Rouxel Jean - jeudi 10 décembre 2009
francois-bayrou, segolene-royal
L’actualité politique récente a été dominée par la valse-hésitation de deux saltimbanques bien connus de la vie politique française : François Bayrou et Ségolène Royal.
La première a proposé un pont d’or au Modem, qui a sèchement refusé par la voix de son président alors en congrès à Arras.
La droite et la gauche s’entendent au moins sur une chose : les centristes sont décisifs dans la vie politique française. L’UMP a chèrement payé son alliance avec le Nouveau centre qui devrait avoir deux têtes de listes régionales (dans le Nord et en Bourgogne) et plus de 15 têtes de listes départementales.
De son côté, Ségolène Royal assurait 5 places éligibles au Modem (alors que son groupe socialiste compte aujourd’hui 24 membres).
Autrement dit, alors que personne ne sait ce que « pèse » électoralement le centre à l’heure actuelle, alors que tout le monde clame qu’avec le quinquennat, nous sommes entrés dans l’ère du bipartisme, on continue à se comporter comme si « la France se gouvernait au centre », selon la vieille thèse giscardienne.
Personnellement, je crois que c’est absurde. Plus un parti assume ses « fondamentaux » (et donc moins il est « centriste »), plus il est audible et donc plus il rassemble de voix.
Les régionales nous donnent en tout cas une nouvelle occasion d’assister à des négociations de boutiquiers, où les débats idéologiques n’ont pas leur place.
Le PS a critiqué Royal pour son initiative, qui n’a pas d’autre logique que celle-ci : si Royal perd la région, elle perd toute chance de se présenter en 2012. Inversement, l’intérêt de Bayrou est que Royal ne réussisse pas. D’abord, parce qu’elle fut pour lui une redoutable adversaire en 2007 ; mais surtout parce qu’elle est la seule, en ce moment, à être en position de faire évoluer le PS vers un parti social-démocrate, acceptant l’économie de marché.
Si l’on peut critiquer l’UMP et le PS pour l’absence de clarté de leur stratégie (et cette funeste ouverture tous azimuts, qui brouille toutes les pistes), le Modem n’est pas plus clair. Quelle est la ligne de ce parti ? Préfère-t-il l’alliance à droite ou l’alliance à gauche ? Personne n’est en mesure de le dire.
Le plus grave dans cette fascination de la classe politique française pour le centre réside dans le fait que plus personne n’ose dire franchement ce qui le distingue de ses adversaires.
Et tout le monde s’accorde sur un consensus mou, fait de social-démocratie et d’économie de marché infectée par l’assistanat.
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