Lambert Christian - dimanche 14 novembre 2004
Comme de nombreux téléspectateurs, j’ai suivi le 2 novembre l’émission de Christine Ockrent sur FR3 consacrée aux élections américaines. À 23 h 30, la chaîne donnait le candidat démocrate gagnant. Les participants étaient radieux, jubilants. Déjà Hubert Védrine, l’ancien ministre des Affaires Étrangères de Jospin refaisait le monde avec son ami le démocrate Richard Holbrook, en qui il voyait le futur Secrétaire d’État américain. Le député de Paris, Pierre Lellouche, doté pourtant d’un certain bon sens, ne cachait pas qu’il était en faveur de John Kerry. Il est vrai que ce député est assez proche de Jacques Chirac. Pas un mot n’était dit du 11 septembre 2001, pas un mot sur l’islam et le terrorisme. Hélas, hélas, hélas, ce fut le triomphe de George W. Bush ! Ce que je veux dire est que, tout au long de la campagne électorale américaine, la presse française, dans sa grande majorité, a fait preuve d’une stupéfiante partialité, reflétant ainsi l’opinion de la plupart des Français qui, en cette importante affaire, se sont livrés à une opération intellectuelle aussi spontanée que stupide, consistant à transposer la politique intérieure française sur les États-Unis. Bush, c’est la droite, c’est Le Pen, que dis-je, c’est Hitler ! Kerry, lui, c’est l’homme du petit peuple, de l’Amérique d’en bas, des noirs, des arabes, des hispaniques, des prolétaires, tout le peuple de gauche. Qu’il me soit permis de dire que cette vue des choses relève d’une grande ignorance et d’un jugement foncièrement erroné. Les Américains, eux, ont été préservés du virus meurtrier de l’égalitarisme, de la haine des classes, de l’affrontement permanent auquel elle aboutit, issus des révolutions destructrices et suicidaires de 1789 en France et de 1917 en Russie dont on connaît les résultats désastreux.
Religieux et patriotes
Les Américains sont religieux et patriotes. Leur devise est : « Que le meilleur gagne!» En France, qui est religieux en dehors des musulmans pour lesquels l’État se propose de construire de nombreuses mosquées aux frais du contribuable chrétien ? Qui est patriote, lorsqu’on laisse siffler publiquement l’hymne national ? Seule une petite minorité l’est, en butte aux sarcasmes de la presse et d’une certaine manière aux reproches du Président de la République lui-même, qui s’oppose avec détermination à toute mention de l’héritage chrétien dans la Constitution européenne, mais qui fait l’éloge des « apports positifs de l’islam ». Le mot d’ordre en France est : soyez internationaliste, altermondialiste, multilatéraliste et, de préférence, homosexuel. Si vous vous présentez comme le défenseur des valeurs religieuses et morales universelles et nationales, vous ne pouvez être qu’un fasciste et un idiot. Si vous avez réussi par votre travail, votre intelligence et votre honnêteté à constituer un patrimoine important, vous êtes un suspect à contrôler. On notera d’ailleurs que la majorité des Français estime que les présidents républicains des États-Unis sont tous frappés de débilité mentale. L’intelligence politique est une exclusivité française qui culmine dans le cerveau des grands prêtres qui officient dans les temples sacrés des valeurs républicaines, rue du Faubourg Saint-Honoré, rue de Varenne… En réalité, utopistes, coupés des réalités, indifférents à tout sauf à leurs vacances et dépourvus de forces financières autant que militaires, les Français irritants depuis longtemps sur la scène internationale, deviennent désormais ridicules. C’est dire que la presse a encore de beaux jours devant elle pour nous parler de la Côte d’Ivoire où « la situation est sous contrôle », de la santé de Yasser Arafat, infiniment plus intéressante que celle du Pape, du chômage qui « va baisser », et de la Turquie qui va nous arriver avec ses 70 millions de musulmans, plus tous les autres turcophones, que l’on trouve jusqu’en Chine.
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Multiculturalisme
«Nos intellectuels nous invitent à respecter les lointaines populations « fragiles » et à leur éviter ainsi, à tout prix, un choc culturel. Qu’ils m’expliquent alors pourquoi nous devons, nous Français, accueillir les étrangers en masse au nom d’une multiculture devenue pour l’occasion bénéfique ! Pour quelle raison les mélanges raciaux, religieux et culturels ne produiraient-ils pas ici les mêmes dégâts que là-bas ?»
CdO Par courriel
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