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La crise n’est pas derrière nous


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Thieulloy (de) Guillaume - mardi 16 juin 2009

fiscalite
La crise touche à sa fin, nous dit-on. La reprise est pour demain, disons pour le début de 2010. J’espère que ces « experts » optimistes ont raison. Mais j’avoue que, plus le temps passe, plus j’entends des discours lénifiants sur la « digestion » des actifs toxiques, plus j’entends même des discours triomphalistes sur les formidables performances du Cac 40, plus je crains que ces « experts » ne prennent leurs désirs pour des réalités.

Il faut d’abord reconnaître que des « experts » qui se sont trompés aussi massivement, et avec un tel ensemble, ne sont pas à proprement parler des modèles de crédibilité !

Mais surtout, si l’analyse que nous avons faite de la crise dans ces colonnes est juste, la crise n’est pas résolue, elle est aggravée.
La plupart des contributeurs des « 4 Vérités » considèrent que la crise est liée à un excès de crédit, sans épargne garantissant ces crédits. En particulier, à un excès de déficit étatique et un excès de soutien étatique aux crédits des particuliers.

Excès de crédit : les taux d’intérêt ont été maintenus artificiellement bas par les banques centrales
, qui ont pratiqué ces dernières années une création monétaire parfaitement délirante, sans commune mesure avec la croissance mondiale réelle. Avec ces taux d’intérêt artificiellement bas, la tentation a été forte pour tous les acteurs économiques, des États aux particuliers, en passant par les entreprises, de s’endetter au lieu d’épargner. D’où l’explosion des dettes publiques et privées.

Mais aussi excès de soutien étatique au crédit des particuliers. Le cas le plus caricatural concerne évidemment le traitement américain du logement social : le gouvernement a quasiment forcé les banques à prêter à des clients insolvables (au nom de la sacro-sainte discrimination positive et de la non moins sacro-sainte politique de « diversité »). Mais, chez nous aussi, rappelez-vous, il n’était pas rare en 2007 d’entendre des dirigeants politiques s’insurger des règles archaïques du crédit en France, interdisant à une banque de prêter à un client si celui-ci ne pouvait garantir un revenu au moins égal à trois fois le montant des échéances de remboursement. Voici encore peu de temps, on considérait que la bonne situation du crédit signifiait tout simplement une bonne situation économique !

Le problème, c’est que de ce double point de vue, la situation est plus grave aujourd’hui qu’elle ne l’était voici un an.
De peur de voir la situation économique se gripper, nos dirigeants ont intimé l’ordre aux banques de prêter à qui mieux mieux. C’est à ce point que j’ai récemment vu sur les murs d’une agence bancaire cette publicité : « Ici, autorisation de découvert égale à 50 % des revenus domiciliés ». Que ce genre d’autorisation soit négocié contractuellement ne me gêne évidemment pas. Mais que ce soit le principal argument avancé par une banque pour attirer les clients est plutôt inquiétant…

Mais, le pire réside dans l’endettement explosif des ménages et des États
. Ce qui était des actifs toxiques, voici encore deux ou trois mois, s’est transformé comme par miracle en signal de la reprise prochaine de la croissance mondiale !

J’ignore si les « experts » s’auto-intoxiquent en se persuadant que « tout ne va pas si mal » ou s’ils ont délibérément choisi de mentir au public pour « plumer » une nouvelle fois les petits épargnants, éternelles vaches à lait des folies gouvernementales.
En tout cas, je vois mal comment les mêmes causes pourraient ne pas produire les mêmes effets. Il est déjà peu vraisemblable que tous les actifs rendus toxiques par les « subprimes » et autres géniales trouvailles de la financiarisation bancaire aient été « absorbés » par le marché. Mais il est en tout cas certain que, pour les absorber, on a déversé sur le marché des centaines de milliards de dollars d’actifs qui ne sont pas moins toxiques.

La seule relance envisageable est aussi la seule qui ne soit pas envisagée sérieusement : la défiscalisation. Si vous baissez sérieusement les impôts, vous encouragez l’épargne et l’investissement. C’est-à-dire les deux mamelles d’une croissance économique durable et solide.
Au lieu de quoi, tous les pays ont préféré relancer par les subventions. Du point de vue global, cela semble revenir au même. En réalité, ce sont deux logiques rigoureusement opposées. Avec la subvention, l’État prétend savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous ; avec la défiscalisation, il nous laisse déterminer nous-mêmes ce que nous souhaitons faire de notre argent. Il y a entre les deux toute la distance qu’il y a entre liberté et totalitarisme !

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