Trémeau Bernard - dimanche 24 juillet 2005
D’un côté l’Europe, où la politique économique suivie interdit une augmentation du PIB supérieure à 2%, maintenant tout le monde dans la pauvreté. Les salaires stagnent et des millions de chômeurs ou d’exclus tendent la main. Le Parlement européen vote une motion demandant au gouverneur de la Banque Centrale Européenne de mettre en circulation plus de monnaie pour relancer l’économie. De l’autre côté, selon l’OCDE, la Nouvelle-Zélande, où la politique économique suivie autorise une augmentation du PIB de 4 % qui enrichit tout le monde. Mais ce rapide développement entraîne un manque aigu de main-d’œuvre et une hausse inflationniste des salaires. La banque centrale est obligée relever ses taux pour arrêter la surchauffe. Il y a quelques années, la Nouvelle-Zélande croyait encore au socialo-égalitarisme : la pauvreté et le chômage avaient envahi son économie. Elle a totalement changé son fusil d’épaule et a décidé de libérer son économie des contraintes qui pesaient sur elle. Les entrepreneurs n’ont plus été obligés de donner leur argent à l’État par l’impôt, à leurs salariés par une augmentation obligatoire de 5,8 % du SMIC ou à leurs clients par le contrôle des prix. Les entrepreneurs qui ont gagné de l’argent peuvent l’utiliser à investir, à innover, à améliorer leur productivité, ou à rémunérer leurs actionnaires. Si un jour ils ont besoin de capitaux pour investir, leurs actionnaires n’hésiteront plus à leur en fournir. Le résultat dépasse les espérances. La surchauffe est là. En France, on continue à imposer des centaines de contraintes aux entrepreneurs, et avec l’argent qu’on leur prend, on crée 67 pôles de développement, c’est-à-dire 67 villes où l’on donnera une carotte aux entrepreneurs, laissant toutes les autres villes dans leurs difficultés. La recette pour relancer l’économie est parfaitement connue depuis Madame Thatcher, cette fille d’épicier qui n’avait pas fait l’ENA. Il faut supprimer les contraintes qui pèsent sur les entreprises. Et partout où la recette a été appliquée, le PIB s’est mis à grimper, le chômage à régresser et tout le monde est devenu rapidement plus riche.
Mais les hommes politiques français croient encore que d’autres relances sont possibles. – La relance par l’augmentation des salaires est un leurre, mais toute la gauche française et une bonne partie de la droite croient encore qu’une augmentation des salaires (un nouveau Grenelle même) pourrait relancer l’économie. Ils oublient que, depuis plus de vingt ans, le marché français est de plus en plus ouvert aux produits étrangers et que le franc est mort depuis cinq ans, remplacé par l’euro. On subit la concurrence étrangère et on ne peut plus faire de dévaluation compétitive. Une augmentation de salaire qui ne correspond pas à une augmentation de la productivité ne produit que de l’inflation et du chômage, pas de relance. – La relance par l’augmentation du déficit budgétaire n’est qu’un leurre. Le pouvoir actuel croit que le déficit budgétaire permet de relancer l’économie. Et il n’hésite pas à renier sa signature en créant un déficit supérieur à 3 % du PIB. Un déficit budgétaire utilisé à réduire les charges qui pèsent sur les entreprises favoriserait certainement la relance. Mais un déficit budgétaire utilisé pour payer les fonctionnaires plus cher du fait de l’augmentation du SMIC, ou plus nombreux du fait de la loi sur les 35 heures, ne relance pas l’économie. La productivité des fonctionnaires étant en France une notion très mal perçue, le déficit actuel ne peut être qu’inflationniste. – La relance par une augmentation de la création monétaire n’est qu’un leurre. Les parlementaires européens qui font pression sur le directeur de la BCE pour qu’il mette plus de monnaie sur le marché montrent qu’ils connaissent mal et les lois, et l’économie. Selon le traité de Maastricht, la BCE ne doit pas subir de pressions des politiques. Une mise en circulation excédentaire de monnaie ne donne pas d’augmentation de pouvoir d’achat, elle ne donne que de l’inflation.
Si l’on veut vraiment relancer l’économie, il faut dans un premier temps lever toutes les contraintes inflationnistes qui pèsent sur l’économie et dans un deuxième temps seulement augmenter la monnaie mise en circulation. Il faut copier les Néo-Zélandais…
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