Milliere Guy - mardi 29 août 2006
La dernière chance de l’Occident, tel est le titre d’un remarquable livre publié voici quelques mois par Tony Blankley, rédacteur en chef du « Washington Times ». Au moment de la rédaction et de la publication du livre, Blankley était déjà très pessimiste. Lorsque, voici quelques semaines, nous avons, à quelques pas de la Maison Blanche, parlé de l’évolution des choses, il l’était plus encore. Et c’était début juillet.
Depuis, le Hezbollah a entraîné Israël dans une bataille qui, quels que soient les dommages infligés à l’ennemi, n’a pas été gagnée par Israël et a laissé place à une trêve précaire dont l’issue probable sera une nouvelle confrontation militaire. Depuis, la façon dont la bataille menée par Israël contre le Hezbollah a fait l’objet de reportages et d’articles dans la presse européenne, et ces reportages et ces articles ont été les plus violemment anti-israéliens à avoir jamais été diffusés en Europe.
Depuis, il y a eu les attentats déjoués à Londres et qui devaient conduire à la destruction d’une dizaine d’avions de ligne en plein vol. Il ne s’agit plus, en ce contexte, d’être pessimiste. Il s’agit de bien davantage. Il est très possible que, pour l’Europe, l’heure de la dernière chance soit dépassée et que des heures très sombres se profilent. Les civilisations peuvent mourir. Athènes et Rome sont des villes où on peut visiter des ruines témoignant de clartés et de grandeurs qui ne sont plus. Je ne sais quelles ruines on visitera à Paris ou à Bruxelles dans quelques siècles, mais on peut d’ores et déjà présager, avec quelque crédibilité, que, si visiteurs il y a, ils parleront de l’Europe au passé.
Tandis que l’Europe agonise, les Etats-Unis se retrouvent peu à peu seuls pour incarner encore la civilisation occidentale, et la situation est difficile, douloureuse, d’autant plus qu’au sein même des Etats-Unis, les ennemis de la civilisation occidentale sont loin d’être inactifs. L’agonie de l’Europe va de pair, ce doit être dit, avec des craintes pour la survie même d’Israël. L’islam radical avance, place ses pions sur l’échiquier planétaire, sans même cacher ses intentions. Ses adeptes et ses compagnons de route se réjouissent. Israël et les États-Unis s’inquiètent, mais dans les pays très vieux où nous vivons, tout se passe comme si la mort était déjà installée dans les têtes et comme si, puisqu’elle est acceptée, on se refusait à voir l’évidence.
Plusieurs de mes amis américains le disent : cela ressemble aux années 1930, en pire. Une menace totalitaire monte sur l’horizon, gorgée de haine meurtrière et génocidaire, mais on parle, en Europe de diplomatie. On se refuse à dire que le Hezbollah ou le Hamas sont des groupes terroristes. Quand Ahmadinejad ou Nasrallah tiennent des propos antisémites dignes d’Adolf Hitler voici sept décennies, on ne leur prête qu’une oreille distraite : on entend même dire que l’Iran est « une force de stabilité » avec laquelle il faut mener des négociations plus approfondies : qui oserait fâcher Ahmadinejad ou Nasrallah ? Cela s’appelle l’apaisement et aux yeux d’un islamiste, cela porte un autre nom : la lâcheté.
Pour mieux apaiser la menace totalitaire, on se déclare prêt à accorder à ses tenants ce qu’ils demandent. Et on se montre même prêt à adopter leur façon de voir le monde et les événements. Israël ? Un « petit pays de merde » qu’on peut lâcher aux islamistes, comme on jetterait un os à ronger à un chien enragé. Et pour bien montrer qu’on fait cela pour faire plaisir, préparer les opinions en traînant dans la boue « l’entité sioniste », comme on dit sur al Manar, montrer le Hezbollah ou les Palestiniens comme des « humiliés » qui « résistent » à l’armée d’un peuple trop « fier et sûr de lui », reprendre les images de propagande d’al Manar directement, dès que possible.
Chirac et Douste-Blazy, l’idiot de Toulouse, ont sauvé le Hezbollah et lui ont livré le Liban, ce faisant, ils ont livré le tout à l’Iran. Espèrent-ils une récompense ? Le sucre qu’on donne au chien qui fait le beau ? L’agonie de l’Europe et l’ignominie des gouvernants français sont des faits. La non-victoire d’Israël et les manœuvres sordides d’un gouvernement français en train de passer d’une « politique arabe » à une « politique iranienne » ont compliqué la situation pour l’administration Bush et affaibli le camp de l’Occident dans la guerre en cours.
80 commentaires - Ecrire un commentaire
|