de Beaufort Hubert - vendredi 17 février 2012
dette, chine
Nous devrions accepter cette réalité historique que l’Histoire est rarement morale. Le présent et l’avenir des civilisations dépendent de leur degré d’adaptation : on pourrait presque dire qu’elles obéissent aux lois de Darwin.
La religion catholique l’admet de façon indirecte lorsque les évangiles rapportent cette parole du Christ : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. ».
Si nous nous référons à ces réflexions philosophiques, c’est que l’Occident, encore pétri de sa suprématie durant ces deux derniers siècles, pense avoir trouvé une nouvelle jeunesse dans ses campagnes pour la morale et la démocratie.
Malheureusement la géopolitique doute de ces bonnes intentions, (l’enfer en serait pavé), et des déclarations de nos Pharisiens modernes. Durant les derniers entretiens de Davos un dirigeant d’une entreprise chinoise a résumé en ces termes l’opinion de Pékin concernant notre continent : « L'Europe est finie, les entreprises européennes ne valent pas nos investissements. »
Le public, majoritairement européen, a semblé interloqué. Que voulait faire entendre, dans cette phrase provocatrice, un représentant d’un pays d’un milliard et demi d’habitants, dont la croissance frise les 9 % annuels ?
A notre sens le message était double :
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« Depuis un quart de siècle, vous vivez au dessus de vos moyens en vous endettant sans produire et en faisant croire que la chasse aux riches permettra de remplir les caisses ».
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« Vos croisades pour la démocratie dans les mondes arabes et africains oublient que l’essor économique de la Chine n’a été possible qu’avec une campagne continue pour une natalité contrôlée. Votre discours est creux, les révolutions réclament du pain ».
Un défi à relever
Certes la Chine ne peut s’instituer en modèle des droits de l’homme et de la femme, mais son exemple oblige à s’interroger sur les dérives de notre vocabulaire bien pensant faisant oublier que les civilisations sont mortelles.
Les empires égyptiens et romains se sont effondrés devant des envahisseurs dont la morale était inférieure, car leur sociologie n’était plus adaptée à leur époque avec la demande de leurs peuples demandant « panem et circenses », « du pain et des jeux ».
L’histoire semble se répéter dans une partie de l’Europe, à commencer par la Grèce aujourd’hui, et pour combien d’autres demain, à commencer par la France soumise à une vertu allemande qui acquiert par sa puissance économique ce que les armes ne lui avaient pas permis…
Mais l’Europe se retrouve et se retrouvera solidaire face à la mutation géopolitique d’un Moyen-Orient de 500 millions d’habitants qui cherchent souvent l’espérance dans un intégrisme fanatique et conquérant.
Nous avons un défi à relever : comment répondre à ces mutations géopolitiques ? A contre-courant, peut-être, notre réponse géopolitique sera de penser que les révolutions sont faites par les peuples sans intervention extérieure. Ce fut le cas des révolutions de 1789, de 1917, des révolutions chinoises, etc. Une action extérieure ne peut changer le cours de l’histoire. Par contre il faut se préparer aux conséquences de ces révolutions.
En 2012, notre priorité va d’abord au redressement de la France et à celui de l’Europe, ensuite à une surveillance du Moyen-Orient, enfin la recherche d’un rapprochement avec la Russie, grand pays européen en contact direct avec la Chine, l’Orient et l’Extrême Orient.
Nous n’avons pas droit à l’erreur, chers lecteurs, chers auditeurs : lucidité et détermination seront indispensables en 2012.
Hubert Beaufort,
Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame
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