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La doctrine de l’administration Bush II


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Milliere Guy - dimanche 13 mars 2005


George W. Bush a été réélu en novembre dernier. L’administration Bush II a pris ses fonctions voici quelques semaines à peine. La tendance prépondérante en France consiste à s’accommoder de la situation et à s’aveugler volontairement concernant ce qui se joue. Je ne sais si l’aveuglement volontaire pourra durer encore très longtemps.
Lors de son premier mandat, Bush a libéré les Afghans des talibans, écrasé à hauteur de 75 à 80 % l’organisation Al Qaïda, renversé Saddam Hussein, permis la démocratisation de l’Afghanistan et de l’Irak, accompagné et renforcé l’évolution vers la liberté de la Géorgie et de l’Ukraine (qui n’en seraient pas là sans l’aide américaine). Cela pourrait déjà être suffisant pour marquer l’histoire et pour permettre à Bush de recevoir le titre de « libérateur ». Mais Bush n’est pas homme à s’arrêter là. L’Initiative pour un Grand Moyen-Orient reste à ses yeux d’actualité. Il s’agit désormais d’accompagner vers la liberté, vers le droit, vers la démocratie libérale l’ensemble des populations du monde arabe et de l’Iran. Il s’agit de faire la paix au Proche-Orient : non pas en revenant à des utopies meurtrières façon processus d’Oslo sous Clinton, mais par la force et l’opiniâtreté. Le « désir de négocier » de Mahmoud Abbas est le sous-produit de la barrière de sécurité et de la vigilance militaire israélienne. Il reste à l’Autorité palestinienne à franchir les étapes qu’on lui demande de franchir en matière de démocratie, de respect du droit, de transparence financière, de développement économique et d’éducation ou à disparaître, et tel sera l’enjeu des négociations qui commencent. Tout indique en tout cas que d’ici à 2008, bien des pas vers la liberté, la paix et la prospérité seront franchis. Et tout indique qu’à ce moment-là, Bush sera parvenu à une stature égale à celle de son père spirituel, Ronald Reagan. Les gouvernants français pendant le même temps n’auront libéré personne, pas même, je pense, la population française des pesanteurs administratives et fiscales qui l’écrasent.
Les accomplissements de Bush en politique étrangère vont de pair avec ses accomplissements en politique intérieure. Bush a, au cours de son premier mandat, permis aux États-Unis de renouer avec une croissance forte et avec le plein emploi en recourant à des stratégies fiscales reaganiennes, basées sur la déréglementation et les baisses d’impôts.
Bush compte aller plus loin. Les baisses d’impôts déjà accomplies vont se trouver approfondies et devenir permanentes par le biais de la loi. Une grande réforme des systèmes de santé et des systèmes de retraite est également à l’ordre du jour. Bush a placé l’une et l’autre dans une perspective claire : celle de la construction d’une « ownership society », société de propriétaires. Il s’agira de mettre en place des comptes d’épargne santé basés sur la capitalisation et de mettre en place le même type de comptes d’épargne pour le financement du minimum vieillesse américain, la « social security », qui fonctionne sur un mode de répartition à l’européenne. L’objectif est clair : la propriété rend responsable, l’épargne et l’investissement font que tout un chacun comprend l’intérêt qu’il a à ce que l’économie et les entreprises qui la constituent soient dynamiques.
Si ces réformes sont menées à terme, et je ne doute pas qu’elles le seront, ce seront les derniers vestiges de l’État-providence mis en place dans les années 1930 par Franklin Roosevelt qui disparaîtront. Les États-Unis, qui sont déjà une société très différente des sociétés européennes deviendront plus différents encore et pourront afficher les promesses fécondes du libéralisme.
Dès lors que les activités économiques américaines se dérouleront, pour une part croissante, dans le Bassin Pacifique qui est en train de devenir le pôle de co-prospérité majeur du xxie siècle, il deviendra pour nous plus urgent que jamais de nous poser les questions qui devraient d’ores et déjà s’imposer : allons-nous encore longtemps persister dans l’erreur et la sottise et, par conséquent, glisser toujours davantage vers l’insignifiance et les banlieues de l’histoire ? ou allons-nous retrouver un peu de dignité, nous redresser, et discerner à nouveau ce que sont les promesses de la civilisation occidentale dont la doctrine Bush II est, en l’ère contemporaine, le fruit le plus accompli ?


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En bref
ÉVOLUTION
«Si ma seule contradiction, c’est d’être passé de Chirac à Balladur, puis de Balladur à Chirac, du point de vue de la distance idéologique, ce n’est pas terrible !» Nicolas Sarkozy

SIC

SOURCES «Nous pouvons trouver en Europe la source de nos idéaux fondateurs. C’est un Français qui nous a convaincus de l’importance de la séparation des pouvoirs. C’est un Écossais qui nous a expliqué les vertus du marché libre. Et c’est un Italien qui nous a donné notre nom : l’Amérique…» George W. Bush

VERTS «Les Verts veulent un groupe parlementaire en 2007. Raisonnablement, nous pourrions revendiquer entre trente et cinquante sièges !» Yann Wehrling, Secrétaire national des Verts

DOUANES «Quand j’exporte des tissus que je produis vers l’Inde, ils sont taxés à 60 % à l’entrée ; quand un entrepreneur indien exporte vers l’Europe, ses textiles ne sont taxés qu’à 7 % !» Guillaume Sarkozy, Président de l’Union des Industries Textiles

DÎNER DU CRIF «Voir le pavillon d’Armenonville transformé en une espèce de tribunal dînatoire, où le chef du gouvernement français est convoqué par une communauté juive qui lui dit tout ce qu’elle a sur le cœur me met, personnellement, très mal à l’aise…» Alain Finkielkraut

ÉTAT «Toujours moins d’impôt, toujours moins d’État, conduit à la destruction des solidarités.»
Michel Sapin, Ancien ministre socialiste

EUROPE «Je maintiens que les deux affaires – Constitution européenne et Turquie – sont liées. On n’achète pas un appartement sans connaître sa superficie !» Philippe de Villiers

SIC

BUREAUCRATIE «La bureaucratie n’élimine pas les risques. Elle peut tout au plus les masquer.» Viviane Reding, Commissaire européen 

CONTRÔLE «Nos moyens financiers sont rattachés à ceux dont nous devons certifier les comptes et contrôler la  performance…» Philippe Séguin, Premier président de la Cour des comptes

IMPÔT «Comme tout bon socialiste, si Jack Lang ne se réveille pas le matin avec un nouvel impôt en tête, il est malheureux!» Philippe de Villiers

TOUS POURRIS «La vraie question de l’affaire Gaymard est: Qu’est-ce qui fait que la démocratie française va ainsi de scandale en scandale?» François Bayrou

RADICALISME «Il faut dire des choses un peu radicales sur la situation des jeunes des quartiers, pour ne pas laisser la voie libre à l’islamisme radical.» Clémentine Autain, Adjointe communiste au maire de Paris

CLIVAGE «Toutes les questions politiques ne sont pas solubles dans l’équation gauche-droite!» Daniel Cohn-Bendit

DÉPENSE PUBLIQUE «Les élus socialistes ont, plus que ceux de la droite, la culture de la dépense publique. Ils devraient avoir le courage de l’assumer.» Hervé Mariton,

Député UMP de la Drôme ENA «L’élite qui sort de l’ENA est très brillante intellectuellement, mais économiquement incompétente, démocratiquement illégitime et sociologiquement coupée du peuple!»  Jean-Michel Fourgous, Député UMP des Yvelines




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