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La crise et la déchéance européenne |
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Milliere Guy - mercredi 30 novembre 2011
Voici un siècle, l’Europe dominait le monde. Nul n’y imaginait que viendrait la chute. Celle-ci est née de conflits entre nationalismes qui ont conduit à la Première guerre mondiale. Celle-ci a saigné l’Europe à blanc, mais les leçons n’ont pas été tirées.
Ont suivi la montée du fascisme, du communisme soviétique et du nazisme, puis une Deuxième guerre mondiale. L’Europe était alors dans les décombres et marquée au fer rouge de la honte. Les leçons ont semblé tirées, mais elles ne l’ont, en fait, pas été. Le nationalisme est devenu tabou et on a voulu enterrer avec lui l’histoire et l’identité des peuples.
Le fascisme et le nazisme ont été excommuniés, mais pas le communisme, ce qui a empêché toute analyse d’ensemble du danger totalitaire. La démocratie a été présentée comme un danger et une force à juguler, tout comme l’économie de marché.
La construction européenne s’est faite sur ces bases. Elle a eu, d’emblée, des dimensions planistes et dirigistes. Elle s’est accompagnée de la mise en place d’une élite dirigeante et d’un déficit démocratique qui sont allés croissants.
Les populations ont été emportées vers une expérience qui leur promettait le bonheur collectif, un avenir radieux et une prise en charge du berceau au tombeau. Des États-providence ont été édifiés pour accomplir cette prise en charge. Le tout devait culminer dans une vaste union politique contrôlée par l’élite.
La monnaie unique devait venir parachever la construction de l’Europe puissance. L’union politique n’a pas vu le jour, mais la monnaie a tout de même été créée, comme un moyen de forcer le passage à l’union politique. Tout a semblé fonctionner jusqu’à ce que les dysfonctionnements, anticipés par de nombreux économistes, se produisent.
La crise actuelle de l’Europe est celle de l’euro, et on ne redira jamais assez l’arrogante absurdité qui a consisté à mettre en place une monnaie unique pour des économies diverses. Faute de pouvoir dévaluer les monnaies grecques, espagnoles, italiennes, portugaises, il ne reste pour variables d’ajustement que le chômage, les restrictions budgétaires et les ponctions fiscales, sans le moindre espoir pour les pays concernés de retrouver le chemin de la croissance. La Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal sont condamnés à une récession permanente.
Faute de pouvoir faire autrement, l’Allemagne paie, pour le moment, mais quels que soient les paiements consentis, ils ne feront que différer le glissement vers le gouffre. Le fonds prévu pour combler les dettes des pays les plus endettés était très insuffisant dès le moment où il avait vu le jour ; il l’est plus encore aujourd’hui.
Permettre à la Banque centrale européenne de racheter les dettes des pays ouvrirait la porte à l’inflation et à une dévaluation sans fin de l’euro dont l’Allemagne et les pays nordiques ne veulent à aucun prix. Créer de force l’union politique sous l’égide de l’Allemagne, et faire des pays du Sud des protectorats, ne pourrait aller sans révolte des peuples contre ceux qui les assujettissent au terme d’un engrenage auquel ils n’ont pas vraiment consenti.
La crise de l’Europe est celle d’un absolutisme technocratique et constructiviste pratiquant la fuite en avant.
Elle est aussi celle des États-providence : la prise en charge des uns est payée par les autres. Vient toujours un moment où ceux qui paient cherchent à moins payer et à s’évader, ce qui aujourd’hui est très facile.
Vient, en même temps, un moment où le nombre de ceux qui sont pris en charge s’accroît au-delà des capacités de paiement des gouvernements, et ceux-ci alors s’endettent. Quand l’endettement devient hypertrophique, les créanciers s’inquiètent et le dépôt de bilan s’approche.
Il s’approche d’autant plus en Europe que la dénatalité et le vieillissement des populations gagnent du terrain.Un nombre croissant de pays d’Europe en est réduit à la mendicité.
Les circuits financiers ne leur font plus confiance, à juste titre. Il reste à ces pays à tendre leur sébile vers les pétromonarchies arabes ou vers la Chine, qui ne feront pas la charité inconditionnellement.
La dénatalité et le vieillissement touchent aussi l’Allemagne et les pays nordiques, qui épargnent, en sachant que le crépuscule vient. Voici un siècle, l’Europe dominait le monde. Elle connaît aujourd’hui la déchéance.
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NUCLÉAIRE
L’Institut Montaigne évalue à quel - que 124 milliards d’euros le coût de la réduction de la part du nucléaire dans l’électricité française de 75 % à 50 % d’ici 2025 (engagement de François Hollande avant l’accord avec les Verts).
Chiffres significatifs
RSA > 68 % des Français sont favorables à l’expérimentation d’une obligation de travailler 7 heures au service de l’intérêt général pour les bénéficiaires du RSA.
TRAIN > Un TGV sur quatre a plus de 5 minutes de retard à l’arrivée. Au contraire, 90 % des TER ont moins de 5 minutes de retard.
TIMBRE > Le timbre le plus cher reste le timbre d’un franc vermillon de 1849, qui s’échange autour de 95000 euros.
MARCHAIS > La « banlieue rouge » de Paris persiste dans le stalinisme : la ville de Champigny, où Georges Mar - chais a habité 30 ans, a décidé, le 16 novembre dernier, de créer une place à son nom. CRISE > 68 % des Français pensent que les politiques peuvent résoudre la crise.
29 % pensent, au contraire, que les politiques « ne peuvent pas faire grand-chose ».
DETTE > Pour payer sa dette à 10 ans, la France a accepté, le 17 novembre, de payer des intérêts de 3,636 %. Loin devant les 1,892 % payés par l’Allemagne, mais loin aussi de 6,975 % payés par l’Es - pagne.
COMPTES > 70 % des requêtes formulées depuis le début de l’année par la France à - d’anciens « paradis fiscaux », concernant les avoirs de Français, attendent toujours une réponse. Quant aux 30 % qui ont obtenu des réponses, elles concernent souvent des informations déjà connues des autorités françaises. |
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