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La prime au « mérite » des recteurs d’académie


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Rouxel Jean - lundi 20 décembre 2010

fonctionnaires, education-nationale
Depuis la fin du mois de novembre, les tout-puissants syndicats de l’Éducation nationale s’agitent. Motif ? Un décret paru au Journal officiel le 16 novembre encadre les primes de fin d’année des recteurs d’académie.

Vous me direz sans doute que les primes de fin d’année sont assez banales dans la fonction publi­que et vous aurez raison. Mais celles-ci inquiètent les syndicats, parce qu’une part est variable et dépend du zèle et du mérite du recteur concerné.

Cela donne lieu à des commentaires cocasses. J’ai ainsi entendu sur la radio d’État un « représentant » clamer que, dans sa centrale syndicale (il s’agissait de la FSU, mais je suppose que le cas est plus général…), on était contre le mérite. Voilà une information intéressante !
Je note aussi la mauvaise foi des commentaires syndicaux. Alors que la prime au mérite ne peut excéder 6 840 euros (ce qui doit représenter, en ordre de grandeur, un mois de salaire de recteur), les syndicats accusent les recteurs « zélés » (c’est-à-dire moins hostiles à un gouvernement de droite qu’il conviendrait à un bon fonctionnaire de l’Éducation nationale !) de toucher des primes de 22 000 euros. Sur cette somme, 15 200 euros, selon le décret, n’ont rien à voir avec la prime au mérite…

Sur le principe, à l’encontre des syndicats, je pense que la prime au mérite est une excellente chose.

Mais nous sommes à des années-lumière d’une véritable prime au mérite. D’abord, parce que, comme je viens de le dire, la plus grosse partie de cette prime n’a rien à voir avec le mérite, puisqu’il s’agit de la part fonctionnelle de l’« indemnité de responsabilité » (sic !), c’est-à-dire une somme versée à un recteur parce qu’il est recteur.

Mais, surtout, parce que les indicateurs permettant de jauger le mérite sont uniquement comptables (il s’agit du suivi des suppressions de poste). Bien sûr, ce ministère que l’on appelle encore par dérision « l’Éducation nationale » (qui n’est plus ni éducatif, ni national) est un gouffre financier et il est urgent d’y supprimer des postes (à commencer par les milliers d’emplois fictifs des syndicats).

Mais nous sommes en droit, comme Français et comme parents, d’attendre de l’Éducation nationale que, non seulement, elle soit correctement gérée, mais encore qu’elle forme des petits Français, qui ne haïssent pas leurs racines et qui sachent lire, écrire et compter. Nous en sommes loin. Comment les recteurs pourraient-ils ga­gner ne fût-ce qu’un centime de prime au mérite ?

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