Rouxel Jean - jeudi 11 mars 2010
economie
Conséquence de la crise grecque : on nous annonce la prochaine création d’un nouveau « machin » qui s’intitulerait « Fonds monétaire européen », par référence au « Fonds monétaire international ».
Naturellement, il est toujours préférable de résoudre ses problèmes tout seul et faire appel au FMI n’était effectivement pas un excellent signal à envoyer aux opinions publiques à propos de cette fameuse union économique européenne. D’autant que le FMI a la réputation de s’occuper essentiellement des économies « sous-développées ».
Mais plusieurs raisons me conduisent à être nettement plus circonspect que mes confrères de la « grande presse » annonçant cette naissance attendue, paraît-il, avec impatience.
Tout d’abord, on fait mine dans notre affaire de repousser amicalement les offres du FMI, mais on n’a pas dédaigné, voici quelques mois, d’en faire l’assureur en chef des États qui se portaient eux-mêmes caution de leurs systèmes bancaires exsangues. Curieux ! Les États sont toujours en banqueroute, mais, alors qu’on rassurait naguère les peuples en leur disant que le FMI s’occupait de nous, on les console aujourd’hui en leur disant que nous gérons la crise seuls !
Par ailleurs, rien ne garantit que le FME ne fera pas appel à « l’expertise » du FMI. Pour l’opinion, ce serait sans doute beaucoup plus présentable que l’appel direct d’un État, mais, dans la réalité, où est le gain ?
Je note aussi que les « élites » européennes réclament pour ce FME des pouvoirs d’intervention analogues à ceux du FMI, qui se chiffrent en centaines de milliards de dollars. Je ne sais pas où on va trouver de telles sommes, mais je sais bien qui va payer la note (et je ne parle même pas des salaires mirobolants que vont instantanément s’octroyer les géniaux dirigeants de ce nouvel instrument) !
Mais, si j’en juge par ce que je lis chez mes excellents confrères, toutes ces nouvelles ont « rassuré les marchés ». Me voilà donc, moi aussi, rassuré !
Un vieux reste de mauvais esprit me retient certes de sauter de joie : je viens de lire que la Grèce était sur la bonne voie, car elle avait réussi une émission obligataire de 5 milliards d’euros à 6,3 % sur 10 ans. Ce qui me semble étrange, c’est que, quand elle réussissait, en janvier dernier, une émission de 8 milliards à 6,1 %, on parlait de grave crise de confiance !
Bref, je ne suis pas certain que l’on puisse faire une confiance illimitée à l’honorable corporation des journalistes !
0 commentaires - Ecrire un commentaire
|