Lambert Christian - mardi 11 avril 2006
La détérioration profonde et continue de la situation en France est tellement évidente qu’on se demande parfois s’il vaut la peine d’en faire la description. Par souci de vérité, je m’y risquerai une nouvelle fois.
Voilà un pays en banqueroute, sans que personne n’ait jamais proposé de solutions pour réduire une dette de 1 138 milliards d’euros à ce jour ; un pays en état quasi permanent de « guérilla urbaine » (c’est l’expression officielle) ; le seul au monde développé où les écoles, surtout maternelles, sont incendiées, les magasins pillés, les voitures brûlées chaque nuit, où les violences contre les personnes augmentent constamment en gravité, où les professeurs sont chaque jour insultés, menacés, agressés par des élèves le plus souvent d’origine étrangère, où une jeune fille de 17 ans est brûlée vive (par qui ?) ; où une femme handicapée est aspergée d’essence enflammée (par qui ?) ; où un jeune homme est torturé à mort pendant des jours parce qu’il est juif et qu’on le croit riche (par qui ?) ; où le seul fait de décrire ce que l’on voit vous vaut d’être poursuivi en justice ; où l’Histoire est grossièrement falsifiée à la demande de minorités encouragées par le Pouvoir au plus haut niveau ; un pays dont l’appareil d’État est contre la France et les Français (cf. le livre de Nicolas Lecaussin) ; et où, pour prix de ce bilan-là, on a les prélèvements obligatoires les plus lourds qui soient, avec des impôts locaux et régionaux dont on sait qu’ils vont augmenter tous les ans pendant les prochaines années.
La France va très mal. De Washington à Pékin, en passant par Berlin, tout le monde le sait parfaitement. Mais, en réalité, le drame n’est pas que la situation en France soit mauvaise – de tout temps, on a redressé des situations compromises –, c’est qu’elle est désormais tellement mauvaise qu’elle ne peut pas être durablement améliorée. J’en donne un exemple.
Impossible rétablissement
La France se classe au premier rang des pays industrialisés pour ce qui est du chômage : 9,6 % de la population active pour les seuls chômeurs indemnisés et 22,5 % chez les jeunes de moins de 25 ans. Or, on admet communément qu’en dessous de 3 % de croissance le chômage augmente, ou au mieux stagne. Comme la France connaîtra en 2006, 2,5 % de croissance selon les plus optimistes, mais plus probablement 1,5 %, (1,4 % en 2005), la déduction s’impose d’elle-même. Plus grave, la France accepte depuis des années de favoriser de facto l’arrivée de quelque mille immigrés par jour, soit 365 000 par an, dont 66 % sont sans qualification, voire illettrés, certains ne parlant même pas français. Ils deviennent donc très vite à la charge de la nation au plan financier. Ils sont de surcroît un très important facteur d’insécurité. Il suffit d’examiner les photos prises pendant les émeutes de ces derniers jours pour s’en rendre compte.
Dans ce contexte, les entreprises françaises écrasées par l’impôt et une réglementation étouffante, se délocalisent de plus en plus et, bien sûr, embauchent des Polonais en Pologne ou des Chinois en Chine. Nul n’ignore qu’en France le coût du travail peu qualifié, c’est-à-dire le cumul du salaire minimum et des charges patronales constitue pour beaucoup une infranchissable barrière à l’emploi. On peut donc affirmer que, non seulement l’économie française n’est plus en mesure de donner du travail à la jeunesse de France, mais qu’il va être impossible d’en donner à 80 % des immigrés. Alors que vont-ils faire ?
Aussi bien est-il facile de comprendre qu’en regard de cette situation structurelle, l’agitation anarchique et politicienne que provoque le CPE, sur fond de campagne électorale pour 2007, la « présidentialite » – une maladie redoutable – est parfaitement dérisoire et ne sert qu’à effrayer les entrepreneurs et à provoquer une nouvelle augmentation du chômage. Les chiffres le diront, sauf à exercer des pressions sur l’INSEE pour truquer les chiffres et faire croire que le chômage baisse, sauf aussi à recruter en masse de nouveaux fonctionnaires sous forme d’« emplois assistés ». Quant à la politique étrangère, elle nous vaut, tour à tour, l’irritation et la risée du monde entier. J’y reviendrai. En attendant, et ce sera ma conclusion, force est de constater que le régime de la France n’est plus la démocratie mais l’anarchie légalisée.
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