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La loi anti-burqa Et après ?


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Thieulloy (de) Guillaume - jeudi 08 avril 2010

immigration, islam, identite-nationale
Le conseil d’État a rendu son avis : l’interdiction totale de la burqa dans les lieux publics pose de sérieux problèmes juridiques.
Aussitôt, bon nombre de parlementaires, du PC à l’UMP, ont déclaré qu’ils prendraient, quant à eux, leurs responsabilités et souhaitaient, malgré cet avis défavorable, légiférer et interdire le port du voile intégral dans tout l’espace public.

On ne peut naturellement que se réjouir de voir les parlementaires prendre leurs responsabilités. Il reste que cette question de la burqa semble, si vous me passez l’expression, singulièrement « mal emmanchée ».

Plusieurs arguments sont avancés pour justifier l’interdiction. Tout d’abord, l’argument de la sécurité : les forces de l’ordre doivent pouvoir contrôler les personnes se déplaçant sur la voie publique. Ensuite, l’argument de la laïcité : les religions ne devraient pas s’exprimer dans l’espace public. Enfin, la question de la dignité de la femme.
À l’inverse, l’argument majeur avancé contre la loi est celui de la liberté. L’État n’a pas à s’immiscer dans le choix particulier de s’habiller de telle ou telle façon. Doublé souvent de l’idée qu’une loi « stigmatiserait » la communauté musulmane.

À l’exception de cette prétendue «stigmatisation», je trouve, quant à moi, que tous ces arguments sont parfaitement recevables. Et je ne trouve par conséquent pas si facile de répondre par oui ou par non à la question : « Faut-il une loi interdisant le port du voile intégral ? »

Mais c’est aussi que la question est mal posée. Elle ne devrait venir qu’après la réponse à deux questions prioritaires : « Quelle place voulons-nous pour l’immigration dans notre peuple ? » et « Quelle place voulons-nous accorder à l’islam dans notre société ? »

Il faut s’interroger sur notre capacité d’assimilation des populations immigrées (ou sur notre renoncement à les assimiler…) et il faut se demander si l’islam a les mêmes droits en France que le christianisme.

S’il n’y avait que quelques originales à vouloir porter la burqa, sans logique politique, cela ne poserait aucun problème. Ce ne serait pas pratique pour leur parler, mais on s’en remettrait ! Le problème, c’est que la burqa est un moyen de tester notre résistance. C’est l’étape suivant le voile. Et qui sait quelle sera l’étape suivante ? C’est pourquoi, malgré toutes mes réserves, je soutiendrai cette loi interdisant dans l’espace public le port du voile intégral. Il faut donner un coup d’arrêt à l’islamisation progressive de la France.

Cependant, nous ne pouvons pas rester en permanence sur la défensive. Et nos principes de laïcité, d’égalité, de non-discrimination… nous obligent à nous battre avec les mains attachées derrière le dos. Tant que l’on n’aura pas admis qu’il n’y a rien de choquant à ce que les Français dictent leurs coutumes aux arrivants, tant que l’on n’aura pas admis qu’il est normal que le christianisme, dont l’influence se fait sentir partout dans notre pays, soit traité différemment de l’islam, on ne pourra sortir de l’impasse.

Un journaliste ou un homme politique qui ne comprend pas qu’un minaret a une autre signification que les flèches des cathédrales a un sérieux problème d’identité !

Au demeurant, chacun sait que l’islam n’est pas simplement une religion, mais aussi une politique – très souvent hostile à nos propres principes politiques. Cela n’implique pas l’extermination des musulmans. Cela n’empêche même pas l’assimilation des millions de musulmans présents sur notre sol. Mais cela nous oblige à traiter cette religion particulière de façon particulière. Je ne vois pas au nom de quel principe on empêcherait les Français de vivre en France comme des Français.

Or, qu’on le veuille ou non, vivre comme des Français, cela implique de pouvoir boire du vin ou manger du cochon ; cela implique d’être plus sensible (je devrais presque dire plus familier) à la beauté de la cathédrale de Chartres qu’à celle de la mosquée de Paris ; cela implique de traiter les femmes avec délicatesse et galanterie…

La France, c’est tout cela ; c’est notre art de vivre. Je comprends sans peine que d’autres aient des conceptions différentes, mais nous ne les empêchons pas de les vivre… ailleurs que chez nous. Ici, c’est la France. Et voilà ce que la loi anti-burqa se refuse à résoudre.

Sans parler de l’indispensable suspension de l’immigration (notamment par la suppression du regroupement familial et la réservation des prestations sociales aux nationaux), sans laquelle tout ce débat sera rendu parfaitement vain par la réalité démographique…

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