de Beaufort Hubert - lundi 08 août 2011
dette
Après de longs face à face, Républicains et Démocrates ont enfin conclu un compromis qui évite au trésor américain la cessation de paiement. Certes cette mesure permet au président Obama de faire fonctionner la première puissance mondiale, mais au prix d’une perte de prestige lourde de conséquence géopolitiques.
Le trésor permettra aux USA de s’endetter davantage jusqu’en 2013, moyennant la promesse d’effectuer de sérieuses économies budgétaires et celle de ne pas alourdir la pression fiscale, qui, rappelons-le, ne représente que 35 % du PIB, contre… 45 % en France et 40 % pour la moyenne européenne.
Rappelons que la dette américaine représente plus de 14 000 milliards de dollars soit près de 100 % du PIB : c’est beaucoup, lorsque une bonne partie de cette dette est souscrite par une Chine qui veut disputer aux USA leur suprématie, lorsque l’on doit encore assumer deux guerres, lorsque le Moyen Orient reste une poudrière, lorsque l’allié européen doit lui aussi faire face à une crise de l’endettement qu’il peine à résoudre.
Devant l’incertitude, de l’avenir les bourses souffrent, la confiance des citoyens occidentaux est ébranlée avec un chômage qui perdure et une croissance anémique.
« la bombe à retardement de l’oncle Sam »
Alors que nous avons à faire face au défi de la crise économique et des crises géopolitiques, les politiques continuent de se réfugier dans leurs joutes traditionnelles comme si les ébranlements du monde restaient des évènements de second ordre.
L’histoire montre malheureusement combien sont rares les dirigeants qui montrent de la lucidité devant les orages géopolitiques qui se profilent : Churchill et De Gaulle restaient incompris face à des Daladier et des Chamberlain qui privilégiaient les débats internes aux prospectives géopolitiques pourtant essentielles. C’est le désastre du 10 mai 1940 qui permit à ces deux personnalités d’acquérir le pouvoir.
Cette triste référence devrait faire comprendre aux minorités qui paralysent les réformes permettant de faire face aux défis du XXIème siècle, qu’elles ne font que rendre encore plus difficile la résolution des urgences.
Les Tea Parti ne résorberont ni l’islamisme belliqueux, ni le chômage, ni les conséquences des guerres en cours.
De l’autre côté de l’Atlantique, le toujours plus d’impôts ne fera qu’affaiblir une production de richesses industrielles qui s’est réduite de 50 % en 25 ans.
Dans Le Figaro, Yves de Kerdrel, quant à lui, sonne le tocsin avec un titre alarmiste « la bombe à retardement de l’oncle Sam ». Il rappelle que la dette totale de l’Etat, des entreprises et des ménages atteint 375 % du PIB, alors qu’elle n’était que de 270 % en 1929 ! Il souligne aussi que la dette personnelle du ménage américain est de… 75 000 dollars, avec un salaire médian de 1 560 dollars par mois.
Avec les conflits géopolitiques du Moyen Orient en supplément, on comprend qu’Yves de Kerdrel espère pour les USA une présidence charismatique qui désamorcera la bombe de la dette. Michel Rocard, dans Les Echos, tient un discours de même teneur.
Il est vrai qu’après de lentes maturations, les grands conflits éclatent brutalement comme ce fut le cas en 1940, suite à la crise économique de 1929.
Servons nous des leçons et de sacrifices de nos anciens pour retrouver la lucidité et le courage pour résoudre les crises de notre époque pendant qu’il est encore temps.
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