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La crise géorgienne et l’avenir du monde


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Milliere Guy - mercredi 03 septembre 2008

russie, etats-unis
Les crises internationales constituent, souvent, des révélateurs mettant au jour de façon flagrante des problèmes plus vastes. La crise géorgienne joue ce rôle et on peut faire ici quelques constats.

1. Les États-Unis sont la seule force effective de stabilisation sur la planète aujourd’hui. Pour peu qu’ils soient en position de relative faiblesse, autocrates et dictateurs en profitent souvent pour pousser leurs pions. La présidence Bush s’achève, le pays est à deux mois d’une élection majeure, les principaux protagonistes de l’élection en question doivent prêter attention à chacun de leurs actes et de leurs déclarations. Poutine et Medvedev ont pensé que le moment était opportun…

Ceux qui, pour les années à venir, souhaiteraient que les États-Unis soient moins présents, moins interventionnistes, moins déterminés devraient en tirer des conclusions évidentes. Les Nations unies sont un cénacle largement inutile, corrompu et impuissant qu’utilisent les ennemis de la liberté.

2. La Russie n’est pas seulement un pays qui a renoué avec l’autoritarisme. C’est un pays qui fonctionne sur un mode fasciste, comme la Chine, comme l’Iran, comme le Venezuela – tous pays qui sont présentement ses alliés.

Les pays fascistes ne se contentent pas de détruire le droit au sein de leurs propres frontières. Ils ne supportent pas l’existence du droit à l’extérieur de leurs frontières et sont toujours prêts à s’engager dans des aventures conquérantes et destructrices. La Russie ne peut s’accommoder d’une Géorgie libre sur son flanc sud : elle n’a cessé d’attiser des séparatismes artificiels en Abkhazie et en Ossétie du Sud, avec pour objectif d’une part, de détruire la démocratie géorgienne ; d’autre part, de mettre la main sur les pipelines et gazoducs reliant la Caspienne et la mer Noire. Elle ne peut s’accommoder non plus d’une Ukraine libre. Au-delà de la Géorgie et de l’Ukraine, ce sont tous les pays d’Europe et d’Asie centrale qui sont menacés par ce qu’on appelait, au temps de Staline, une « finlandisation ».

On ne peut coexister durablement avec un régime fasciste. On ne peut coexister provisoirement avec un régime fasciste qu’en lui montrant nettement et fermement les limites à ne strictement pas franchir sous peine de déclencher la foudre. Ceux qui diraient le contraire tromperaient leurs auditeurs, sans parler d’eux-mêmes. La coexistence durable avec la Russie actuelle est impensable. Laisser agir la Russie serait un signal reçu par tous ses alliés, dont j’ai donné la liste un peu plus haut.

3. L’Union européenne est un ensemble crépusculaire, sans certitudes et sans volonté, ce qui est dans la logique d’une institution non démocratique et sans identité définissable. Les « puissances » européennes n’ont plus d’armées dignes de ce nom et sont, en réalité, des impuissances masquées derrière la force militaire américaine.

Elles sont en leur hiver démographique, confrontées aux conséquences délétères de leurs États-providence, dépendantes pour ce qui concerne leurs approvisionnements en matières premières, et dépendantes, en particulier de la Russie. Tous les discours sur la « grandeur » et le « futur » de l’Europe n’y changeront rien.

La seule issue serait un sursaut de dignité dont je pense, avec tristesse, l’Europe incapable. On peut reprocher à Poutine et Medvedev leur brutalité, on ne peut nier leur lucidité sur le conglomérat de pays dont la capitale administrative est à Bruxelles. L’Otan elle-même est désormais une organisation bancale et malade : les armes, les technologies y sont américaines, les peurs y sont allemandes ou françaises, comme on l’a vu lorsque Paris et Bonn se sont opposés à l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’organisation voici quelques mois, et comme on le voit présentement avec la faiblesse de la réponse de l’organisation à l’agression russe.

Par surcroît, en bons agents d’influence, Poutine et Medvedev se sont assurés de collaborateurs très coopératifs. Je serais Gehrard Schroeder, Hélène Carrère d’Encausse ou Marek Halter, je ne serais pas fier de certains mots écrits récemment, vraiment pas fier.

4. Une fois de plus, l’échéance importante sera l’élection présidentielle américaine. Il n’est pas difficile de voir quel est le candidat préféré de Poutine et Medvedev : c’est aussi le candidat préféré des dirigeants européens…

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«Je rêve que la religion humanise, donne du sens, des valeurs, une dimension spirituelle à une globalisation chaotique qui fait perdre aux peuples leurs identités et repères.»
Tony Blair, ancien
Premier ministre britannique

SIC
Royal «Ségolène Royal est un ovni politique, volontairement ou involontairement indéfini. Son caractère pragmatique, non vertébré, sa conception du parti vu comme un mouvement, sont un danger pour le PS.»
Jean-Christophe Cambadélis,
député PS

Communication «L’année dernière, les socialistes ont gagné la bataille de la communication contre la loi Tepa en faisant croire que c’était un cadeau aux riches. Avec le RSA, nous démontrons clairement que nous n’avons pas une politique de classe…»
Nicolas Sarkozy

Manœuvre «Une réforme de la constitution qui passe à une ou deux voix près laisse un goût amer et n’efface pas le soupçon de pressions sur tel ou tel parlementaire ou de manœuvre…»
Manuel Valls, député PS

Liberté «J’espère que les réactions d’humeur du Parti socialiste à l’égard de Jack Lang seront passagères et qu’il sera capable d’accepter l’idée qu’un parlementaire est libre de juger en son âme et conscience…»
édouard Balladur

Opposition «Nous sommes pour une vie politique civilisée et non pour l’opposition systématique.»
Jean-Michel Baylet, président
des Radicaux de gauche

Impôts «Nicolas Sarkozy a été élu pour rendre la France plus efficace, pas pour augmenter les impôts !»
Alain Lambert, sénateur UMP




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