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La politique étrangère de la France : erreurs, agitation et illusion


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Lambert Christian - jeudi 03 novembre 2011

islamistes
La politique étrangère de notre pays est conduite à l’Élysée. Le ministre des Affaires étrangères joue les utilités. Le simple fonctionnaire, conseiller diplomatique du chef de l’État, a, en fait, plus de pouvoir que le ministre, bien qu’Alain Juppé se tienne « droit dans ses bottes » sur le… Titanic, comme il l’a dit lui-même.

C’est le chef de l’État qui, donc, dirige notre politique extérieure. Il est le président du G20, du G8, du G1, de tous les G. Il sillonne le monde sans arrêt, à bord « d’Air Sarko One », le pendant luxueux « d’Air Force One » du président américain. Trois heures à Pékin, deux heures à Berlin et une heure à New York, pour délivrer au monde, avec fracas, un message universel, oublié aussi vite qu’entendu.

Mais, avant d’analyser cette politique fulgurante sur 3 points : l’Europe, l’expédition en Arménie et Géorgie et le « printemps ara­be », quelques lignes sur le contexte général.

On arrive aujourd’hui à une sorte d’aboutissement de quelque six décennies de démagogie et d’incurie. N’ayons pas peur des mots. La France en 1944-1945 a pris la mauvaise voie, celle du système soviétique : administration pléthorique, lutte des classes, syndicalisme communiste grâce à un parti stalinien, de tous le plus fidèle à Moscou, qui avait pour lui militants, partisans, sympathisants et, bien sûr, une nomenklatura privilégiée. Cette situation très négative s’est aggravée, ces 30 dernières années, par la philosophie de la redistribution de la richesse nationale (56 % du PIB) au profit, en priorité, des populations immigrées, noire, arabe, turque, afghane, pakistanaise, sud-américaine, chinoise et, aujourd’hui, de plus en plus, tchétchène ! Le résultat est là : ruine, insécurité et corruption.

Parlons maintenant de l’Europe qui se caractérise par un déséquilibre de plus en plus marqué entre l’Allemagne et la France. Voici un pays de 80 millions d’habitants, l’Allemagne, écrasée en 1945 sous des millions de tonnes de bombes, avec des millions de victimes civiles et militaires, aujourd’hui beaucoup plus fort que la France, malgré l’annexion et la ruine de sa partie orientale par l’URSS pendant plus de 40 ans. Les Allemands, qui ne sont pas marxistes, ont pris le dessus. Ils sont travailleurs et sérieux. Beaucoup de Français ne le sont pas, qui veulent faire rembourser par les Allem­ands les dettes colossales des pays du Club Med, le club de cigales. La dette publique de l’Allemagne va diminuer en 2012 pour passer à 82, 4 % du PIB, au lieu de 84,7 % en 2011. Cel­le de la France va augmenter de 84,7 % à 86,8 % du PIB. La France s’offre chaque année 163 mil­liards de dépenses publiques de plus que l’Allemagne. Le chômage en Allemagne est de 6 %, en France de 10 %.

L’industrie allemande florissante exporte à tout va. L’in­dustrie française a perdu un tiers de sa capacité en 10 ans et perd sans arrêt des parts de marché. La balance commerciale est de plus en plus déficitaire. Il en sera ainsi, tant qu’une fiscalité d’une complexité inouïe, s’apparentant aux hiéroglyphes de la IIIe dynastie, écrasera l’initiative, sans parler des 35 heures.

Sans doute l’idée d’une Europe unie est bonne, mais, pour la rendre viable, il fallait en rester à 7, voire à 9 pays, et non pas 27, créant une sorte de cirque aux 50 000 fonctionnaires qui, avec une législation spéciale, se superpose à ceux des pays membres. Comment diriger de tels attelages ? Qu’y a-t-il de commun entre Malte et l’Estonie ? Qu’a-t-on gagné avec la Bulgarie et la Roumanie qui, grâce à l’UE, se débarrassent de leurs populations tsiganes en les envoyant voler et mendier en France ? Tout ce que ces pays ont en commun, c’est de demander à l’Allemagne de rembourser leur dette. « Jamais l’UE n’a été autant menacée », vient de déclarer François Fillon. Comment et quand la Grèce, l’Italie, le Portugal, l’Espagne, la France vont-ils rembourser ?

Quant à la brève expédition de Sarkozy dans le Caucase, début octobre, elle répond à une nécessité électoraliste : s’assurer du vote des 450 000 Arméniens qui résident en France. En attendant, Arméniens d’Arménie, Géorgiens, Azerbaïdjanais, ressortissants du Nagorny-Karabakh, de l’Ossétie du Sud, et de l’Abkha­zie, ces deux dernières régions ayant été pratiquement annexées par la Russie, malgré les soupirs de Nicolas Sarkozy, recevront tous les visas qu’ils veulent pour venir en France et… y rester. Signalons aussi, dans la tournée caucasienne de Sarkozy, un point qui n’aurait jamais dû être abordé, celui du génocide des Arméniens par les Turcs de l’empire ottoman en 1915, il y a 96 ans, car, en matière de génocide, la France aurait grand intérêt à rester discrète, sachant que les armées républicaines et citoyennes de la Révolution de 1789 ont procédé allègrement au génocide des Vendéens, parce que catholiques et royalistes.
On lit dans le rapport envoyé à la Convention par l’adjudant général Rouyer : « Nous fusillons tous ce qui tombe sous notre main, prisonniers, blessés, malades dans les hôpitaux… » Membre du comité de salut public, le citoyen Duquesnoy écrit en 1794 : « J’ai brûlé et incendié toutes les maisons et égorgé tous les habitants que j’y ai trouvés. » « Les femmes et les enfants ont été enfermés dans les églises et nous les avons brûlés vifs, écrit à la Convention le général Turreau qui commandait les colonnes infernales. Tout n’est plus que désolation… » Le chef de la division SS Das Reich a sans doute pris modèle sur le général Turreau à Oradour en 1945 ! Autre génocide, celui des Tutsis par les Hutus en 1994, 900 000 hommes, femmes et enfants ont été massacrés. Le rôle joué à cette occasion par l’armée française présente au Rwanda – on se demande pourquoi – est pour le moins ambigu. Passons.

S’agissant de l’émouvant « printemps ara­be », la situation a, aujourd’hui, le mérite de la clarté. C’est un festival de stupidités, d’illusions et de crimes. La première décision du CNT libyen a été de proclamer la Libye, État islamique, avec la charia pour règle de tout aux plans religieux, civil, judiciaire et financier, comme en Iran. La charia, c’est les femmes lapidées, les mains coupées, les coups de fouet, la polygamie et, bien sûr, le voile pour les femmes, tout ceci au nom des droits de l’homme de Bernard-Henri Lévy, de Nicolas Sarkozy et de l’ONU. Bref, la Libye sera un nouvel Afghanistan de l’autre côté de la Méditerranée. Déjà plusieurs katibas (brigades) et unités de l’ancienne armée de Kadhafi se prépareraient à attaquer le gouverneur de Tripoli, le djihadiste Abdel Hakim Belhadj, soutenu par Al Qaïda. On me rapporte également l’existence de 66 camps de détention, où sont entassés notamment des Africains soupçonnés d’avoir été des mercenaires de Kadhafi. Ils y seraient très maltraités, torturés, exécutés, des camps de la mort ! C’est cela que voulaient BHL et Sarkozy ?

Ce qui est certain, c’est que des centaines de milliers d’armes de toute nature circulent dans la Libye « libérée », où le Premier ministre de fait Mahmoud Djibril a déclaré publiquement le 19 octobre qu’il y avait « un risque terrifiant (sic) pour la Libye de sombrer dans le chaos ». Combien d’immigrés vont fuir ce chaos ? En Europe bien sûr !

Autre point de détail, si j’ose dire. En Libye, 8 000 pièces d’or d’une valeur inestimable, dont certaines datant de Carthage, ont été volées dans une banque de Benghazi qui a été pillée. C’est l’un des plus grands vols archéologiques de l’histoire, a reconnu l’UNESCO. Comme quelques-unes des plus belles pièces du musée du Caire, comme le musée de Bagdad, comme le musée de Kaboul, détruit à coups de masse par les talibans. Ceci s’ajoutant au lynchage obscène de notre ex-ami et bouffon Mouammar Kadhafi, on voit ce qu’est cette civilisation indissolublement liée à la barbarie. Quant à la Tunisie, je ne retiendrai que ce que vient d’en dire une jeune Tuni­sienne, fervente militante démocrate : « La tête est partie, mais tout le système reste, avec désormais un chômage à 50 %. »

Comment les Occidentaux et, en particulier, l’actuel pouvoir en France ont-ils pu être aussi ignorants de la réalité arabe et islamiste, pour mener une guerre et une politique qui déjà se retournent contre leur propre civilisation ? Qu’a-t-on fait à Dieu pour avoir des dirigeants aussi bêtes et irresponsables qui, pratiquement, ont livré à Al Qaïda un formidable arsenal, dont récemment 20 000 tonnes d’armes, destinées aux rebelles libyens et qui sont passées directement chez les terroristes islamistes d’AQMI, avec quelques tonnes gracieusement laissées au djihadiste formé en Afgha­nistan, l’actuel gouverneur de Tripoli.

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