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La débâcle des démocrates


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Milliere Guy - mercredi 10 novembre 2010

obama
Comme cela était pré­vu, les démocrates ont perdu les élections de mi-mandat aux États-Unis, le 2 novembre dernier.

Leur défaite est la plus importante subie par un parti politique dans une élection américaine depuis 1948. Une soixantaine de sièges à la Chambre des représentants ont changé de mains. Au Sénat, ce sont six à huit sièges seulement, mais un tiers des sièges, pas davantage, étaient soumis à renouvellement. Dans les postes de gouverneurs, ce sont dix sièges qui sont passés aux Républicains.

Obama aura beau dire et beau faire, cette défaite est la sienne
, et les dirigeants du parti démocrate le discernent très bien. Les représentants démocrates rescapés savent qu’ils devront repasser devant leurs électeurs en 2012 et, pour nombre d’en­tre eux, n’oublieront pas qu’ils ont dû leur survie politique à leur aptitude à prendre leurs distances envers la Maison Blanche.

Les sénateurs démocrates soumis à réélection à la même date voient très bien ce qui s’est passé. Obama n’est pas tombé, mais il est très affaibli.

Le seul espoir qui lui reste est de retrouver un peu de forces au cours des deux années qui commencent et, pour cela, de pousser les Républicains à la faute. Et nul ne peut douter qu’il essaiera. Le problème pour lui est que les Républicains voient clair dans ses intentions, et se donnent pour tâche prioritaire qu’il tombe tout à fait, et irrémédiablement.

Nous allons donc assister à une partie de bras de fer qui sera tout à la fois passionnante à suivre, et cruciale. Ce qui sera en jeu en effet, ce sera rien moins que l’avenir des États-Unis et celui du monde.

Pour ce qui concerne les États-Unis, l’alternative est limpide : ou bien Obama l’emportera, et le pays sera entraîné vers un déclin difficilement remédiable, strié de violence, de pauvreté, de servitudes diverses, avec ici ou là des vestiges d’une splendeur passée. Ou bien Obama sera vaincu, et la reconstruction s’enclenchera, permettant aux États-Unis de renouer avec ce qu’ils sont depuis la fin du XIXe siècle au moins.

Pour ce qui concerne le monde, l’alternative est tout aussi limpide : si Obama l’emporte, le monde sera régi par un conglomérat de dictatures et par les Nations Unies. Il sera plus violent, plus chaotique et nous fera entrer dans une ère de barbarie et d’instabilité. Si Obama est vaincu, les États-Unis retrouveront assez vite la position qui est la leur, là encore, depuis longtemps, celle de puissance hégémonique essentiellement bienveillante permettant les avancées de la liberté et de la prospérité et limitant la capacité d’action des forces du mal et de la destruction.

Les Républicains et des millions de membres des « tea parties » savent ce que je viens d’écrire, et entendent sauver les États-Unis et le monde. Quelques extrémistes ressentimentaux aux États-Unis, dont Barack Obama et son entourage proche, veulent l’inverse, bien sûr. Entre les deux, il existe toute une masse de gens bercés d’illusions, intoxiqués mentalement par des discours débiles.

Ailleurs sur la planète, les hommes libres entendent œuvrer eux aussi pour que les États-Unis et le monde soient sauvés. Diverses sortes d’extrémistes ressentimentaux veulent ce que veulent Obama et son entourage. Des millions de gens sont intoxiqués, souvent plus gravement qu’aux États-Unis.

Force est de constater qu’en Eu­rope, le nombre d’hommes libres est particulièrement faible, et le nombre d’extrémistes ressentimentaux particulièrement im­portant, tout comme le nombre d’intoxiqués. Ce qui en dit long sur l’Europe.

Dire en France ce que je viens de dire semble incongru. Mais il est tellement de choses qui deviennent impensables en France, tellement de choses qu’on ne peut plus dire…

Il n’y a rien d’étonnant, en tout cas, à ce que les débats et les commentaires sur les résultats électoraux américains aient été, dans la nuit du 2 novembre et le lendemain, d’un tel niveau d’indigence intellectuelle. Des débats et des commentaires de ce genre existaient sans doute sous Brejnev à Moscou. Et il doit en exister en Corée du Nord sous Kim Jong Il.

Tant que les Français accepteront de recevoir ce genre de propagande imprégnée de crétinisme et la prendront pour de l’information, aucun espoir de voir poindre une lueur de lucidité ne sera possible.

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En bref
Concurrence
La plus lourde sanction donnée en France pour entrave à la concurrence concernait un cartel de 11 entreprises de sidérurgie condamnées en décembre 2008 à 575,4 mil­lions d’euros, suivie de l’amende donnée à plusieurs opérateurs de téléphonie mobile en novembre 2005 (534 millions), et de l’amende donnée à plusieurs ac­teurs du secteur bancaire en septembre 2010 (389,4 mil­lions)…

Chiffres significatifs
Obésité > Environ 145 000 candidats au recrutement dans l’armée américaine ont échoué aux examens en raison de leur poids trop important en 2008. 70 % de plus qu’en 1995 !

Interpellation > Lors de la manifestation du 26 octobre, les forces de l’ordre ont interpellé 2 554 jeunes, dont 1 759 ont été placés en garde à vue et 360 déférés à la justice !

Chine > Pour le recensement décennal de sa population (estimée à plus de 1,3 milliard d’habitants), le gouvernement chinois va déployer pas moins de 6 millions d’agents pendant un mois !

RSA > 5 635 jeunes âgés de 18 à 24 ans ont déposé une demande de revenu de solidarité active, entre le jour où ce revenu a été élargi aux moins de 25 ans (le 1er septembre) et le 10 octobre.

Sécu > En 2009, la Sécurité sociale a remboursé 8 mil­liards d’euros pour des con­sultations médicales de ville (correspondant à 240 millions de consultations chez des généralistes et 90 millions de consultations chez des spécialistes) !

Tracfin > En 2008, l’organisme français de lutte contre l’argent sale, Tracfin, a reçu 14 500 déclarations de soupçons, dont 79 % en provenance des banques.




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