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La machine à créer des pauvres est en marche |
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Milliere Guy - mercredi 26 novembre 2008
obama
Comment régler les problèmes créés par l’interventionnisme étatique ? Par davantage d’interventionnisme étatique, bien sûr ! Si vous n’y aviez pas pensé, la plupart des dirigeants du monde y ont pensé pour vous. Et, comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, on peut s’attendre à ce que la récession économique qui commence dure et persiste jusqu’au moment où elle aura produit toutes les dévastations qu’elle porte en germe.
Qui osera rappeler que l’enclenchement de tout cela est venu d’un ensemble de décisions ineptes et de bricolages dangereux ? Qui osera dire que les lois dites « sociales » sont, le plus souvent, intrinsèquement perverses et produisent en général tôt ou tard l’inverse de l’effet qu’elles sont censées produire ? La lutte contre la pauvreté fait proliférer les pauvres. Le socialisme, écrivais-je voici quelques années, commence avec la promesse de la multiplication des pains et des brioches et s’achève avec la multiplication des indigents et des sans-abris.
Vous voulez obtenir la situation présente ? Votez une loi socialisante aux États-Unis appelée le Community Reinvestment Act et veillez à ce que cette loi oblige les banques à accorder des prêts immobiliers à des gens insolvables. Ajoutez des agences para-étatiques, Fannie Mae et Freddie Mac, aux fins de garantir les prêts immobiliers douteux. Demandez à la Réserve Fédérale de fixer ses taux d’intérêt en dessous du taux de l’inflation pour être sûr que la pâte monte bien. Attendez que les banques intègrent les prêts ainsi consentis à des produits financiers et les revendent sur toute la planète.
Comptez sur l’effet d’imitation et de contamination. Attendez les résultats. Quand les prix de l’immobilier, après avoir été artificiellement gonflés par une demande survitaminée, s’effondrent et que les produits financiers qui ont été créés perdent l’essentiel de leur valeur et deviennent invendables, vous touchez au but.
Après quelques faillites bancaires et une défiance généralisée qui paralyse l’activité économique, dites que tout cela, c’est la faute au « capitalisme sauvage » et au « libéralisme ». Soyez certains que les idiots, les opportunistes, ceux qui n’ont jamais rien compris à ce que Friedrich Hayek appelait l’ordre spontané évoqueront la nécessité de « mettre de l’ordre » en ajoutant de fortes doses de rigidité et de stérilisation.
Quand les idiots, les opportunistes et ceux qui ne comprennent rien sont assez nombreux, donnez-leur la parole abondamment dans les médias. Certains hommes politiques ne tarderont pas à leur emboîter le pas. Ils pourront se faire élire à la Maison Blanche. Ils pourront aussi parler depuis l’Élysée et appeler à une réunion planétaire de chefs d’États. Et ne vous étonnez pas si la situation passe du quasiment catastrophique au très catastrophique. Aujourd’hui, nous en sommes là.
Si Obama applique le programme sur lequel il a été élu, et s’il fait du Roosevelt ou du Keynes, comme il semble en avoir l’intention, le chômage aux États-Unis montera vers la barre des 10 %, le spectre de la grande dépression se profilera. L’Europe incluant plusieurs pays qui sont dans une situation financière bien plus préoccupante que les États-Unis, la dépression y sera plus forte encore. Si nous n’entrons pas dans une période de déflation et de protectionnismes en cascade, c’est que nous entrerons dans une phase de stagflation et de planisme planétaire sous l’égide de technocrates à la bruxelloise.
Ce qu’on peut souhaiter à l’heure actuelle est que cela ne débouche sur aucune guerre et aucun aventurisme politique, mais ce genre de souhait est rarement exaucé. Tôt ou tard, un assainissement se fera. On envisagera de rebâtir. On reparlera du libre marché et de ses vertus. Cela s’achève toujours ainsi. Ce que Sarkozy et ses comparses n’ont pas compris est que, lorsqu’on détraque le marché, il y a des conséquences et que, quand on détraque encore davantage le marché, les conséquences sont plus douloureuses encore. Je ne suis pas sûr qu’ils comprendront un jour.
Ce qui est triste est que des millions de gens vont souffrir et que, pendant quelque temps, lorsqu’ils chercheront à comprendre pourquoi ils souffrent, les explications viendront de charlatans. Lorsqu’ils chercheront une issue, on leur offrira des impasses. La connaissance économique existe : elle est scandaleusement inutilisée.
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Réforme
«Les réformes fiscales sans progression des ressources sont toujours difficiles…»
Yannick Paternotte, député UMP
SIC
Bouclier «La France a besoin d’un bouclier social pour amortir les effets de la crise financière !»
Benoît Hamon,
député européen PS
Fin de l’histoire «Dans son effort pour transcender les États-nations et remplacer les pouvoirs politiques par des règlements et des lois, l’Europe s’approche plus d’une réelle fin de l’histoire que les États-Unis…»
Francis Fukuyama, essayiste
Vendée «Il est probable qu’un jour un président français vienne rendre hommage aux Vendéens exterminés en 1793.»
Philippe de Villiers
Libéralisme «Le libéralisme se caractérise par l’alliance indissociable du droit et de la liberté, dans le domaine économique comme dans le domaine politique.»
Hervé Novelli, Sec. d’État
Paradoxe ? «Paradoxalement, je pense que lorsqu’on est de droite, on doit être encore plus pour la morale que n’importe qui.»
Jacques Marseille, économiste
Révolution «Révolutionnaire doit rimer avec réaliste, et non avec utopiste !»
B. Lancar, pdt Jeunes populaires
Régulation «Plus personne n’assume vraiment une économie de marché régulée. Même le président de la République ne la défend plus. Ce vide amène la radicalité.»
François Chérèque, sec. gal CFDT
Multiculturalisme «Le multiculturalisme est aussi absurde qu’un jeu auquel chacun prétendrait jouer avec ses propres règles !»
Philippe Nemo, philosophe |
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