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La dette publique et le désastre monétaire


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Courrier - lundi 20 décembre 2010

euro
Le remboursement de la dette nationale donne souvent lieu à des commentaires irréalistes. La plupart du temps, le problème est mal posé.

Généralement, la dette d’État n’est jamais remboursée : son remboursement à échéance aux prêteurs initiaux est tout simplement ré-emprunté dans les conditions du moment. C’est pourquoi la charge de la dette est présentée à juste raison en termes de charge des intérêts.

Si le principal lui-même est modéré par rapport au PIB et au budget de l’État, on peut imaginer son remboursement effectif partiel en y consacrant une part des recettes, pour réduire progressivement la charge ultérieure. Mais, le plus souvent, si le principal est faible, les intérêts sont supportables et on se soucie peu de rembourser.

Si le principal est élevé, voire très élevé comme c’est le cas en ce moment, son remboursement progressif devient à la fois indispensable et impossible, car la charge des intérêts est telle que les ressources budgétaires manquent pour rembourser… Il est même probable qu’on devra continuer à emprunter davantage encore, seulement pour payer les intérêts.

C’est pourquoi l’avenir de nos finances, surtout celles de nos enfants, est catastrophique car, d’une part, nous serons con­damnés à payer, à dette égale, des intérêts de plus en plus élevés (les emprunts de « remplacement » seront certainement souscrits à des taux supérieurs à ceux actuels, très bas) ; mais, d’autre part, nous serons de plus en plus incapables de procéder au moindre remboursement !
Pour redresser cette situation catastrophique, il y a deux leviers : la réduction drastique des budgets publics, national et territoriaux, et l’augmentation rapide du PIB, c’est-à-dire la croissance.

Pour la réduction des budgets publics, nous savons à quoi nous en tenir : aucun gouvernement n’est capable de l’imposer même en période de croissance. Inutile donc de rêver.

Reste une croissance prochaine et rapide : irréaliste dans la position actuelle des prix français à l’exportation, qui ne sont plus compétitifs et interdisent d’envisager raisonnablement un rééquilibrage de la balance extérieure. Cela est dû au taux de hausse des prix, structurellement plus élevé chez nous que chez nos concurrents européens.

Les causes en sont, d’une part, les lois sociales (SMIC, 35 heures, indemnisations du chômage, protection sociale sans discernement), parfois justifiées à l’origine, mais devenues hors de nos moyens ; d’autre part, le retard considérable d’investissement, conséquence des baisses de ventes, et qui entraîne une baisse relative de la productivité. Nous avançons comme la Grèce, mais moins vite
Tous ces phénomènes sont bien connus et naturels, et se corrigent habituellement par les évolutions de taux de change.
Malheureusement, l’euro nous en empêche.

Ne nous le cachons pas : il n’y a alors pas de solution. Il est certainement réconfortant pour Messieurs Trichet, Barroso, et leurs compères, qui nous ont conduits dans cette impasse, de trouver encore des adeptes à ce soi-disant système monétaire merveilleux.

En réalité, ce système inepte s’est révélé néfaste dans tous les domaines : hausse continue et irrépressible des prix réels et du chômage, baisse des parts de marché à l’exportation comme à l’intérieur, désindustrialisation massive et récurrente, vieillissement des industries locales, disparition lente des savoir-faire, érosion continue des rentrées budgétaires…
C’est en fait un cercle vicieux dont on ne sait plus sortir.

On cherche en vain sous quelle forme se manifeste la « bénédiction pour l’Europe » et la perspective d’éviction du dollar.
L’instauration de ce dont les Américains disent que « ce n’est pas une monnaie, mais une expérience » a été faite sur de tels slogans, sans démonstration.

Maintenant, la démonstration est là ; elle coûte déjà des milliards. Elle en coûtera encore davantage à nos enfants, et certains pays de la zone euro vont tomber sous tutelle du FMI, sort réservé jusqu’ici aux pays du Tiers-monde.
Grand succès en vérité !

Comme le communisme, criminel et écrasé, l’euro trouve encore des défenseurs…
Il faut dire que, en général, dans les deux cas, il s’agit de gens qui n’ont pas souffert des conséquences de leurs erreurs.
Les mensonges ont la vie dure…

Jean-Pierre Delmau

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