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Lévy Gabriel - dimanche 29 août 2010

sarkozy
2012 : rouge, impair, passe et manque !

 

La mise du président, et la nôtre, semblent désormais perdues.

Dans un sondage récent, qui n’est incohérent qu’en apparence, plus de la moitié des Français (55 %) souhaitent la victoire de la gauche, mais ils sont convaincus (57 %) que, revenue au pouvoir, la gauche ne fera pas mieux que la droite. Preuve de la cohérence du message : 62 % des Français (selon le Point) ne veulent pas que M. Nicolas Sarkozy se présente pour un second mandat.

La droite est donc invitée à changer de leader. Mais est-ce encore possible ?

Le régime présidentiel, dans son acception monarchique, est un mal. La personnalisation du « chef » conduit à une forme plus ou moins atténuée du despotisme, à la stérilisation des élites politiques, ainsi qu’à des changements fréquents de majorité, sans que la nation y trouve un profit. Voyez : avant toute élection, les Français viennent de dire : « ce n’est pas la peine de changer de gouvernement », mais de président.

Le désamour de M. Sarkozy semble désormais ancré dans l’esprit des électeurs, comme il l’avait été à l’égard de tous les présidents précédents. Il ne s’agit pas d’une quelconque versatilité de la part de nos concitoyens, mais de la révélation inéluctable du comportement et des défauts personnels du dirigeant, une fois soumis à l’épreuve de l’exercice du pouvoir absolu que notre système présidentiel lui confère. « Le style, c’est l’homme » écrivait Buffon.

Les moyens modernes de communication ne tardent pas à faire leur miel de ces défauts, les répandre, les amplifier… rumeur et calomnie, mais « Qui diable y résisterait ? ». Ces médias, puisque tel est leur nom, sont néanmoins indispensables, car ce sont, excessifs peut-être, les seuls contrepoids au pouvoir personnel. Les hommes n’étant jamais irréprochables, la tare est forcément notre régime monarchique qui leur accorde trop de pouvoir.

« Malheur à moi, je crois devenir Dieu »

Or, de nombreux penseurs se sont livrés à l’étude des vices de l’absolutisme : « le pouvoir absolu corrompt absolument »… la pensée, bien sûr (Lord Acton), car « le pouvoir d’ordonner provoque souvent l’incapacité de penser » (Patrick Lagadec), « le pouvoir réel c’est l’illusion du bon plaisir, l’homme n’a pas envie de gouverner, il a envie de contraindre » (André Malraux), et, « si le pouvoir rend fou, l’excès de pouvoir rend débile » (Alain). Ainsi, trouvions-nous dans nos livres d’histoire les dernières paroles de Vespasien, rapportées par Suétone : « Malheur à moi, je crois devenir dieu », ce qui ne manque pas de nous rappeler que les camarades du président François Mitterrand l’affublaient tantôt du nom affectueux de tonton, tantôt de celui de « Dieu ».

Nous décrivions un an après l’élection de M. Sarkozy (déjà !), sous le titre « l’action dévore la pensée» (Alain), la frénésie des annonces, des promesses, des tentatives d’action, qui procédaient plus de son instinct, voire de son humeur, que de la réflexion, bref  « du subjectivisme ». Victor Hugo avait relevé – à tort -  ce syndrome chez Napoléon III : «  il fait rage, il touche à tout, il court après les projets, ne pouvant créer, il décrète… »

Quant aux ministres et aux parlementaires prétendus influents, tétanisés par la puissance du chef, ils approuvent ou restent silencieux. N’est-il pas dans les fonctions du Prince de pourvoir aux emplois et aux avantages, de faire ou de défaire des carrières ? C’est que nous avons appelé la stérilisation des élites.

Il ne reste au président que peu de mois pour « passer la main » et éviter l’échec. Mais comment trouver, parmi des élites soumises, le candidat idoine ? Les sondages nous conseillent une piste : chercher la personnalité « en creux » de celle, désormais contestée, de M. Sarkozy, soit les qualités sans les défauts. M. Fillon ? Dans la tourmente actuelle, il obtient déjà une cote flatteuse.

Gabriel Lévy,

Président de l’association des Contribuables d’Aubagne


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