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La mondialisation est un fait, pas une doctrine morale !


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Rouxel Jean - dimanche 18 décembre 2005


Le nouveau cycle de négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce s’ouvre le 13 décembre à Hong Kong, après l’échec de la conférence de Cancun en 2003.
Comme à chaque réunion de l’OMC, nous entendons les responsables politiques et les médias français nous chanter les mérites de la « mondialisation régulée » – ou, comme on l’a entendu dire cette semaine à propos de Pascal Lamy, de la « mondialisation social-démocrate » !
Mais il est troublant de constater à quel point les élites de ce pays comprennent mal le phénomène de la mondialisation. Tout se passe comme si elles ne parvenaient pas à le voir comme un fait, confondant systématiquement le fait incontestable et probablement irréversible de l’augmentation des échanges internationaux avec une idéologie.
Par conséquent, et tout naturellement, le peuple français est effrayé devant ce phénomène si mal expliqué : un sondage BVA pour Libération rendu public le 12 décembre indiquait que 52 % des Français considéraient la mondialisation comme une source de crainte et seulement 38 % comme une source d’espoir.
Il convient donc de rappeler que l’augmentation des échanges internationaux n’est ni bon, ni mauvais en soi.
Ce qui compte, c’est de le prendre comme un fait et de prendre ses dispositions pour s’adapter à cette nouvelle situation.
Or, c’est typiquement ce que la France ne fait pas. Au contraire, notre pays, par sa fiscalité écrasante, ses charges sociales et peut-être plus encore son refus de toute flexibilité en matière de droit du travail et de droit social, condamne nos entrepreneurs à concourir en position de faiblesse.
Jacques Chirac ne cesse d’en rajouter dans la démagogie tiers-mondiste ou autre, sans se préoccuper de savoir si ses « solutions » seront suivies ou non par les autres pays développés.
Et un tour d’esprit caractéristique des élites françaises nous empêche également de nous armer pour ces combats économiques internationaux. À chaque dossier négocié à l’OMC, on entend dire : certes, il est bon d’abolir les frontières, mais ceci (la culture, l’agriculture, les services…) n’est pas une marchandise comme les autres et, par conséquent, pour cette marchandise particulière, nous réclamons le maintien du protectionnisme !… Mais aucune marchandise « n’est une marchandise comme les autres » !
Cessons donc enfin de mener des combats perdus d’avance pour maintenir un illusoire protectionnisme et donnons à nos entreprises les moyens d’être compétitives !


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