Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

La lutte contre l’amiante ne fait que commencer


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
3 VOTES
1832 LECTURES

Trémeau Bernard - dimanche 26 février 2006


L’amiante est un minéral très utilisé dans les années 1960. Mélangé à du ciment c’était un bon isolant thermique. La faculté de Jussieu, ou la tour Montparnasse, ont utilisé de l’amiante. Il a aussi été utilisé dans la fabrication des navires. Le magnifique transatlantique France, devenu Norway, et le porte-avion Clemenceau ont utilisé des centaines de tonnes d’amiante.

Puis on a constaté que l’amiante exposait au cancer du poumon ceux qui en respiraient de fines parcelles. Des années ont été nécessaires pour que médecins et statisticiens aient des certitudes sur ce danger. Toutes les constructions faites avec de l’amiante sont alors devenues des constructions dangereuses. On ne peut plus vendre en France une maison sans qu’un certificat prouve qu’elle ne contient pas d’amiante.

Pour supprimer le risque de cancer de poumon, on a été contraint de « désamianter » tout ce qui avait été construit avec de l’amiante. Désamianter est une opération exigeant beaucoup de main d’œuvre, beaucoup de temps, une protection rigoureuse des ouvriers et un savoir-faire précis. Enlever l’amiante est donc un service très coûteux. Des chantiers se sont ouverts dans le monde entier pour enlever l’amiante.

L’ablation de l’amiante est une entreprise de services. Or en 2000, au sommet de Lisbonne, Chirac et Jospin signent, pour la France et sans sourciller, les textes décidant de la libre installation des services en Europe. Une entreprise polonaise peut donc s’installer en France pour désamianter. Selon la directive Bolkenstein présentée en 2004, une entreprise polonaise pouvait appliquer en France les lois sociales en cours en Pologne. Les salaires y sont plus de 5 fois inférieurs aux salaires français. Immédiatement, la France s’est opposée à la directive Bolkenstein. Le désamiantage effectué par une entreprise polonaise aurait été trois ou quatre fois moins coûteux que celui effectué par une entreprise française. Des négociations ont eu lieu et une “nouvelle directive Bolkenstein” a été rédigée en 2006. Désormais, les entreprises polonaises qui travaillent en France doivent appliquer les lois sociales françaises. Elles sont alors pratiquement à égalité de concurrence avec les entreprises françaises. Le Parlement européen vient de voter cette nouvelle directive Bolkenstein. Les Polonais peuvent venir désamianter la faculté de Jussieu.

Mais un navire français peut aller se faire désamianter en Pologne ou en Inde, où le coût est dix fois moindre. Le porte-avions Clemenceau, qui fut un des fleurons de notre marine, lancé en 1957, est désarmé depuis 1997. Il est donc devenu un tas de ferraille flottant bourré d’amiante. Pendant 5 ans, le gouvernement Jospin n’a rien entrepris et l’a laissé à quai à Toulon. Puis la droite est revenue au pouvoir. Elle a d’abord vendu l’épave à une société espagnole qui devait désamianter en Espagne. Mais la société espagnole envoie l’épave en Turquie. Or l’OCDE interdit d’exporter des produits polluants. La Marine nationale résilie le contrat et l’épave du Clemenceau revient à quai à Toulon. Une entreprise française y commence le désamiantage en 2004.

Dans le même temps, la marine nationale trouve une entreprise qui veut bien prendre en charge la coque, la désamianter et la démanteler en Inde. Les associations écologiques s’y opposent. Une procédure est lancée. L’Égypte interdit le passage du canal de Suez à une coque bourrée d’amiante. Mais finalement autorise le passage d’un porte-avions (coût 1,5 million d’euros…)

La cour suprême indienne refuse « provisoirement » l’accès de ses eaux territoriales à une coque pleine d’amiante… Il est probable qu’en payant, le refus aurait été levé...

Finalement à Paris, le conseil d’État, saisi du problème, considère que l’exportation d’amiante en Inde est illégale. Jacques Chirac décide de rapatrier la coque à Brest, en contournant l’Afrique pour éviter le canal de Suez… Affaire à suivre.


9 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
UMP
Il y avait, officiellement, au 31 décembre dernier, 215 843 adhérents à jour du paiement de leur cotisation.

Chiffres significatifs

CLANDESTINS á En attendant le vote prochain de la nouvelle loi Sarkozy sur l’immigration, 2 000 à 3 000 étrangers sont régularisés chaque année en application de la disposition, désormais remise en cause par le ministre de l’Intérieur, qui permet aux préfets d’accorder un titre de séjour à un clandestin pouvant prouver dix ans de présence ininterrompue sur notre territoire.

MEXIQUE á La Chambre des représentants des États-Unis a adopté le principe de la construction d’un mur avec le Mexique. Une double barrière en acier haute de 4,5 mètres serait érigée sur quelque 1 116 km, la frontière totale entre les deux pays s’étirant sur 3 200 km.
À noter : 11 millions de Mexicains vivent clandestinement aux États-Unis.

PARTI RADICAL á Le vieux Parti radical, associé à l’UMP depuis 2002, actuellement coprésidé par André Rossinot et Jean-Louis Borloo, dit compter 6 000 adhérents.

SANS PERMIS á En 2003,
2 937 personnes ont été surprises à conduire un véhicule sans avoir de permis. C’était 9 756 en 2004, et 33 030 en 2005.

IMMOBILIER á En moyenne, la valeur du patrimoine immobilier des Français a augmenté de 80 % sur la période 1995-2003.

JAPON á Pour produire un dollar de richesse, l’économie japonaise consomme 30 % d’énergie en moins que la France ou l’Allemagne, trois fois moins que les États-Unis et huit fois moins que la Chine.




Plan du site