Bonnal Nicolas - dimanche 20 décembre 2009
cinema, violence
Nous avons vu l'invraisemblable le 14 novembre dernier. Une boîte du net, financée par les huiles libérales de la république et quelques grands patrons, et contrôlée par d'ex-gauchistes, promet 100 000 euros aux quidams des banlieues. Lesquels s'empressent d'arriver dans un désert des tartares policier et de tabasser impunément tous les Blancs qui se trouvent par là.
L'avocat de la boîte concernée, ancien trotskiste patenté, vient ensuite insulter le préfet et les fonctionnaires concernés ; en omettant de dire aussi que, dans ce système néo-libéral, on fusille à vue le policier qui fait son travail, puisqu'il ne peut le faire que d'une manière raciste. Il doit donc s'effacer, comme le journaliste ou le prof… On espère qu'avec ce désordre nouveau le médecin ou le chirurgien continueront, eux, de faire leur métier. Sinon la durée de vie diminuera, comme en Amérique, ce qui est peut-être le but du jeu, après tout.
Cette barbarie à fric et africaine du Champ-de-Mars, pour une fois bien nommé, n'a rien de bestial ou de désespéré : elle est politique et désirée par les pouvoirs actuels, comme les émeutes sanglantes de Gênes, Copenhague ou d'ailleurs, les règlements draconiens qui nous privent de toutes nos libertés et les fouilles humiliantes dans les aéroports. Bernanos ou Péguy avaient bien vu, comme Valéry, Ionesco et tant d'autres aujourd'hui ignorés, ou surtout sabotés à l'école (ah, le discours argumentatif !), que le monde moderne répandrait l'esclavage puisqu'il nous promettait la liberté. Et quel meilleur moyen de répandre l'esclavage que de répandre une terreur à répétition où, comme dirait notre bon Napoléon III, il est temps que les bons tremblent et que les méchants se rassurent ?
Un système de terreur
J'en reviens à ma question : à quoi servent les voyous allogènes que le RER a rendus roi du centre de Paris, eux qui avaient déjà, avec nos chers urbanistes, exterminé le peuple des banlieues cher à Jacques Prévert ou Eugène Dabit ? Je repense à Orange mécanique et à sa fin fabuleuse : les voyous sous contrôle, entre les mains d'un pouvoir tory, pardon néo-conservateur, et qui ont pour tâche d'aider au contrôle des populations. La théorie de Burgess et Kubrick a d'ailleurs été depuis explicitée par un sociologue suisse nommé Weber et honni des médias (ou de ce qu'il en reste, sur support papier ou autre).
Ce système de terreur sert à inhiber le citoyen, écrasé de taxes, de règlements et d'interdictions dans le Sarkostan : comme dit la doyenne des journalistes, Danièle Breem, l'assemblée nationale n'est plus un lieu où l'on s'exprime bien, c'est une usine à projets de lois.
A peine remis de sa misère morale juridique, et fiscale, le citoyen doit subir la misère physique. C'est là qu'intervient le voyou. Marx avait déjà parlé, à propos du capitalisme, de l'armée sociale de réserve. Ici aussi il y a une armée de réserve : une armée de nouveaux sans-culottes s'exprimant comme des membres de comités de salut public, et dont la mission est de répandre la peur. C'est ainsi que l'on est rentré, d'ailleurs, dans la grande terreur révolutionnaire.
On me rétorquera qu'il n'y a aucune logique dans tout cela : c'est justement là où est la logique. Un autre opus médiatique, Le Prisonnier de Patrick McGoohan et Georges Markstein, conçu du temps où il était permis de penser, le faisait bien remarquer : le pouvoir postmoderne, hérité de la France et de l'Angleterre des Lumières, doit répandre la confusion. Et plus il sera confus, plus il sera gagnant, déréglant le robot à qui tel spationaute explique qu'il lui ment toujours…
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