Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

La droite accumule les erreurs et perd le Sénat


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
10 VOTES
532 LECTURES

Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 28 septembre 2011

parti-socialiste, ump, front-national
Dimanche 25 septembre, le Parti socialiste et ses alliés de gauche (Com­munistes, Verts, et Ra­dicaux de gauche) ont réalisé une poussée remarquable au sénat : la gauche y a obtenu la majorité absolue, avec 177 sièges sur 348.

Ce n’est pas la première fois que la chambre haute se retrouve dans l’opposition (elle l’a été sous De Gaulle, puis sous les législatures socialistes). Ce n’est même pas la première fois que la gauche y est majoritaire, comme on l’entend ces jours-ci dans les médias (le sénat a été dominé par le radical-socialisme pendant une bonne partie de la IIIe République). Mais c’est la première fois que la gauche y est majoritaire depuis 1958.

Ce succès électoral (la gauche a gagné 25 nouveaux sièges) fait suite à un succès, d’ailleurs plus grand encore, en 2004. Et donne donc la majorité absolue à une gauche qui a, progressivement, regagné tous les échelons locaux qu’elle avait perdus dans les années 1980.
Plus qu’une victoire de la gauche, c’est une défaite de la droite.

La gauche a gagné, parce que la droite a accumulé les erreurs.
La première erreur, c’est, bien sûr, la division. Le nombre de candidatures dissidentes a été impressionnant. Dans les départements où l’élection se pratiquait au scrutin majoritaire, cette division était parfois rattrapable entre les deux tours (mais pas toujours). Mais, au scrutin proportionnel (dans les départements où l’on élisait plus de 3 sénateurs), cette division a fait perdre beaucoup de sièges.

Je note, en passant, que l’union à droite est le contraire de l’union à gauche. À droite, nous passons nos journées à réclamer l’unité, ce qui conduit à anesthésier le débat. Mais, lorsqu’arrivent les élections, chacun part en ordre dispersé. À gauche, ils ne sont d’accord sur rien. Mais, ils arrivent unis aux élections. Inutile de dire que leur tactique est autrement plus efficace que la nôtre !

La deuxième erreur de la droite fut, sans conteste, d’avoir négligé les élections locales
depuis des années.
Et cela, au moment même où la décentralisation conférait d’énormes pouvoirs aux exécutifs locaux !

Il était mécanique que cette désertion produise un jour des fruits aux élections sénatoriales (même si je faisais partie de ceux qui croyaient que le basculement n’arriverait qu’en 2014, au prochain renouvellement sénatorial, et non en 2011).

Enfin, la troisième erreur de la droite reste d’avoir accepté, et de continuer à accepter, l’oukase mitterrandien interdisant toute entente entre la droite parlementaire et le FN.

Certes, cet oukase n’a pas eu d’influence immédiate sur le scrutin sénatorial (encore que le sénateur UMP Jacques Blanc a été battu, après avoir manqué d’une seule voix, celle du candidat FN, l’élection au premier tour). Mais il en a eu sur la perte de la plupart des régions à partir de 1998.
Or, les socialistes utilisent abondamment l’argent public pour aider les élus qui votent, en retour, pour eux aux sénatoriales…
Il est donc parfaitement illusoire de croire gagner le sénat (comme tous les échelons du pouvoir politique) sans accepter l’entente à droite.

Que va-t-il se passer désormais ?

L’élection d’un président socialiste au sénat, le 1er octobre prochain, paraît l’hypothèse la plus vraisemblable
. Ce ne sera pas simple pour la gauche de s’unir derrière un candidat. D’abord, parce qu’il y a de nombreuses tendances de gauche, qui, toutes, feront payer cher leur ralliement. Ensuite, parce que le président du groupe PS, Jean-Pierre Bel, sera fortement con­testé par des grands « barons » de son propre groupe. Enfin, parce que le PS est en campagne pour les primaires et que la proximité de tel candidat au plateau avec tel candidat à la primaire pourra lui nuire. Malgré cela, je ne crois pas que la gauche gâchera sa chance historique.

En toute hypothèse, et à supposer que Gérard Larcher soit réélu à la tête du sénat, la droite sera minoritaire dans chacune des commissions (elle est devancée de 6 sièges et il y a 6 commissions…). Par conséquent, le sénat deviendra une chambre d’opposition jusqu’au mois de mai 2012. Dans la pratique, il ne servira qu’à faire de l’obstruction parlementaire et à fournir une caisse de résonance à la gauche pour la campagne.

Il n’est pas certain que cela handicape Nicolas Sarkozy. De même qu’il n’est pas certain que garder le perchoir dans son camp l’aiderait. Les scrutins et les corps électoraux sont trop différents. Mais c’est, en tout cas, un bien mauvais signal que reçoit la droite au seuil de cette campagne. Souhaitons qu’elle soit capable d’entendre ce signal et qu’elle réagisse vite. Sans quoi la gauche pourrait bien disposer, dans huit mois, de plus de pouvoirs encore que Mitterrand en 1981…

8 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
TF1
En moyenne, 7,8 mil­lions de personnes ont suivi le match de rugby France Nouvelle-Zélande, soit 65 % de part d'audience.

Médias
Canal+ > Canal+ est dans le collimateur de l’Autorité de la concurrence, qui estime que le groupe ne respecte pas les engagements qu’il avait pris lors du rachat de TPS en 2006 (le rachat de Direct 8 à Bolloré a montré que le groupe Canal+ n’entendait pas se contenter de la télévision à péage et qu’il souhaitait devenir un acteur majeur de la télévision gratuite). Conséquence, un avis (que le groupe va contester au Conseil d’État) de l’Au­torité vient d’annuler ce rachat et de frapper le groupe d’une amende sévère de 30 millions d’euros. En cas de non-conformation aux engagements, cette amende pourrait même augmenter jusqu’à 200 millions d’euros.

Public Sénat > La chaîne télévisée Public Sénat a largement profité de la soirée électorale du 25 septembre : elle a battu son record historique en réunissant 2,2 millions de téléspectateurs entre 17 heures et 20 h 30. Sur Internet, le site de la chaîne a reçu plus de 330 000 connexions.

Télévision > Le marché français de la télévision gratuite financée par la publicité (dont TF1 et M6 sont les deux géants) est évalué à 3 mil­liards d'euros, tandis que celui de la télévision à péage (dominé par Canal+) est évalué à 4 milliards d’euros.

Courses > Le quotidien « Geny Courses », lancé cette semaine par la société Geny Infos, naguère filiale du PMU, vendue aux sociétés France Galop et Le Cheval français, comporte 36 pages en couleurs, et vise à concurrencer le groupe Turf éditions, éditeur de huit quotidiens hippiques (dont « Paris Turf »).




Plan du site