatique pousse chaque jour à acheter et à payer plus tard, et ça continue. On a commencé par dire que la crise frapperait l’Amérique mais pas la France où « le système bancaire est très solide ». Puis, en un deuxième temps, on a appris que la crise était grave. Et aujourd’hui on entend qu’elle est très, très grave. Le pire du pire est annoncé par certains qui n’en sont pas moins informés et pertinents. Ils décrivent un scénario-désastre sans précédent : fermeture des banques, fin de l’euro, ruine générale des particuliers et des entreprises, faillite des Etats. Les fonctionnaires et les forces de l’ordre, quelles qu’elles soient, ne sont plus payées. L’insurrection est générale. Il n’y a plus de carburant, plus d’électricité, plus de transport. La famine s’installe et pourquoi pas ? la peste et le choléra. On se retrouve tous au Zimbabwe.
Cette prévision a quelque chose de logique. Mais, pour ma part, je n’y crois pas. Le patrimoine des nations n’est pas seulement financier, il est aussi constitué de richesses concrètes. On ne reviendra pas à l’âge des cavernes. La crise prendra fin, mais quand ? Là est la vraie question. Dans trois à cinq ans à partir d’aujourd’hui ? Les effets de la grande crise de 1929 n’ont été effacés qu’en 1952, en 23 ans ! On sait qu’il est beaucoup plus facile de supprimer un million d’emplois que d’en créer un autre. Pour cela, il faut une croissance de 2 à 3%. On en est loin maintenant. Mais on finira par s’en sortir.
La vérité, dussé-je me répéter, est que si l’on dépense plus que ses fonds propres – particuliers et entreprises – on se place en position vulnérable et précaire. La vérité est que l’esprit de jouissance ne doit pas toujours l’emporter sur l’esprit de bon sens. La vérité est que l’on n’a pas besoin de trois véhicules par famille, de vacances à répétition, à la mer, à la montagne, aux Caraïbes, au Costa Rica, au pôle Nord, au pôle Sud et sous l’Equateur. C’est ce qu’on appelle la surconsommation, la grande cause de la crise.
A ce propos, j’ouvrirai une petite parenthèse. Pour ce qui est des Caraïbes, évitez, chers lecteurs, les Antilles françaises. Allez plutôt sur les îles voisines, Saint-Vincent et Grenadines par exemple. Les rivages, m’assure-t-on, y sont aussi attrayants, les populations de même nature, mais le climat social y est bien meilleur, parce que, là-bas, il n’y a ni CGT, ni, comme on dit en français, « lyiannaj kont pwofitasyon » (?).
La vérité est que, sauf une grande chance au loto, il faut travailler pour gagner et épargner et ne pas tout attendre d’un Etat-providence qui, à force de bontés électoralistes, est en faillite. On ne peut distribuer ad vitam aeternam des milliards à ceux qui ne font rien d’autre que de regarder la télévision et s’amuser dans les « quartiers » en vendant de la drogue pour acheter des munitions afin de tirer sur les forces de l’ordre et aussi de l’essence pour incendier les voitures.
C’est ce qu’on appelle l’ordre démocratique et républicain ! Et ceci pas seulement en France continentale mais aussi dans ces « isles » lointaines, les très chers confettis de l’empire disparu où brillent sous le soleil des tropiques les sigles magiques : RMI, RTT, RSA et bientôt, pour tout simplifier, le « EPNRF » (être payé à ne rien faire). Sait-on que ces « isles » de rêve coûtent chaque année aux contribuables français 7 milliards d’euros nets. Ce qui fait cher de la banane, alors qu’avec deux fois cette somme, on aurait pu améliorer les moyens d’accès à la capitale et supprimer l’enfer quotidien de banlieusards qui, eux, travaillent.
Ceci dit, il ne faut pas oublier qu’avant même la crise, l’état de la France était déjà déplorable avec les dépenses publiques les plus élevées du monde développé (54% du PIB), un Etat surendetté (66% du PIB) et une fiscalité record (45% du PIB).
Alors que le plan de relance de toutes les nations importantes inclut une baisse sensible des impôts (aux Etats-Unis pour 95% des contribuables), en France, le levier fiscal sera peu utilisé avec cette idée d’alléger les impôts de ceux qui n’en paient pas. Je rappelle que les 67 milliards d’euros de prélèvements obligatoires que Nicolas Sarkozy avait, pendant sa campagne, promis de supprimer sont complètement oubliés.
En revanche, tout le monde s’acquittera de la demi-douzaine de taxes nouvelles créées depuis l’élection du chef de l’Etat, en attendant toutes les autres. On sait que la politique des dirigeants de la France est d’augmenter constamment la dépense publique et corrélativement les impôts, le contraire d’une saine gestion. Dans ces conditions, le déficit annuel sera de 80 milliards d’euros en fin d’année et, comme vient de le révéler le président de la Cour des comptes, la dette déjà colossale du pays augmentera de 200 nouveaux milliards d’euros en 2010. Elle friserait alors les 80% du PIB, voire davantage. Quant à la sécurité sociale, n’en parlons pas. A soigner gratuitement toute la misère du monde et tous les immigrés, on en est pour 2008 à 15 milliards d’euros de déficit.
Il y a pire sur la planète, me dit-on. C’est peut-être vrai, mais, pratiquement, les intérêts de la dette française, c’est tout de même 44 milliards d’euros par an. En 2010, ce sera 54 milliards. Pour les trois dernières années, cela fait plus de 100 milliards. Eh bien, avec 100 milliards d’investissements, on aurait pu améliorer la vie quotidienne et le pouvoir d’achat des Français et que l’on ne vienne pas nous dire que ce triste bilan, c’est la faute à Voltaire, la faute à Rousseau, au grand capital, à l’esclavage, au colonialisme, au fascisme, à l’impérialisme…
Les choses sont beaucoup plus simples : c’est la faute à une mauvaise gestion et à une démagogie permanente, ainsi qu’à un aventurisme financier affairiste tous azimuts, pratiqués depuis plus de 30 ans par des politiciens sans courage qui finalement cèdent à toutes les revendications syndicales et raciales.
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Travailler plus
«On avait dit : « Il faut travailler plus pour gagner plus », mais, avec la crise actuelle, j’ai l’impression qu’on sera beaucoup plus à travailler moins !»
Julien Courbet, journaliste
SIC
Dalaï-lama «Avec sa valse-hésitation à propos du Dalaï-lama, Nicolas Sarkozy a perdu sur les deux tableaux : la France n’est plus respectée pour son message sur les droits de l’homme et les Chinois nous méprisent !»
Pascal Bruckner,
écrivain et journaliste
Crise «La crise n’est certainement pas l’échec du libéralisme, mais l’échec des mécanismes actuels de régulation et d’intervention de l’État dans un secteur qui est pourtant déjà très régulé, le secteur bancaire.»
José Maria Aznar,
ancien Premier ministre espagnol
Relance «Si nous avions fait une relance par la consommation, comme beaucoup l’ont demandé, nous aurions stimulé l’achat de produits importés, autrement dit subventionné la production et les emplois des autres, au lieu de sauvegarder les nôtres.»
Henri Guaino,
conseiller de Nicolas Sarkozy
Banquiers «Les banquiers ont confisqué sur un mode légal, honnête et non violent, une partie de la richesse du monde.»
Jacques Attali
Travail «On ne peut plus augmenter le coût du travail en France !»
Jean-René Buisson, négociateur patronal sur les retraites
Faiblesse «Le péril qui guette la nation depuis quelques siècles, c’est toujours, malgré les rodomontades, la faiblesse du pouvoir exécutif !»
Max Gallo, historien |
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