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La règle d’or et la démagogie électoraliste


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Rouxel Jean - jeudi 25 août 2011

parti-socialiste
Le site du quotidien gauchiste « Libération » a publié dimanche 21 août une lettre du député-maire d’Évry, Manuel Valls, aux autres candidats à la primaire socialiste.

Cette lettre ouverte est un pavé dans le marigot politique et mérite d’être lue avec attention.
Valls y prend notamment à re­brousse-poil ses « camarades » sur la question de la règle d’or (sempiternellement dénoncée comme un piège de Sarkozy par les caciques du PS) : « Je suis favorable au principe d'une “règle d'or”. Sacrifier l'avenir et les nouvelles générations est insupportable. Laisser filer le déficit de la dette, c'est se mettre dans les mains des marchés. »

Mieux encore, le trublion tire le premier sur un projet socialiste, qui ne pouvait, de toute façon, séduire ni les socio-démocrates, ni l’ultra-gauche du PS, étant un texte de compromis assez mal ficelé : « Sans remettre en cause notre projet pour 2012, nous devons le revoir à l'aune de cette crise et de ses effets sur nos finances. »

Il faut saluer l’effort de responsabilité et de vérité de ce jeune parlementaire socialiste. Tout en n’étant pas dupes : cette lettre ouverte a été publiée par un homme qui sait qu’il ne peut gagner la primaire et souhaite à tout prix faire parler de lui.
Au plan politique, ce texte mar­que sans doute le début des hostilités (dont la campagne des primaires ne devrait pas manquer…). Encore une fois, nous constatons que la meilleure chance du candidat Sarkozy, ce sont ses adversaires !

Mais cette lettre ouverte pourrait aussi être une pierre dans le jardin du gouvernement.
Car il est clair que la « règle d’or », si elle n’est pas d’abord un piège politique, permet aussi à l’UMP d’apparaître comme responsable face à des socialistes inconscients, désireux de creuser le déficit.

Or, la réalité est assez différente. Ni l’UMP, ni le PS ne se sont considérés comme liés par les critères de Maastricht (qui, pourtant, juridiquement, sont désormais d’une autorité supérieure à la constitution). On voit mal pourquoi ils se sentiraient liés par une nouvelle loi constitutionnelle.

Et, surtout, la règle d’or n’a de chance de s’imposer qu’à la con­dition d’abandonner la démagogie électoraliste. Or, aucun parti ne peut se permettre de l’abandonner en premier, sous peine de perdre les élections… et donc de laisser le pouvoir à plus démagogue que lui !
C’est donc le système lui-même qu’il faut réformer. Plus encore qu’aux déficits, c’est à l’électoralisme qu’il faut s’attaquer !

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