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La crise de l’euro et celle de l’Union européenne


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Courrier - mercredi 02 juin 2010

euro
Une fois encore, le pire a été évité de justesse ; mais combien de temps cela pourra-t-il encore durer ? Pourtant, si l’on voulait bien la voir telle qu’elle a été, la crise grecque se trouve être un fabuleux révélateur de la fragilité, pire, du mal qui gangrène aujourd’hui les nations européennes.
Face aux appels désespérés à la solidarité communautaire, le beau rêve bleu étoilé de construction européenne s’est dissipé, laissant place au monde des réalités, celui des nations souveraines et des peuples bien conscients de leurs intérêts.

Tant et si bien que certains supposèrent même que la Grèce allait être le premier pays à sortir de l’euro afin de retrouver la maîtrise de sa politique monétaire. Malheureusement, l’espérance ne dura qu’un temps et le dogme bruxellois veillait : le message constant des européistes étant d’expliquer que le « retour en arrière est impossible », comment envisager de donner la preuve du contraire ?

Il fallait dès lors s’employer à sauver par tous les moyens possibles l’euro, aidé en cela par une Allemagne qui, d’abord réticente, ne sait que trop bien les avantages monstrueux qu’elle a à maintenir les capitales européennes sous la chape de plomb de la monnaie unique.

Selon un bon vieux principe qui n’aurait pas déplu à Hobbes, si ce n’est pas le désir de sauver Athènes qui peut être le moteur de ce nécessaire « élan du cœur », seule la peur permettait d’obtenir pareil résultat. Or un tel sentiment n’est pas bien difficile à inspirer. Alors les erreurs d’un seul exigent des sacrifices consentis par tous. C’est ainsi que, contraints et forcés, des États surendettés ont mis la main à la poche pour se­courir un autre État surendetté.

La vérité est que tous les plans d’austérité ne changeront rien au fond du problème : la balance commerciale de la plupart des pays est aujourd’hui, du fait de l’euro, tellement déficitaire qu’il conviendrait d’y baisser chaque année les salaires de près de 10 % si ces pays ne voulaient pas voir leur situation se détériorer encore.

Seule gagnante de ce jeu de massacre, l’Allemagne a acquis, sur le marché « zone euro » un tel avantage qu’elle semble intouchable !

Dans de telles conditions, qui peut encore croire que la crise est passée et que l’avenir ne s’annonce pas encore plus sombre que le présent ?
Selon les mots mêmes de Nicolas Sarkozy, « cette crise est une crise systémique ». Mais, si la crise touche le système tout entier, c’est que le système n’est pas adapté à la situation.

La monnaie unique s’est trouvée menacée par la première difficulté advenue sur sa route car elle ne correspond à aucune réalité tangible et solide. Elle a mis sur pied un système débile au sens étymologique du terme, c’est-à-dire un système infirme et incapable :

– Infirme, car l’euro a été conçu comme une monnaie unique coupée de toute politique économique commune. Or, la monnaie est un outil de gouvernement et non une fin en soi. Contrairement à ce que croient les « marchands du temple », une monnaie ne fait pas une nation, mais les nations doivent battre leur monnaie.

– Incapable, puisque la maladie est congénitale car elle est le fruit même de l’idée de construction européenne. Celle-ci est en effet basée sur la folle chimère d’une politique européenne unique. Or chacun sait aujourd’hui qu’il ne peut y avoir de politique européenne unique car il n’y a pas de légitimité européenne découlant d’une réalité forte et partagée par tous les peuples européens. Les réalités du continent européen, sont celles de nations européennes, d’une diversité des histoires, des langues et des cultures. La légitimité politique y est forcément multiple et propre au caractère de chaque nation.

Comment ne pas voir aussi le mensonge et la lâcheté qu’il y a chez nos hommes politiques à accuser « les spéculateurs internationaux » d’être les uniques responsables de cette crise.

Car cette crise n’est pas une crise économique ou financière, c’est avant tout une crise du politique : à force de ne plus gouverner et de se défausser sur les organisations supranationales, les politiques sont incapables de protéger leurs peuples.

Ce drame, c’est celui d’un monde qui ne reconnaît ni frontière ni nation, dans lequel les gouvernants se bornent à constater, à communiquer et à adopter des postures masquant la véritable imposture…


Gaël Nofri

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Bien qu’il soit nettement orienté à gauche (ou à cause de cela ?), « Le Monde » est le quotidien le plus lu des élites financières : la part d’audience du quotidien « de référence » atteint en effet 10,5 % dans la population des cadres et dirigeants (3,7 millions de personnes) et même 11,7 % parmi les personnes appartenant aux 8 % de foyers les plus riches (4,6 millions de personnes)…

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Femme actuelle > En moyenne, à la fin de l’année 2009, 927 420 exemplaires de l’hebdomadaire féminin « Femme actuelle » étaient vendus chaque semaine (contre 1 163 444 exemplaires vendus à la fin 2005). À la fin 2009, l’hebdomadaire, publié par Prisma Presse, était lu par 4,36 millions de Françaises.

Marie-Claire > En 2008-2009, la diffusion France payée du mensuel féminin « Marie-Claire » a baissé de 2,7 % pour s’établir à 415 420 exemplaires.

Gannett > Le principal groupe de presse américain, Gannett (éditeur notamment du quotidien « USA Today », diffusé à 2,1 millions d’exemplaires chaque jour, mais aussi de plus de 80 autres quotidiens !), a réalisé un chiffre d’affaires de 6,7 milliards de dollars en 2008.

Prisa > Le groupe de presse espagnol Prisa, éditeur notamment du quotidien madrilène de centre gauche « El Pais », lourdement endetté (plus de 5 milliards d’euros), a vendu 25 % du capital de sa filiale Santillana, spécialisée dans l’édition scolaire, pour 279 millions d’euros.

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