Trémeau Bernard - dimanche 06 février 2005
Depuis 50 ans de socialisme marxisant ou de démocratie socialisante, les gouvernements français augmentent à longueur d’année les contraintes de toutes sortes qui pèsent sur nos entreprises.
Depuis des années, nous répétons inlassablement, nous rabâchons sans relâche, qu’il faut rendre à notre pays la liberté d’entreprendre. Mais, jusqu’à maintenant, aucune application pratique de cette position de bon sens ne venait confirmer son bien-fondé. Bien que les enquêtes indiquaient que plus de deux millions de Français, un quart des adultes, désiraient créer leur entreprise, la France devenait au fil des ans la lanterne rouge des pays créateurs d’entreprises.
Puis, en 2003, la loi Dutreil sur l’initiative économique est arrivée, un peu avant le Beaujolais nouveau… Le principe de la loi Dutreil est tout simple. Supprimer quelques contraintes pesant sur la création d’entreprise et simplifier les formalités imposées. C’est l’application de nos idées.
En 2005, les statistiques de notre INSEE nationale sont sorties. Alors que le reste de l’économie marche mal, que notre croissance est anémique, que notre chômage se stabilise difficilement aux environs de 10 % de la population active, 330 000 nouvelles entreprises ont été enregistrées en France, dont 224 000 totalement nouvelles. Un bond incroyable de 26 %…
De plus, ces entreprises nouvelles ont créé la bagatelle de 630 000 emplois nouveaux. On croit rêver en lisant ces chiffres merveilleux.
Certains esprits chagrins avancent que cette brutale reprise de la création d’entreprises ne serait pas en rapport avec la loi Dutreil et que bien des Français se sont mis à créer une entreprise en 2004 pour sortir du chômage. Ce comportement existe certainement, puisque 33 % des créateurs d’entreprises sont des chômeurs. Mais il existait déjà depuis des années. L’argument n’est pas recevable. Grand merci, Monsieur Dutreil !
La loi Dutreil nous semble donc la grande responsable de la création de 630 000 emplois. L’expérience confirme pour nous, sans aucun doute possible, la théorie économique que nous défendons depuis des années. Supprimons les contraintes qui pèsent sur notre appareil économique, et le chômage fondra comme neige au soleil. Supprimons les contraintes qui pèsent sur notre appareil économique, et nos revenus grimperont de plus de 4 % en supprimant la pauvreté. 630 000 emplois créés, c’est 630 000 Français à qui il ne faut plus verser d’allocations chômage. Et 630 000 Français qui fabriquent des richesses pour tous les autres.
Ce qui vient d’être fait pour la création d’entreprises a pleinement réussi. Cela doit maintenant être appliqué au développement des entreprises nouvelles. Une nouvelle entreprise est une plante fragile qui est vite étouffée. Les contraintes qu’elle subit aujourd’hui l’empêchent de se développer, de s’épanouir et la tuent très souvent. Les PME françaises sont bien plus fragiles que les PME italiennes ou américaines. Supprimons maintenant les contraintes pesant sur le développement des entreprises nouvelles.
Et ne rendons pas l’action de nos syndicats responsable de notre inaction. Nos syndicats se mettent en grève quand on essaye de réformer les énormes mammouths. Par contre, les salariés des petites entreprises en voie de développement sont parfaitement conscients de la fragilité de leur entreprise. Ils savent que la moindre grève risquerait de la tuer.
Il est donc possible de mettre hors contraintes étatiques les entreprises de moins de 50 salariés, sans pratiquement déclencher une grève. Les grèves seraient suicidaires. Nous aurons alors des PME qui pourront enfin sortir de l’ombre et devenir même, un jour, des entreprises aussi performantes que Microsoft… Un rêve ?
Mais pour libérer les petites entreprises, il faut admettre que les contraintes imposées par le politique à l’économique sont mauvaises. Il faut changer totalement son fusil d’épaule. C’est une véritable révolution culturelle au pays de Colbert et de Keynes réunis.
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