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La crise et les Etats : bulletin d'alerte


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Pince Gérard - lundi 15 février 2010


La nouvelle dégringolade des bourses résulte des difficultés budgétaires des pays de la zone euro (Grèce, Portugal, Espagne etc.) et des incertitudes concernant la reprise de l’économie occidentale, en dépit d’une multitude d’indicateurs trafiqués. Par exemple, on nous annonce que l'économie américaine a détruit 20.000 emplois en janvier, et que le taux de chômage a néanmoins baissé !

A cela s’ajoute le sentiment que le pouvoir politique raconte n’importe quoi : Lors du dernier G20, les gouvernements recommandaient la poursuite de politiques monétaires et budgétaires laxistes. A présent, ils veulent faire marche arrière. Dans ce contexte, les peuples, intoxiqués par la drogue de l’assistanat, n’y comprennent plus rien et refusent toute politique restrictive. Dès à présent, les Grecs se préparent à la grève générale !

Comme les banques ont joué en bourse avec l'argent des contribuables, leurs fonds propres sont en train de fondre au rythme de la chute des cours et il pourrait en résulter une nouvelle crise bancaire. Qui leur viendra en aide pour sauver les déposants ? Certainement pas les gouvernements qui sont tous hyper-endettés. Je présume que les banques centrales vont encore faire marcher la planche à billets ce qui devrait se traduire théoriquement par une forte inflation.

On peut aussi imaginer que les autorités sacrifient les déposants comme cela s’est passé en Argentine, mais je n’y crois pas. Dans le cas de ce pays, les gros possédants avaient déjà exporté leurs capitaux à l’extérieur et seules les classes moyennes ont été prises au piège. Dans le cas présent, des faillites bancaires auraient un effet systémique dans le monde entier et l’oligarchie serait donc la première victime d’un gel des dépôts et de la chute de la valeur des actifs consécutive à une dépression généralisée (sans même parler du risque politique).

L’émergence d’un monde imprévisible

Le risque inflationniste me parait donc le plus probable. Pour le moment, il reste invisible parce que le chômage réduit les dépenses tandis que les produits chinois, toujours plus nombreux et moins chers, limitent les hausses de prix des produits de base. On observe néanmoins une inflation galopante au niveau des rémunérations des hyper riches (bonus, retraites chapeau, salaires des footballeurs et du show biz), de l’immobilier de luxe, des chambres d’hôtels dans les cinq étoiles (500 euros la nuit !) et des enchères atteintes par des objets d’art qui permettent d’échapper à l’ISF.

A défaut de créer des emplois, les plans de sauvetage et les ressources des banques centrales ont en effet profité à l’oligarchie qui s’est littéralement gavée. La majeure partie de ce butin étant épargnée, l’inflation est en quelque sorte congelée, mais lorsque ces encaisses improductives se déverseront sur les marchés, elles provoqueront une hausse générale des prix. J’avance cette explication avec prudence car les théories classiques deviennent sans valeur face à la brusque émergence d’un monde imprévisible. De même, à moins de consulter une boule de cristal, il est impossible de conseiller les épargnants. Vous pouvez toujours vous reporter au site la « crise au quotidien » qui reste un guide utile (1).

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