Rouxel Jean - mercredi 11 janvier 2012
syndicats
À la veille du « sommet social » que Nicolas Sarkozy va organiser le 18 janvier, trois faits majeurs viennent nous rappeler la situation du « dialogue social » en France.
Tout d’abord, sans publicité particulière, et surtout sans élection, Gérard Rivière, syndicaliste Force ouvrière, a été nommé président de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse.
Contre les statuts de la Sécurité sociale, qui prévoyaient à l’origine une élection des administrateurs.
Bien que FO soit un syndicat particulièrement nuisible pour les retraités du privé, ce syndicaliste règne donc en maître sur nos retraites depuis le début du mois de novembre !
C’est déjà stupéfiant. Mais le plus insensé, c’est que personne ne réagisse. Seuls nos amis de Sauvegarde Retraites ont dénoncé cette parodie de « démocratie sociale ». Pour le reste, pratiquement aucun journaliste, pratiquement aucun politique, ne semble voir de problème dans cette nomination…
Nous avons également appris avec effarement, vers la mi-décembre, que le rapport du député centriste Nicolas Perruchot sur le financement des syndicats avait été purement et simplement enterré par la mission parlementaire qui travaillait sur le sujet !
Les syndicats, qui vivent très majoritairement d’argent public, interdisent donc, avec la complicité des députés UMP et socialo-communistes, aux contribuables de savoir ce que l’on fait de leur argent.
Dernière « actualité » syndicale : la semaine dernière, en marge du fantasmagorique dossier du « sauvetage » de la société Sea France, nous avons appris que la direction nationale de la CFDT désavouait sa branche calaisienne. Celle-ci est, en effet, soupçonnée de clientélisme, favoritisme, et même de violences à l’égard de ceux (y compris extérieurs à l’entreprise) qui n’approuvaient pas ses méthodes.
Bien sûr, il serait injuste de tirer des conséquences générales à partir d’un cas particulier.
Il reste que la réalité de la « démocratie sociale » dans notre pays est toujours dominée par l’opacité générale des modes de financement et des modes de représentation. Et le syndicalisme français, même quand il se prétend « réformiste », est très largement acquis aux théories et pratiques de la lutte des classes. Et, trop souvent, les méthodes de voyous font partie du projet « d’amélioration des conditions de vie des prolétaires ».
Tant qu’il en sera ainsi, un gouvernement responsable devrait refuser de discuter avec ces organisations syndicales !
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