Rouxel Jean - mercredi 14 mai 2008
europe
Après l’Italie, qui vient de réélire Berlusconi, malgré toutes les oppositions du « pouvoir culturel », succès rapidement confirmé par un nouveau succès de la droite italienne aux élections locales (notamment à Rome, pourtant fief de Veltroni, patron de la coalition de gauche), la Grande-Bretagne vient de faire subir un profond revers électoral au Parti travailliste – on parle de sa plus grosse défaite depuis 40 ans.
La droite progresse ainsi en Europe. Mais cette progression même devrait faire réfléchir, et la droite, et la gauche françaises.
La gauche, tout d’abord, parce qu’il n’aura échappé à personne que les gauches italienne et britannique assument tranquillement leur appartenance social-démocrate et ne songent pas à se remettre en selle, durant les périodes électorales, en recyclant des vieilles lunes marxistes-léninistes.
On peut ainsi perdre les élections sans se sentir immédiatement contraint de donner dans la surenchère démagogique, et sans abandonner non plus ses propres croyances politiques…
Mais la droite française, elle aussi, ferait bien de regarder autour d’elle ce qui se passe en Europe.
Car ce qui frappe dans ces victoires, c’est leur aspect de victoire sur le « politiquement correct » et, tout spécialement, sur le « médiatiquement correct ».
Ainsi Boris Johnson, le nouveau maire conservateur de Londres, est-il immanquanblement qualifié de « bouffon » par toutes les presses européennes, malgré la vivacité de son intelligence et la qualité de son travail comme chroniqueur au « Daily Telegraph » ou comme rédacteur en chef du « Spectator »…
Et la victoire de la droite italienne frappe surtout par l’étendue de l’alliance qu’a réussi à rassembler Berlusconi, de la Ligue du Nord à la démocratie chrétienne, en passant par Alleanza nazionale. C’est l’antithèse de la droite monolithique française !
La droite française n’est, à l’heure actuelle, pas assez « plurielle » et trop soumise au pouvoir médiatique et culturel. Qu’elle s’appuie sur le peuple et non sur les prétendues élites ; qu’elle accepte de considérer que l’entente à droite vaut a priori mieux que l’entente avec la gauche ; qu’elle entame une véritable reconquête culturelle ; alors, elle regagnera tous les bastions locaux qu’elle a laissé filer en 2004 et en 2008, sans perdre le pouvoir à Paris…
Tant que la droite française continuera à chercher l’approbation de ses adversaires, elle continuera à décevoir ses électeurs avec une régularité de métronome !
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