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La nucléarisation de l’Iran est inéluctable |
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Pascallon Pierre - jeudi 11 février 2010
iran
Rien n’interdit à un État déclarant développer un programme nucléaire civil de se doter d’installations d’enrichissement ou de retraitement d’uranium qui peuvent, le moment venu et dans un délai finalement bref, déboucher sur un programme militaire.
C’est bien ce qu’à fait l’Iran : sous couvert de programme civil, ce pays s’est lancé dans une véritable course à l’arme atomique que « l’Occident » a découverte au début des années 2000, plus précisément en août 2002 lorsqu’un groupe d’opposants iraniens en exil dénonça l’existence d’une installation d’enrichissement d’uranium à Natanz et d’une centrale nucléaire à Arak. Depuis, l’Iran n’a cessé de faire preuve de sa détermination dans sa marche forcée vers la bombe atomique, et la plupart des observateurs s’accordent désormais pour assurer que l’Iran va pouvoir produire sa première bombe atomique en 2010.
Alors, à l’heure qu’il est, la nucléarisation de l’Iran est-elle irrépressible ? On peut le penser. Observons en effet que la seule politique qui pourrait empêcher l’Iran d’avoir la bombe atomique est à ce jour irréaliste sinon impossible. Il s’agirait, comme le réclament depuis longtemps les pays arabes de la région (et l’Égypte en particulier depuis 1974) de créer au Proche-Orient une zone exempte d’armes nucléaires, une zone dénucléarisée. Cela voudrait dire – pour y parvenir – qu’il faudrait maintenant convaincre simultanément Israël de renoncer à l’arme nucléaire qu’il possède depuis 1967, semble-t-il, et l’Iran de renoncer à ses efforts pour se procurer l’arme atomique qu’il est quasiment en passe d’avoir. Vœu tardif et pieux ; « solution » irréaliste et impossible.
L’Iran aura donc finalement la bombe atomique, parce que les autres politiques ne sont pas de nature à l’empêcher. Les autres politiques ? On pense d’abord à la politique de négociation. Depuis août 2003, les Européens et les États-Unis négocient avec l’Iran sur le nucléaire. Il en faudrait long pour rappeler les différentes péripéties de ces négociations. On sait qu’après 15 mois de blocage, on a eu à Genève le 1er octobre 2009 une relance du dialogue entre l’Iran et les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Chine) et l’Allemagne. Un accord paraissait se dessiner impliquant que Téhéran envoie 70 % environ de son uranium enrichi pour le transformer (Russie, France) en combustible destiné à un réacteur de recherche dans la capitale de l’Iran. Mais, l’Iran vient finalement de refuser cette offre de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA). Et le Président iranien vient d’annoncer la perspective de la construction de 10 nouveaux sites d’enrichissement d’uranium !
On s’oriente donc vers une politique de sanctions – des sanctions alourdies. Mais peut-on véritablement isoler l’Iran plus que par le passé, même si la Russie et la Chine – alliés traditionnels de l’Iran – paraissent se rallier à cette position ? On peut douter de l’efficacité de cette politique, l’Iran étant en position de force en raison notamment de son poids sur le marché pétrolier et Téhéran paraissant pouvoir trouver des appuis du côté de l’Amérique Latine.
Reste donc l’intervention militaire. La tentation israélienne – régulièrement évoquée depuis 2005 – de frappes aériennes sur les installations nucléaires iraniennes se précise en ce début 2010. Mais on voit bien les difficultés de ces frappes ciblées sur quelque 20 sites iraniens disséminés et souvent enterrés. Rien à voir avec les opérations israéliennes précédentes en Irak et en Syrie. Même réussis, ces raids israéliens ne permettraient au mieux que de retarder (3 ans ?) le programme nucléaire iranien.
Par ailleurs, une campagne aérienne plus lourde, comme celle menée au Kosovo en 1999 (avec l’appui des Américains et des Français), visant à faire plier le régime iranien, ne paraît pas pouvoir être envisagée.
Kennedy avait en vain empêché Israël d’acquérir l’arme nucléaire. On voit mal aujourd’hui ce qui pourrait empêcher désormais l’Iran d’accéder au même statut…
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