Lance Pierre - mercredi 31 mai 2006
Deux tragédies ont récemment saisi tous les Français d’une colère indignée : deux très jeunes enfants ont été assassinés, presque le même jour, dans des conditions atroces, et deux familles ont été plongées dans un désespoir que rien ne pourra effacer.
Qui pourrait imaginer un crime plus épouvantable que celui-là : arracher la vie à un jeune être candide et confiant qui n’a encore vu autour de lui que des sourires attendris et qui croit que les grandes personnes ne songent qu’à le protéger de tous les dangers et à guider ses pas avec bienveillance.
Il n’est que trop facile et incommensurablement lâche de tromper un jeune enfant et de l’attirer dans un piège horrible et mortel. Celui qui commet un tel acte se retranche de l’espèce humaine et devrait être abattu comme un chien enragé. Les abolitionnistes mènent campagne depuis des lustres pour que la peine capitale ne soit plus pratiquée nulle part sur la planète. Se présentant comme des apôtres patentés de l’humanisme le plus généreux, ils vantent l’abolition de la peine de mort comme si elle était un progrès de la civilisation, alors qu’elle est tout au contraire un progrès de la barbarie. Elle l’est même doublement, car, d’une part, elle absout la barbarie du criminel qui peut devenir récidiviste s’il est un jour libéré, et d’autre part, elle enterre vivant le condamné à perpétuité, ce qui est infiniment plus cruel qu’une expédition « ad patres » rapide et hygiénique.
À quoi il faut ajouter que ce n’est pas l’effet sur les criminels qui est le plus important, mais l’effet d’apaisement relatif sur la famille de la victime et sur le peuple tout entier. Car il n’est rien de plus essentiel pour l’ensemble des citoyens que de savoir qu’ils vivent dans une nation où la justice a le dernier mot et où le crime le plus odieux entraîne l’inexorable châtiment. Le seul et unique argument recevable des abolitionnistes était autrefois le risque d’erreur judiciaire. Mais il convient de prendre en compte l’évolution survenue depuis 1981 (date de l’abolition de la peine de mort en France par une dictature d’assemblée sans consultation du peuple souverain).
Il y a eu tout d’abord un progrès scientifique considérable grâce à la reconnaissance de l’ADN, qui permet dans de nombreux cas de confirmer désormais sans doute possible, soit la culpabilité, soit l’innocence de la personne suspectée. Et il y a eu ensuite, sur le plan judiciaire, la création d’un recours en appel à la suite d’une sentence de cour d’assises, appel qui était impossible auparavant, et qui offre aujourd’hui une possibilité de contre-enquête. Ces conditions nouvelles rendent aujourd’hui infinitésimal le risque d’erreur judiciaire. Il reste, bien entendu, que le moindre doute doit profiter à l’accusé, et que seules doivent être prises en considération les preuves matérielles irréfutables. Rien ne s’oppose donc aujourd’hui à ce que la peine de mort soit rétablie en France, à tout le moins pour les assassins d’enfants.
Les dirigeants du FN et du MPF ont demandé un référendum à ce sujet. Il est très regrettable que des représentants de l’UMP et de l’UDF n’aient pas fait la même demande, sans doute parce que Jacques Chirac est un abolitionniste, ce qui ne fait que confirmer l’indigence notoire de sa philosophie politique. Ne parlons pas de la gauche, qui demeure toujours très symbolique de la déliquescence française.
Quant à ceux qui prétendent que le rétablissement de la peine de mort nous est interdit par l’Union européenne, je leur objecte que, si un référendum français adoptait ce rétablissement, la France serait en mesure d’exiger qu’un référendum identique ait lieu dans tous les pays de l’Union, et je n’ai pas le moindre doute que la plupart des autres peuples européens nous emboîteraient le pas.
D’ailleurs, l’Union européenne n’étant pas une fédération comme les Etats-Unis (qui pourtant laissent à chacun de leurs États le droit de légiférer en ce domaine), mais une simple confédération, il est parfaitement scandaleux qu’elle prétende imposer l’abolition à tous ses membres ainsi qu’aux nations candidates et il s’agit là d’un abus de droit caractérisé, perpétré par de pseudo-démocrates qui croient posséder la science infuse et méprisent l’opinion des peuples.
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