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La gréves des privilégiés


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Trémeau Bernard - mardi 23 octobre 2007

greves, syndicats
Avant la Révolution, du fait de certaines fonctions qu’ils assuraient depuis des siècles, les nobles ne payaient pas certains impôts, alors que les bourgeois, qui assuraient de leur côté d’autres fonctions dans la cité, devaient les payer.

Comme l’État français manquait toujours d’argent (il n’y a rien de nouveau sous le soleil), ses financiers ont découvert un excellent moyen de remplir ses caisses : certaines fonctions assurées par les bourgeois permettaient au bout d’un certain temps d’accéder à la noblesse.

Le Roi accordait alors très généreusement ce nouveau titre, contre une somme rondelette d’argent, ce qui permettait au nouveau noble et à ses héritiers de ne plus payer certains impôts. Les autres bourgeois, non encore anoblis, n’étaient pas contents du tout. En janvier 1776, sous leur pression, Turgot a voulu supprimer certains privilèges. Tous les privilégiés ont hurlé, en particulier la Reine Marie-Antoinette : Turgot aurait même eu l’audace de lui interdire de puiser dans les caisses de la France pour accorder quelques faveurs à ses protégés.

Louis XVI renvoie Turgot le 12 mai 1776 et les privilégiés conservent leurs privilèges jusqu’à la fameuse nuit du 4 août 1789. Mais il était trop tard. La Révolution était en marche. Des têtes sont tombées, dont celle de la belle Reine Marie-Antoinette.

En 1945, un pouvoir français, démocratiquement élu, a décidé de nationaliser les transports par rail, la production d’énergie et de nombreux autres secteurs économiques. Les idées marxistes étaient alors à la mode. Ces nationalisations ont eu deux conséquences. Elles ont d’abord mis directement sous la coupe de l’État d’importantes entreprises comme la SNCF, EDF ou GDF. Elles ont ensuite mis hors concurrence toutes ces entreprises qui sont ainsi devenues des monopoles très particuliers, les monopoles d’État.

Le dialogue social à la SNCF ou à EDF ne s’est plus fait entre les salariés d’une entreprise et une direction soumise à la concurrence. Il s’est déroulé entre les salariés et l’État. Or pour des raisons faciles à comprendre, quand l’État est le patron d’une entreprise non soumise à la concurrence, il a tendance à accorder plus qu’il ne serait raisonnable d’accorder : les salariés de la SNCF ou de l’Éducation nationale sont en effet aussi des électeurs.

La concurrence contre les privilèges

Les salariés de la SNCF ou de la RATP sont parfaitement conscients de cette situation très privilégiée. Ils se mettent en grève pour obtenir ce qu’ils désirent. Ils le font en toute tranquillité : ils ne risquent pas en effet de perdre leur emploi, puisque leur entreprise, étant un monopole d’État, ne peut pas être éliminée par la concurrence.

Enfin le pouvoir politique ne cherche pas à maintenir la compétitivité de son entreprise : c’est un monopole d’État. Par contre, il lui est très facile de puiser dans les caisses de l’État, pour donner satisfaction à ceux qu’il veut favoriser. Comme Marie-Antoinette l’aurait fait…

Mais si les salaires de la SNCF ou d’EDF étaient devenus deux à trois fois plus élevés que ceux des autres Français, le bon peuple de France aurait protesté. Les négociateurs ont donc trouvé toute une série de « privilèges » et on ne peut qu’être admiratif devant leur imagination : emploi à vie, aucun risque de chômage, progression des salaires à l’ancienneté et non au mérite, train ou électricité gratuit, retraite à 50 ans, retraite calculée sur les 6 derniers mois de salaire, mutuelles médicales gratuites, séjours de vacances ou centrales d’achat à des prix imbattables, etc., etc., etc. Pour couronner le tout, les Français diminuent leurs retraites pour financer celle des privilégiés.

Les salariés d’EDF ont appris à se mettre en grève sans couper le courant. Il faut que les salariés de la SNCF les copient et se mettent en grève sans couper la circulation des trains. Au nom de la justice sociale, si chère aux Français, il faut supprimer les privilèges, c’est évident. Mais il faut surtout rétablir partout où c’est possible la concurrence. Car avec la concurrence, il n’y a plus de privilèges possibles. Il est sur ce point précis très intéressant de suivre les aventures de « Fret SNCF » mis en concurrence sans que les privilèges y soient abolis…

Bon vent à Nicolas Sarkozy.

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En bref
Inquiétude
En septembre, l’indice de confiance économique dans la zone euro, qui résume l’opinion des chefs d’entreprise et des consommateurs, a reculé de près de trois points à 107,1 points, son plus bas niveau depuis plus d’un an.

Chiffres significatifs
Cnam > En un an, 120 escrocs ont extorqué 1,6 millions d’euros à la CNAM, avec des arrêts maladie et fiches de paie falsifiés.

Brevets > La France est le quatrième pays du monde pour les dépôts de brevets, derrière les États-Unis, le Japon et l’Allemagne.

Cocaïne > Aux États-Unis, le gramme de cocaïne se vend en moyenne à 118,70 dollars (84 euros).

Dictature > 30 journalistes et 50 cyberdissidents chinois sont emprisonnés dans le pays.

Santé > Depuis 1990, l’espérance de vie du New-Yorkais a progressé de six ans et deux mois contre deux ans et demi pour le reste des Américains.

IRAK > Au printemps dernier, le plus grand cimetière du monde, Wadi Al-Salam, dans la ville chiite de Najaf, réceptionnait 6 500 cercueils - venus de tout l’Irak - contre 4 000 aujourd’hui.

Londres > Il est prévu de construire 20 tours de plus de 90 mètres dans le centre de Londres, à moins d’un kilomètre de la Tamise, et 20 tours disséminées dans un plus large périmètre.

FN > 15 des 50 membres du bureau politique du Front national ne se représenteront pas aux prochaines élections internes : la désignation par Jean-Marie Le Pen de sa fille pour lui succéder leur déplaît.




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